Plaques CtP : argentique ou thermique ?

Le Computer to Plate (CtP) est une technologie désormais courante et un investissement envisagé par toute imprimerie de taille respectable.

Reste la question soulevée par la surface sensible à utiliser. Kodak Polychrome Graphics -nous aborderons les stratégies d'Agfa et de Fuji prochainement -a clairement choisi : ce sera le thermique.

Kodak Polychrome Graphics (KPG) fait reposer son axe produits et l'essentiel de sa force d'innovation sur cette technologie CtP annoncée prometteuse.

Ce n'est pas tout : Kodak Polychrome Graphics abandonne l'image de pourvoyeur de solutions et de systèmes qu'on lui connaissait pour se tourner vers la distribution -directe mais aussi et surtout indirecte -de ses seuls produits et services.

Les technologies numériques sont à présent mûres rappelle Guy Sasson, directeur général de KPG France, et l'accompagnement de l'utilisateur tel que nous l'avons réalisé pendant plusieurs années n'est plus de mise. Il faut désormais pourvoir aux besoins du marché avec des produits innovants et un service impeccable.


L'offre thermique de KPG

Sortie, donc, des partenaires habituels de KPG : ECRM, Creo/Heidelberg, CreoScitex, Gerber, Screen, ArtQuest, Maximicro et Monopresse. Voici un réseau où la distribution indirecte est appelée à prendre une place de choix. Aprè s le soutien technologique de ces derniè res années, l'objectif est aujourd'hui de parvenir à l'excellence en termes d'accueil téléphonique, de support technique, de relation commerciale, de fiabilité et de délais des livraisons.

Servir le marché et rien d'autre !

Ce réalignement stratégique -en finir avec l'apostolat numérique et fournir un vrai service -s'appuie sur un constat à multiples facettes.

Premier constat : au niveau mondial, le métier de fournisseurs de films et de plaques s'est concentré. Une douzaine il y a un peu plus de 5 ans, les acteurs du secteur sont trois majors aujourd'hui. Ce sont Kodak Polychrome Graphics (KPG), Agfa Gevaert et Fuji. Pour leur part, Imation, Lastra, Mitsubishi et Konica jouent plutôt les outsiders.

Deuxiè me constat : le marché mondial des consommables arts graphiques (films, plaques et supports d'épreuvage) totalise environ 5 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Les trois majors dont nous parlions s'octroient 90 % de cette manne mais avec des approches différentes.

KPG est présent sur les trois grandes régions du monde qui comptent -Europe, Amérique et Asie - alors que ses concurrents font clairement le choix de positionnements plus marqués, avec des préférences selon les continents.


A noterÊ: nouvelle plaque conventionnelle Aries Excel (sortie en 2001)

L'Europe, principal marché mondial

L'Europe est, de loin, le marché majeur dans le domaine des surfaces sensibles avec 42 % de la demande mondiale, devant l'Amérique du Nord (USA/Canada) et l'Asie.

A eux seuls, les marchés britannique, allemand et français totalisent 70 % du marché européen global. La consommation annuelle en consommables croît, d'un pays à l'autre, de manière relativement comparable - + 2,6 % en Allemagne, + 2,5 % en France et + 2,3 % au Royaume-Uni -mais en masquant des réalités différentes : les industriels français manquent de fonds propres, les britanniques souffrent de leur non-appartenance à la zone euro et le marché allemand est marqué par un tissu industriel peu propice aux fusions.

Par ailleurs, les procédés d'impression traditionnels ne semblent pas moribonds. La diminution de l'importance de l'offset, procédé mûr, est toute relative. Cette baisse est avérée seulement au regard des progrès dont font preuve les autres procédés. Dont le numérique. Ce dernier transformera lentement la maniè re dont l'information va pénétrer les foyers et il est clair que le retour en arriè re est d'ores et déj à impossible. Mais, pour l'heure, le numérique se contente d'aborder le domaine de l'impression d'abord par la personnalisation et le court tirage.

Autre constat : le film. Après les époques du Rapid Access puis du point dur, la demande s'oriente à la fois vers des produits à plus grandes latitudes d'utilisation et vers l'élimination de la chimie. La demande pour le film à sec est cependant quasiment inexistante. Elle représente un centre d'intérêt uniquement pour de nouveaux arrivants dans les métiers graphiques.

En ce qui concerne les plaques offset, les premières générations de plaques métalliques ont successivement fait place aux polymères, aux diazos puis à l'argentique et au thermique avec et sans préchauffage et, demain, sans traitement. Dans le même temps, les sources d'énergie pour graver ont évolué. Les coûts des lasers se réduisent et les traitements des plaques s'allègent.

Mais, avant tout, une bonne surface sensible est le meilleur compromis possible, entre trois paramètres : la nature de l'exposition (les sources de lumiè re ou de chaleur), le traitement (prétraitement, post-traitement, chimie, cuisson) et les particularités de l'impression à réaliser (vitesse, avec ou sans eau, ou à fluide unique).

Enfin, les tendances technologiques qui s'affirment incitent à une baisse des compétences dans les entreprises des arts graphiques. La simplicité d'approche qui affecte leséquipements, intéresse aussi les consommables. Le fournisseur doit, par conséquent, développer et conseiller des solutions simples à mettre en oeuvre, faciles à utiliser par tout le monde, quotidiennement.

Le CtP thermique, standard de demain

La pénétration du CtP est importante aujourd'hui dans la profession. La barrière psychologique a été passée. Elle se situe à présent autour de la gravure directe sur machine, le CtPress. On ne doute donc plus du bien fondé de la technologie CtP. Les ventes vont se multiplier dans tous les formats mais surtout en 2 et 4 poses où les taux de croissance entre 1999 et 2004 devraient être respectivement de + 46 % et + 41 %Ê!

Le marché des plaques CtP évolue, par conséquent, de manière aussi très rapide. La demande est extrêmement forte. Surtout pour les plaques thermiques. Dix millions de mètres carrés de plaques thermiques sont déjà produits, dans le monde entier, sur des CtP. Il peut être admis de penser que, si le rythme se maintient, les plaques thermiques seront devenues le standard dans moins de trois ans.

L'offre CtP thermique est, par ailleurs, trè s large : Agfa, Barco, ECRM, Fuji, Gretag, Heidelberg, KPG, Krause, Luscher, Purup-Eskofot et Screen proposent des solutions fiables.

KPG a fait également du thermique son choix de développement. Et les raisons ne manquent pas. Sur le plan industriel, les lignes de production de plaques conventionnelles s'adaptent facilement à la production de plaques thermiques.
Ce choix estégalement qualitatif : la maîtrise du point est meilleure en thermique. L'utilisation des plaques se fait en lumière du jour. Enfin, à plus long terme, c'est la seule voie qui permettra de se mettre en conformité avec la réglementation européenne pour l'élimination des traitements chimiques, ce qui, par voie de conséquence, entraînera une simplification du process.


Les grands fournisseurs de CtP s'investissent massivement dans le thermique

L'utilisateur reste très attaché au service

A la demande de Kodak Polychrome Graphics, une enquête téléphonique portant sur l'avis de 200 imprimeurs a été effectuée en France. Trois tendances s'en détachent, trois tendances qui se renforcent l'une l'autre.

La première concerne les délais de fabrication. Pour 37 % des personnes interrogées, les délais exigés par les clients sont de plus en plus courts. Pourtant, on note, en parallè le, une sophistication grandissante des travaux et une pression soutenue sur les prix. Les revenus des imprimeurs chutent, en moyenne chaque année, de 2,3 % depuis 1990. Le prix moyen à la tonne de papier imprimé aégalement chuté, passant de 20,80 francs en 1990 à 17,20 francs en 1998.

Deuxième tendance lourde : le CtP apparaît au monde de l'imprimerie comme un outil apte à créer un flux de production plus efficace, plus rapide, de meilleure qualité et plus économique. Malheureusement -troisième tendance -ce double constat conduit les imprimeurs sur la route d'investissements coûteux tout en posant, parfois et contrairement à ce qui est globalement observé, un problème de compétences.

Enfin, cette étude révè le que le service -notamment la rapidité des livraisons - devient, aux yeux des imprimeurs, aussi important au moins que le produit lui-même ou que son prix. C'est pourquoi KPG entend confier de plus en plus résolument la distribution de ses produits aux réseaux de commercialisation indirects, les revendeurs. Quitte à apporter un support ponctuel à l'un ou à l'autre afin de parvenir à la mise au point d'un réseau aussi performant que possible.

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