Comment la Région Alsace subventionne l'imprimerie chinoise

Alors que les politiques nous parlent de stratégie industrielle sur tous les tons, le dernier exemple venant d'Alsace démontre par l'exemple, comment l'argent public sert à tuer notre industrie.

Un article paru dans les colonnes de notre confrère les Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA) le 15 novembre dernier démontre, s'il le fallait, l'incurie avec laquelle est géré l'argent public et comment il est utilisé au détriment de notre industrie et en l'occurrence de l'imprimerie française.

Cet article se fait l'écho de la présentation, au Conseil Régional d'Alsace, du dictionnaire du Patrimoine d'Alsace, un "beau livre" de 320 pages réalisé par deux éditeurs privés, avec le soutien financier de la colllectivité régionale, dans le cadre de sa politique de soutien au livre.

Un ouvrage qui rend "très heureux" Philippe Richert, président UMP de la Région Alsace et ministre des collectivités territoriales (!), qui y voit "un événement éditorial d'importance".

Le seul petit hic de cettte démarche idyllique privé-public revient dans le fait que ledit ouvrage a été imprimé en Chine, parce que selon l'éditeur parisien, "en France, c'est trois fois plus cher qu'en Chine" et que là-bas, ils travaillent très bien...

Des commentaires qui décrédibilisent totalement la filière graphique française, filière industrielle littéralement plombée par un niveau de charges, dont sont responsables... les politiques, députés, ministres et autres sénateurs !

dna-chine

Alors que les politiques disent se "mobiliser (!)" pour défendre l'industrie française, il est hallucinant de constater qu'aujourd'hui, l'argent des impôts des français, géré par les politiques, peut servir directement à financer des projets privés consistant in fine à démonter des pans entiers de notre industrie, au détriment de l'emploi et du PIB français.

Des exemples comme celui-ci sont légion, qui doivent désormais inciter à un sursaut collectif du personnel politique et les amener à se poser une question de fond.

L'argent public doit-il subventionner des démarches privées consistant à délocaliser une production à l'autre bout du monde, au détriment de l'emploi, du déficit budgétaire français et de l'environnement, ou doit-il plutôt aider à la relocalisation de productions en France, productions qui garantiront l'emploi, les rentrées fiscales, la réduction du déficit budgétaire, tout en présentant un meilleur bilan environnemental ?

La question est posée...

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