Les hypermarchés Leclerc déclarent la guerre à l'imprimerie

Grand communicant devant l'éternel, Michel Edouard Leclerc vient d'annoncer l'intention de la chaîne de distribution de substituer la totalité de ses prospectus imprimés par une communication électronique, à l'horizon 2020.

Que faire pour faire parler de votre enseigne en positif quand vous venez d'être condamné par la justice pour des pratiques illégales à l'endroit de vos fournisseurs et avez dû leur rembourser près de 23 millions d'euros ?

Agiter le chiffon du greenwashing bien evidemment !

A ce petit jeu, l'enseigne française vient de faire très fort en annonçant sa volonté de substituer la totalité de ses prospectus papier par des emails et autres SMS d'ici 2020.

En bref, Leclerc ne remplira plus votre boîte à lettre réelle mais encombrera votre boîte email et votre téléphone portable...

La mesure est d'autant plus étonnante que le prospectus papier est aujourd'hui l'outil le plus efficace pour animer les ventes d'une GMS en fin de semaine : près de 12% de ses ventes sont en effet directement liées au prospectus distribué en boîte à lettre.

L'annonce faite par Leclerc, qui associe papier et pollution s'apparente en outre à une totale contre-vérité : le papier est en effet le matériau le plus recyclé, notre pays étant en outre en sous-capacité notaire pour retraiter au local, les tonnages collectés par les collectivité et les collecteurs privés...

Sans oublier qu'une page de papier, c'est du carbone stocké, qu'on se le dise...

Cette communication de l'enseigne française est d'autant plus cynique qu'elle met en avant l'argument écologique pour masquer une simple stratégie de réduction de coûts de promotion, basée sur une substitution de coûts de pré-presse, d'impression et de distribution, par des coûts grandement dématérialisés, par nature bien plus faibles. 

En bref, Leclerc refait le coût des opérateurs téléphonique avec leur facture dématérialisée plutôt que papier...

Si l'on devait réellement s'intéresser à l'impact de Leclerc au niveau de l'environnement, que penser d'une enseigne qui importe, à la Noël, des fraises de l'autre bout du monde, fraises dont on imagine mal le bilan carbone, tant il doit être effrayant.

Si Michel Edouard Leclerc était réellement un écolo-militant, ce que personne ne croit, n'interdirait-il pas ce type de pratiques aux adhérents de son groupement ?

Que penser d'une enseigne qui saigne depuis des années des petits producteurs agricoles locaux et a poussé à la création du désert de plastique du sud de l'Espagne ?

Le débat est lancé...

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