2009, une année particulièrement difficile pour le secteur du papier et du carton

La Copacel, Confédération française de l'industrie des papiers, cartons et cellulose, dressait mercredi le bilan de l'année 2009. 7 usines à papier ont fermé leur portes cette année, soustrayant 650 000 tonnes du marché et permettant à l'industrie papetière italienne de dépasser la française en Europe. L'année 2010 pourrait ne pas être meilleure...

Après deux années d’augmentation, la consommation apparente de papiers et cartons s’est repliée en 2008 de 4,0 %, pour s’établir à 10,68 millions de tonnes. Cette évolution résulte de la situation économique générale, à laquelle la consommation de papier est étroitement corrélée.

La production française de papiers et cartons s'affiche en baisse de 4,2 en 2008.

Cette baisse résulte d’arrêts de production intervenus lors du second semestre, et de l’arrêt définitif de sept sites de production, conduisant à soustraire du marché une capacité annuelle cumulée de 650 000 tonnes/an.

Malgré des évolutions différenciées suivant les secteurs d’activité, l’indice moyen du prix de vente des papiers et cartons s’est dégradé de manière quasi continue après avoir atteint un point haut en janvier 2008. Cette baisse a mis un terme à la période de hausse de l’indice que l’on observait depuis août 2005.

Après avoir subi globalement une augmentation au cours du premier semestre, les coûts d’approvisionnement des sites papetiers en matières premières, énergie et produits chimiques ont présenté une tendance à la baisse au second semestre 2008.

La rentabilité des entreprises papetières en 2008 est très différenciée selon les sortes produites, les matières premières utilisées, et les niveaux d’intégration. Il demeure cependant que 7 sites industriels auront cessé leurs activités au cours de l’année, après la fermeture de 14 autres sites en 2006 et 2007.

La position relative de l’Industrie papetière française par rapport à ses principaux concurrents européens a connu une dégradation en 2008.

Sur onze mois, le recul de la production papetière française est de 3.7 % alors que la moyenne européenne est de  3,1%. Rappelons d’ailleurs que l’Industrie papetière française, qui s’est située très longtemps au 4ème rang européen, vient de céder sa place à l’Italie.

Pour l'organisme patronal, les Pouvoirs Publics ne semblent pas avoir réellement pris en compte la préoccupation de compétitivité des secteurs industriels.

En dépit des allègements pratiqués sur la taxe professionnelle, le poids de cette taxe demeure unique en Europe. Les projets de fiscalité environnementale dans le cadre du Grenelle pourraient selon la Copacel, entraîner des charges supplémentaires significatives. Le poids des charges sociales demeure également préoccupant. L’Industrie papetière française serait, de plus, pénalisée sur le plan européen par l’attribution de subventions à l’investissement accordées aux entreprises papetières allemandes.

Concernant son aval, l’Industrie papetière française subit les conséquences des difficultés récurrentes des secteurs de la transformation. Ces difficultés ont été mises en évidence par le rapport parlementaire de M. Léonce Deprez, et dernièrement par les Etats Généraux de la presse.

Dans ce contexte, la Copacel souhaitait lors de sa conférence de presse,  attirer l’attention sur les conséquences qui résulteraient au niveau national d’une réduction massive des activités de l’Industrie papetière française : sous-utilisation des sous-produits de la forêt, dégradations des conditions de l’économie forestière globale, remise en cause des objectifs de recyclage et menace sur la politique de gestion des déchets, pertes d’emplois dans les régions rurales directement et indirectement à travers les secteurs connexes etc.

Dans un contexte incertain, mais assurément peu porteur pour les mois à venir, la Copacel anticipe un ralentissement de la demande de papiers et cartons. Ce contexte devrait fragiliser davantage l’Industrie Papetière française, alors qu’elle dispose d’atouts majeurs qu’il convient de préserver.
  

  • positionnement au centre de l’Europe et marchés de taille significative     
  • disponibilité d’une matière première renouvelable, le bois, et d’un gisement important de papiers et cartons récupérés  électricité d’origine nucléaire compétitive, dont doit bénéficier l’Industrie papetière française
  • main d’œuvre disponible, bien formée et qualifiée

Pour permettre à l’Industrie papetière française de valoriser ces atouts et de retrouver les conditions de son développement, la Copacel souhaite qu'une véritable réflexion soit menée afin de définir une politique industrielle appliquée à ce secteur de l’économie.

Cette politique devrait réaffirmer la volonté des Pouvoirs Publics de maintenir en France une industrie papetière indispensable au développement de la filière bois et à une bonne gestion des déchets.

Différentes mesures sectorielles pourraient être prises en parallèle pour appuyer cette démarche : compensation des aides d’Etat attribuées à des entreprises d’autres Etats membres, suppression de la TGAP sur les déchets du recyclage, confirmation de l’accès prioritaire à la biomasse à des fins industrielles, soutien au développement des activités des secteurs aval en France.

Une réduction des prélèvements et des contraintes administratives serai également nécessaire dans le domaine de la fiscalité selon l'organisme patronal.

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