La papeterie Grégoire (88) liquidée

Sa reprise par Pierre Gavelle n'aura fait que reculer, de peu, l'échéance fatale.

Le 31 mai dernier, l'ambiance était sombre au Tribunal de Commerce d'Epinal.

C'est ce jour là en effet que la juridiction consulaire a pris la lourde décision de placer la Papeterie Grégoire en liquidation.

Basée à Saint Nabord, dans les Vosges, la papeterie employait encore 84 collaborateurs.

Cette liquidation est intervenue 7 mois à peine après la reprise de l'entreprise par la Papeterie de Turckheim, une papeterie alsacienne dirigée par Pierre Gavelle, liquidée elle même il y a deux mois.

En octobre dernier, la reprise de la Papeterie Grégoire avait d'ailleurs beaucup étonné la profession, Pierre Gavelle s'étant associé pour cette reprise à Bob Roche, un canadien sulfureux, spécialiste de la reprise/liquidation de papeteries en Europe (Papeterie de Malmédy : 35 millions d'euros de passif / Lott Paper : 4.2 millions d'euros de passif), devenu "consultant" pour la Papeterie de Turckheim, après la faillite de sa dernière affaire en Allemagne, la papeterie Lott Paper (Achern - Forêt Noire), quelques semaines auparavant.

Il est d'ailleurs intéressant de constater que si la reprise de la Papeterie Grégoire en octobre dernier a été portée par le duo Gavelle-Roche, au travers de la "holding" de Roche, Motion Immobilien Verwaltung puis de la Société nouvelle Grégoire, société au capital de 2500 euros, le dossier de reprise de la papeterie en difficulté était sur le bureau de Bob Roche, à Achern, depuis plus d'un an et les propositions aux propriétaires d'alors, s'étaient succédées.

usine-papeterie-gregoire

Las, la faillite de Lott Paper en juin dernier, mit à terre ce projet et Bob Roche devint consultant de la papeterie de Turckheim, afin de la faire bénéficier de ses nombreux contacts à l'étranger, notamment en Grande-Bretagne, un discours identique qu'il tint lors de la reprise de Lott Paper et qui ne fut jamais suivi de faits.

Ce rapprochement fut sans doute l'occasion pour le canadien de vanter le dossier Grégoire auprès de Pierre Gavelle et de le décider à se lancer dans cette aventure.

Pour ce dernier, interrogé par nos confrères de Vosges Matin, la situation était claire : il ne devait être qu'un actionnaire minoritaire du projet, Motion Invest devant apporter 2 millions d'euros de concours bancaire. Un concours qui ne vint jamais et qui précipita le destin de la papeterie Grégoire.

Une chute accentuée par la hausse du prix des vieux papiers - tirée par la forte demande asiatique - la matière première de la papeterie, spécialisée dans la fabrication de carton recyclé.

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