FAN 2009 : Les livres et la presse sur papier électronique

Les contenus imprimés à l’aube d’une nouvelle ère ?

A l’occasion du Forum des Acteurs du Numérique, qui se tient les 29 et 30 septembre prochains au CNIT – Paris La Défense, l’IDATE sort une étude dédiée au marché de l’e-Paper.

Dans son rapport consacré aux perspectives de le-Paper, l’IDATE analyse les enjeux autour des technologies de papier électronique et dresse un état de l'art des technologies et des enjeux autour des grands marchés verticaux, notamment pour la presse et l’édition.
 
Le marché du papier électronique (ou e-Paper) est désormais en phase de décollage, autour de quelques applications clés.

Le papier électronique, appelé encore parfois encre électronique, n'est pas à proprement parler une technologie, mais un ensemble de technologies d'affichage modifiables électroniquement et reproduisant l'apparence du papier. L’e-Paper est donc un concurrent du papier (feuille, carton) mais aussi des technologies d’écran (LCD, OLED).  Le marché de l’e-Paper est encore modeste, mais devrait atteindre les 2 milliards USD d’ici 2012, avec un véritable décollage en 2010, autour de seulement quelques applications, bien que l’e-paper puisse à terme concerner de très nombreux secteurs.

  • Dans un contexte de dématérialisation des contenus et de diminution des revenus sur la plupart des segments (hors presse gratuite) du fait de la concurrence d’Internet, le secteur de la presse se penche logiquement vers cette technologie comme un support complémentaire, offrant une nouvelle approche de l'information (plus réactive). Le passage à l’électronique permet aussi la réduction des coûts de matières premières, de fabrication et de distribution (jusqu’à 60% des coûts).
  • Les initiatives purement propriétaires, comme celle des Echos ou du Yantai Daily en Chine, restent toutefois encore modestes, du fait du coût élevé du terminal. En revanche, les offres de kiosque autour du Kindle d’Amazon aux Etats-Unis (avec les plus grands quotidiens internationaux) ou d’Orange et SFR en France (avec les quotidiens majeurs français) se multiplient. Les performances sont souvent jugées insuffisantes (temps de réponse, couleur), notamment par l'association de grands groupes de presse IFRA, du fait de la comparaison avec les ordinateurs portables ou les téléphones mobiles. L’investissement dans un équipement dédié au seul usage presse semble difficile à envisager. Mais un même terminal pourrait aussi adresser le monde de l’édition.
  • Le marché de l’édition est en faible croissance dans la plupart des pays industrialisés. Contrairement aux autres contenus, la numérisation des livres est encore peu développée, en dehors du Japon (autour surtout des mangas). Le monde de l’édition s’attend toutefois à un basculement progressif vers le numérique, profitant des atouts de l’électronique (indexation, stockage, évolutivité, interactivité, bonus type DVD) et des grandes initiatives de numérisation.
  • L'édition générale avance lentement, notamment pour ne pas déstabiliser ses canaux de distribution habituels (libraires). Le produit e-Paper souffre aussi du rapport affectif au papier du livre (lecture plaisir) et des habitudes des lecteurs, ce qui limite l’e-Paper à un marché de niche côté grand public. Toutefois, les éditeurs sont déjà nombreux à se positionner autour du Kindle d’Amazon, qui propose un reader connecté en 3G (connectivité incluse), quelques services intégrés (dont l’accès gratuit et illimité à Wikipedia) et une plate-forme de distribution de contenus avec notamment un prix standard de 9.99 USD pour la liste des best sellers du New York Times (soit des prix cassés). Cette approche s’apparente à celle d’Apple sur la musique avec iTunes/IPod. Malgré des contraintes encore fortes (interopérabilité, design minimaliste), Amazon a déjà attiré près de 300 000 acheteurs, ciblant surtout les technophiles et les grands consommateurs de livres.
  • Un décollage via des applications spécialisées : l'e-Paper semble en fait plus adapté aux contenus éditoriaux professionnels ou industriels, qui suivent une logique de lecture savante ou encyclopédique. Le terminal e-Paper peut en effet embarquer des contenus volumineux et être utilisé en situation nomade (faible consommation, faible poids), même en environnement extrême. L'e-Paper est ainsi déjà employé dans l'aéronautique et testé dans le secteur juridique et dans différents secteurs industriels (manuels de maintenance). Enfin, pour des aspects plus grand public, l'e-Paper devrait percer d'abord sur des applications de type guide de tourisme.

 

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