Les pratiques des intermédiaires d'imprimerie britanniques dénoncées par les imprimeurs français

Dumping et vente à perte constatés par les professionnels de l'imprimerie de l'hexagone.

La problème n'a pour le moment que rarement été évoqué mais de nombreuses remontées d'informations à la rédaction de GraphiLine semblent démontrer une tendance inquiétante en matière de pratiques commerciales.

Depuis quelques mois déjà, des intermédiaires d'imprimerie britanniques tentent une percée sur le marché français, à l'occasion d'appels d'offres lancés par des grands comptes hexagonaux.

Le principe semble à chaque fois relativement similaire : ces intervenants, ne disposant souvent d'aucune activité en France, se proposent de prendre en charge l'intégralité de la gestion d'une famille d'imprimés, à des coûts souvent 20 à 30% inférieurs à ceux pratiqués en France.

Le principe est d'autant plus pernicieux que ni les client final, ni le secteur, ne semblent avoir à gagner quoi que ce soit de cette démarche.

Basant leurs réponses en partie sur l'effet de change actuellement favorable à la livre sterling et sur des prix de marché estimés, ces intermédiaires se positionnent uniquement sur une démarche de cost-killing. Une fois leur réponse faite dans le cadre d'un appel d'offres, elles se mettent alors en quête de prestataires... français (!), en exigeant des prix ne correspondant à aucune réalité économique.

Etant le plus souvent incapables de sourcer des prestataires dans ces conditions, elles acceptent, un temps, de vendre à perte, en attendant de dénoncer des volumes de commande inférieurs à ceux précisés dans les appels d'offres, pour imposer des augmentations tarifaires à leurs clients.

Cette pratique - fortement destabilisatrice pour les imprimeries et plateformes françaises - s'inscrit le plus souvent dans des appels d'offres conduits tambour battant par les services achats des grands comptes, sans réelle analyse des enjeux et surtout des risques encourus. 

Si les démarches d'achat s'attachent en effet classiquement à réaliser des études de coût puis à optimiser les process et les référencements de fournisseurs pour déboucher sur des solutions pérennes, force est de constater qu'actuellement, dans l'imprimerie, certains donneurs d'ordres aidés par des intermédiaires peu scrupuleux ne cherchent qu'à afficher le prix le plus bas... quitte à ce qu'il ne représente qu'une réalité virtuelle... dans une démarche de rentabilité virtuelle !

Après la bulle financière, assiste t-on à l'émergeance d'une nouvelle bulle, celle des - fausses - réductions de coût dans l'imprimerie ?

Il sera intéressant d'observer l'évolution de la situation dans ce domaine, dans les mois à venir car un fait semble certain aujourd'hui : répondre à un marché en étant 25% inférieur au prix français, sans disposer de capacités de production réelle et en recherchant des fournisseurs une fois que l'on est référencé, en droit  français, semble correspondre en tous points à la définition du mot dumping.

Une pratique aussi illégale que celle qui revient, pour un acheteur,  à augmenter artificiellement le volume d'un appel d'offres afin d'obtenir de meilleures conditions de ses fournisseurs...

Imprimeurs, vous avez été victimes de ces pratiques :
réagissez en publiant un Commentaire ci-dessous !

Plus d'articles sur les chaînes :

Réagir à cet article :
Ajouter un commentaire...