L'AFP décapitée, dans le brouillard

C'est à la surprise générale que les salariés de l'Agence France Presse ont appris hier la démission de leur président.

Cette nouvelle a fait l'effet d'un choc et certains salariés de l'agence de presse n'hésitent plus à la comparer à un pétrolier sans pilote, en pleine tempète.

Un pilote qui a décidé de rejoindre France Telecom aux fonctions de Secrétaire Général.

Le départ de Pierre Louette est d'autant plus étonnant qu'il est brutal et que le bilan qu'il laissera derrnière lui est plutôt flatteur, avec des comptes redressés depuis 2006 (l'AFP affiche un résultat net de 2 millions d'euros en 2009), un climat social appaisé et un virage réussi vers la vidéo.

Le dernier projet de Pierre Louette suscitait quant à lui beaucoup d'inquiétude de la part des salariés de l'agence - son passage à un statut de société nationale à capitaux publics détenue notamment par la Caisse des Dépôts - et confronté à une impasse et une incompréhension latente, cet énarque de 47 ans, ancien conseiller au cabinet d'Edouard Balladur, aura sans doute préféré se lancer dans un nouveau challenge.

Sans patron à la barre et désormais confrontée à des clients - la presse régionale en particulier - qui n'hésitent plus à résilier leur abonnement ou à le négocier durement, l'AFP devrait connaître une période de fortes turbulences dans les mois à venir.

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