Ce qu'il en est vraiment du recyclage des briques alimentaires

Chaque année, 83 000 tonnes de briques alimentaires sont mises sur le marché en France. Qu'en est-il vraiment de leur recyclabilité ?

Composée de 73% de carton en moyenne, de 23% de polyéthylène et de 4% d’aluminium, la brique alimentaire est une superposition de plusieurs matériaux. C’est ce qui a souvent fait dire que son recyclage était difficile d’un point de vue technique.

Qu'en est-il concrètement ?

D'un point de vue technique, son recyclage s'opère en deux grandes étapes, la première consistant à récupérer et traiter le carton et la seconde à récupérer et traiter le mélange de polyéthylène et d'aluminium.

La récupération du carton

Cette étape, la plus simple, est réalisée en usine papetière, par des producteurs de pâte à papier, à l'aide d'un pulpeur.

Elle consiste à plonger et à brasser les emballages dans un grand bac d’eau froide pour que le carton se désolidarise du polyéthylène et de l’aluminium. La pulpe de carton est alors récupérée d’un côté pour fabriquer, entre autres, du papier toilette, de l’essuie-tout, ou encore les Cart’Com, (cartes en carton recyclé, utilisées comme support de communication).

De l’autre côté, on obtient un mélange de polyéthylène-aluminium, le PE-alu, qui est récupéré et transformé pour partie pour fabriquer divers objets comme du mobilier de jardin ou des piquets de vigne.

Si l'ensemble du carton issu des briques collecté est recyclé, le problème de recyclabilité de ce type d'emballage concerne avant tout le PE-Alu, dont moins d'un tiers du tonnage est actuellement recyclé, ce qui signifie que le reste part directement soit en incinération, soit en décharge.

Cette situation peu satisfaisante à l'endroit de l'environnement, a poussé les acteurs de ce marché, Tetra Pack en tête, à chercher à développer une filière de recyclage plus complète du PE-alu, avec comme objectif de pouvoir reccler 100% des briques alimentaires collectées à la fin de l'année 2011.

L'enjeu est de taille. Le gisement global des briques alimentaires en France est de 83 000 tonnes par an et le tri sélectif permet d'en récupérer actuellement 43%, soir 36 000 tonnes.

De ces 36 000 tonnes, les papetiers, Georgia Pacific Louviers (6000 tonnes), Stora Enso Barcelone (20000 tones) et PNM Aix la Chapelle (10000 tonnes) ont récupéré 25 000 de pulpe de pâte à papier. Une nouvelle usine, Lucart Group devrait rapidement monter en charge et permettre d'accroître la possibilité de traitement globale, ce site permettant à terme de traiter... 39 000 tonnes de pulpe par an

Du tonnage restant, les PE-Alu représentent quant à eux actuellement un gisement de 9000 tonnes dont les 2/3 (6000 tonnes) ne sont pas recyclés.

Le traitement du PE-Alu

Au niveau du traitement de ces déchets, une filière a déjà prouvé sa viabilité et une seconde semble prometteuse.

La première consiste à transformer le PE-Alu en matière première qui sera ensuite extrudée-compressée ou extrudée-injectée, selon le ration suivant : 1kg de PE-Alu = 143 briques.

Cette solution, mise en oeuvre par une PME innovante française, Traidib, permet ensuite de fabriquer différents produits comme des piquets de vigne ou des salons de jardin, le PE-Alu se révélant stable, inerte, résistant, ignifuge et recyclable.

En 2011, Traidib ambitionne de pouvoir traiter 4500 tonnes de PE-alu en commercialisant la matière non moulée sous d'autres formes, ce qui nécessite l'augmentation de sa capacité de production.

En parallèle à cette première technologie, Stora Enso Barcelone travaille sur une technologie très prometteuse, la gazéification (incinération récupération), qui consiterait à faire chauffer le plastique-aluminium suffisamment pour faire évaporer le plastique. La chaleur émise par ce processus serait récupérée pour chauffer la papeterie, pendant que l’aluminium serait recueilli intact. Il serait ensuite revendu à l’industrie. Cette technologie, qui vient tout juste d’être lancée fin 2010, devrait permettre à Stora Enso d’augmenter significativement courant 2011 le tonnage de PE-alu issu de la collecte française et traité en Espagne.

Car l'objectif que se fixe la filière est on ne peut plus ambitieux : le recyclage de 100% des tonnages collectés à la fin 2011.

Plus d'articles sur les chaînes :

Réagir à cet article :
Ajouter un commentaire...