Les avoirs français du papetier M-real bientôt bloqués ?

C'est le souhait exprimé par le Conseil Général de l'Eure (27). GraphiLine rediffuse in extenso, la délibération prise à l'unanimité, le 11 juin dernier, par les élus du département de l'Eure.

"Après un plan social qui a supprimé 75 emplois il y a un an, l’entreprise M-real a annoncé le mercredi 4 mai la mise en vente de la papeterie d’Alizay, qui emploie actuellement 330 salariés. Cette annonce est un nouveau coup dur pour les salariés, mais aussi pour tout un territoire, qui plus est déjà affecté par de nombreux plans sociaux (Gardy, Cooper, Sealynx, etc.). De nombreux emplois directs chez les fournisseurs et les sous-traitants n’existent que grâce à l’activité du site papetier. Enfin, de nombreuses entreprises vont subir indirectement le contrecoup si rien n’est entrepris. C'est pourquoi les élus du canton, et en premier lieu le Conseiller général Gaëtan Levître, les élus départementaux et régionaux se mobilisent.

La fermeture de M-real serait une véritable catastrophe pour notre territoire et pour la filière bois en France. En vendant l’entreprise, la multinationale rapatrierait les machines en Finlande, ce qui rendrait toute reprise d’activité impossible. La reprise du site qui peut s'appuyer sur les résultats de l'étude industrielle financée en 2010 à parité par le Département et la Région est pourtant possible.

Cette étude comprend une évaluation précise des conditions économiques de reprise de l’activité pâte à papier en vallée de Seine et plus particulièrement les possibilités de diversification du site de M-Real afin de maintenir un niveau élevé d’activité et d’emploi.  

Elle développe des propositions alternatives concernant la transformation du site, ceci en cohérence avec la préservation de la filière bois. Le projet de chaudière biomasse sélectionné par l’appel d’offres CRE3, doit être mis en œuvre au plus vite. De nombreux débouchés sont par ailleurs possibles : production de biocarburants de seconde génération, fabrication de ouate de cellulose, désencrage, production de palettes de bois ou de pellets. Grâce à l’expérience qu’ils ont acquise, les papetiers de M-real sont à même de diversifier la production, afin de développer le secteur des énergies renouvelables et de répondre aux exigences écologiques.

Il est grand temps de passer à des actes concrets.

C’est pourquoi le Département de l’Eure  :

  • Condamne la stratégie de la direction de M-real, qui a laissé la situation se dégrader de façon délibérée, en mettant en suspens la production de pâte à papier, en laissant se développer les stocks sans perspective commerciale. Cette stratégie a affecté volontairement la rentabilité du site d’Alizay.  En cas d'abandon du site de M-real, le Département demande que les avoirs de l’entreprise soient gelés, que la multinationale M-real rembourse les crédits publics qui lui ont été affectés et qu’elle dépollue le site après son départ.
  • Exige de l’État qu'il agisse pour trouver un repreneur sérieux, un papetier qui mette en place un véritable projet industriel basé sur la diversification des productions et assurant le maintien et le développement de l’emploi, conformément aux annonces de M Le Maire, Ministre de l'Agriculture et de l'Aménagement du Territoire. Il demande à ce que notre collectivité soit tenue étroitement informée des résultats de cette démarche.
  • Rappelle qu'à l'heure où les acteurs économiques régionaux et départementaux, les collectivités territoriales et l'Etat se mobilisent pour organiser le développement de l'axe Seine, il est inconcevable d'envisager la fermeture d'un site à fort potentiel dont la localisation, en bordure de fleuve, constitue un véritable atout pour acheminer les matières premières et dont les équipements industriels actuels sont une base pour développer de nouvelles activités.

Le Département de l’Eure, s’engage unanimement à participer d’une manière active aux différentes actions qui seront prises pour sauver le site M-real à Alizay.

Les propositions alternatives pour rendre l’entreprise pérenne existent.  C’est d’action politique dont les salariés ont besoin pour garder leur outil de production et ils ont le soutien sans faille de notre assemblée départementale".

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