Les marchés des papiers et cartons récupérés (PCR) soumis à une flambée des prix

Ces derniers retrouvent les niveaux observés au plus fort de la bulle de 2008. Déjà fragilisés, les papetiers recycleurs de papiers-cartons subissent de plein fouet cette forte déstabilisation de leurs approvisionnements. Des risques de rupture à très court terme existent, qui pourraient mettre en cause la production et les livraisons aux clients. Cette situation menace très clairement la sécurité future du traitement des produits usagés en France et en Europe.

Depuis la fin des années 90, la pression croissante de la demande en provenance d’Asie a placé les marchés des papiers et cartons récupérés sous tension permanente, créant une très grande volatilité tant des flux que des prix. La progression spectaculaire des exportations vers l’Asie depuis 2000 (près de 7 % des quantités récupérées en France et près de 19 % en Europe, en 2008) a déstabilisé des marchés sur lesquels l’offre est, par nature, rigide (conditionnée par la consommation des entreprises et des ménages) avec sa propre saisonnalité.

De ce fait, les capacités françaises de recyclage n’ont pas bénéficié de la nouvelle disponibilité en PCR générée par les efforts et les progrès de la récupération en France et en Europe. Leur approvisionnement est paradoxalement devenu plus difficile. De surcroît, cette situation affecte très directement la régularité et la sécurité du nécessaire traitement des produits usagés. Le retrait brutal fin 2008 de la demande asiatique et l’effondrement des prix qui en a résulté en sont une parfaite illustration.

Ils ont laissé craindre une pénurie des débouchés et des difficultés de recyclage.

Actuellement, le fort redémarrage des économies asiatique et chinoise stimule la demande mondiale de fibres. Ceci intervient à une période de basse saisonnalité dans un contexte de récupération limité du fait du ralentissement économique en Europe. A cela s’ajoutent des éléments perturbateurs tant en Europe que dans d’autres parties du monde.

  • Les prix, repartis à la hausse dès 2009, atteignent aujourd’hui des niveaux équivalents, voire supérieurs, au sommet de la bulle spéculative de 2008. Les usines françaises et européennes de recyclage, déjà fragilisées, sont affectées très directement par cette situation qui aggrave leurs difficultés immédiates de trésorerie, l’effritement de leurs marges déjà écornées … .
  • Certaines entreprises se refusent à entrer dans ce processus spéculatif et envisagent des arrêts ; nombre d’entre elles pourraient y être contraintes demain.


Selon Revipap, les aléas conjoncturels ou spéculatifs ne peuvent continuer à impacter le modèle économique et environnemental du développement du recyclage, placé comme priorité dans les politiques publiques.

La chaîne du recyclage des papiers et cartons n’a pas, pour l'organisation patronale, pour finalité de fabriquer des matières industrielles à la demande. Elle doit d’abord assurer le traitement en continu des produits usagés – collectés grâce à un effort et un financement du contribuable dans le cadre du circuit des déchets ménagers – en réutilisant au mieux la matière de ces ressources fatales.

Pour Revipap, il s’agit là d’un choix politique et stratégique.

Politique, car il faudrait créer les conditions propres à mettre les efforts de mobilisation du gisement de déchets au service du recyclage de proximité et assurer ainsi la sécurité de leur traitement.

Stratégique, car il faudrait développer en priorité des capacités industrielles en France et en Europe, plutôt que de fournir des matières de base « subventionnées » en laissant la gestion de nos “produits usagés“ sous la dépendance de marchés et d’acteurs extérieurs et concurrents.

Dont acte.

Plus d'articles sur les chaînes :

Réagir à cet article :
Ajouter un commentaire...