La sérigraphie à la demande et sur canettes : rafraîchissant !

L’arrivée en France d’un procédé nouveau d’impression sur aluminium permet de faire progresser votre message jusqu’à l’intimité des consommateurs de bière, d’eau minérale et de boissons célèbres à la cola. En un mot : tout le monde ! Qui dit mieux ?

Avec le développement des techniques d’impression à la demande et en petites quantités naissent des idées, des envies de personnaliser chaque fois plus originales et plus exigeantes. Par exemple, avez-vous jamais imaginé confier votre message à une simple canette de boisson ? C’est très envisageable car il est désormais possible d’imprimer directement sur des canettes en aluminium, y compris sur les contenants en PET et sur les formats rallongés du type Energy Drink.

On se souvient que la société Indigo avait présenté, dès 1995, un prototype de presse numérique, l’Omnius, adapté à l’impression d’emballages. Dont les canettes. L’impression s’effectue via un procédé qui fait appel, à la fois, à l’électrophotographie et à l’utilisation d’encre ou toner liquide.

Une dizaine d’Omnius sont en service aujourd’hui en France mais elles sont, de fait, majoritairement situées sur les marchés de l’étiquette et de la carte plastique. Il existe, par ailleurs, des solutions palliatives qui consistent à préimprimer des étiquettes transparentes avant de les coller sur la canette. Ou encore des manchons plastiques - des sleeves - imprimés puis appliqués par thermorétractation sur l’objet. Des solutions rentables sur des productions importantes seulement.

De son côté, une société suisse, CANPET AG, a développé son propre procédé, en fait une machine de sérigraphie adaptée à l’impression à la demande et aux tirages limités. En France, un spécialiste du secteur de la distribution, Willy Cohen, a été conquis. Il a acquis une de ces machines et, sous le panneau de CANPET France, démarré avec succès, en avril dernier, une activité d’impression de canettes à la demande.

Qui est CANPET ?

La technologie délivrée sous franchise par la société suisse CANPET AG fonctionne parfaitement. Elle a été introduite en Allemagne, en Espagne, en Autriche et aux États-Unis, à Boston, au cours des trois dernières années. Un nouveau centre sera ouvert à la fin 2001 à Miami.

Le cas français est un cas à part. Cette fois, pas de franchise. CANPET AG, qui accorde de toute évidence un fort potentiel de développement à notre marché national, est entré à hauteur de 20 % dans le capital de CANPET France. Mais ce capital de 500 000 francs reste majoritairement détenu par Willy Cohen et un associé, G.Richard Vitton.

Au bout de six mois d’existence, CANPET France disposait déjà de solides références : Volkswagen, Ford, Arthur Andersen, l’Association française des banques, l’Association française du bâtiment, Mazda, Columbia (qui lui a confié la publicité de ses Drôles des Dames), etc. Le premier exercice, le carnet de commandes sera sans doute de quelque 300 000 canettes à imprimer. Mais, à court terme, CANPET France compte atteindre les 800 000 unités produites chaque année avec un taux de progression moyen de 15 % l’an pour les années à venir.

La fabrication


CANPET France a acquis une machine. Elle représente un investissement lourd supérieur à 1,5 million de francs, Digital Front End - station Windows NT avec écran tactile - compris. Elle imprime 4 couleurs en un seul passage. La qualité d’impression est celle de la sérigraphie qui se caractérise par un important dépôt d’encre et, conséquence, par un rendu de l’image appréciable. L’impression est réalisée directement sur les canettes, 25 cl, 33 cl et PET 0,5 l remplies.

La canette vierge passe tout d’abord dans une Flame Station. L’opération est destinée à débarrasser le support d’éventuelles impuretés. Puis elle est positionnée au moyen de lasers dans la zone d’impression où elle reçoit la charge d’encre prévue. Chaque couleur est suivie par une station de séchage UV. La machine est capable d’imprimer tons primaires et tons directs au rythme de 1 000 canettes à l’heure.

Le prépresse est sans surprise, à la différence que les trames adoptent des angles spécifiques. Il s’agit d’une trame 44. Les images au format EPS ou Tiff doivent avoir été scannées à 250 ppi. Par contre, les encres sont les encres habituelles à la sérigraphie. Voilà, brièvement, pour la technique.

Quelle utilité ?


Quelle est l’utilité d’un tel procédé dans l’univers de la communication ? Le support utilisé ici - une cannette de dimension variable - est un produit dont le consommateur est familier. Cet objet l’accompagne dans les moments festifs de sa vie et dans ses loisirs. Pour preuve : le marché annuel est de 3 milliards de canettes en France, soit 47 par an et par habitant.

Au lieu de la marque de bière ou d’eau minérale ou de cette boisson à la cola qu’elle annonce, pourquoi ne pas faire transmettre par cette canette un message différent, original, esthétique ? Un message qui lui donne une personnalité nouvelle, qui la différencie des autres et la transforme, pourquoi pas, la nature courte des tirages aidant - 300 exemplaires et au dessus - en objet de collection ?

Les applications sont donc multiples, depuis la Communion solennelle du petit dernier jusqu’aux événements professionnels et commerciaux d’envergure internationale -Congrès, sortie d’un film, par exemple. Les idées sont, sur ce terrain, infinies et n’ont de limite que l’imagination du créatif et le talent du graphiste.

Chaque canette revient, sortie de machine, à 10 francs en moyenne, boisson comprise. Et entre 4 et 6 semaines de délais suffisent pour réceptionner sa commande.

En fait, cette nouvelle forme de communication n’a jamais bénéficié de moyens de réalisation aussi pratiques et aussi économiquement viables. Le marché publicitaire, qui était quelque peu en sommeil et à la recherche de concepts frais, devrait donc théoriquement s’emparer de ce nouveau mode d’expression particulièrement attractif et qui saura parler à toutes les générations de consommateurs.

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