CtP (vol 1) : prenez le problème par le bon bout

Les critères de l'investissement dans un CtP sont connus : capacité financière de l'entreprise, besoins et environnement exigé en production, qualité requise, etc.

Finalement, seule la mise en avant d'un ou de plusieurs de ces critères fera pencher d'un côté une balance relativement bien équilibrée des avantages respectifs du thermique et de l'argentique.

Tous les articles sur CtP sargentique ou CtP thermique

Ctp thermique ou argentique ? En soi, la question se tient, bien entendu, puisque les deux technologies coexistent. Mais elle fait davantage partie, à mon sens, des problématiques de cet espace de décision exclusivement réservé au chef d'entreprise plutôt que des prérogatives des journalistes. Tout au plus ces derniers peuvent-ils avoir la prétention, non de vous conseiller, mais de vous aider à prendre du recul.

Avant tout : avez-vous vraiment besoin d'un CtP ?

Les deux technologies en présence sont toutes deux viables et destinées à être suffisamment pérennes pour y investir l'esprit tranquille. De même, les différences entre CtP thermique et CtP argentique sont trop minces pour que les risques de se tromper soient très importants. Mais, en fait, la véritable question est la suivante : ai-je besoin d'un CtP ? Il est clair que le CtP va dans le sens de l'Histoire. Pour autant, vous n'êtes pas obligé, pour plaire à l'Histoire, d'alourdir inutilement vos charges. Il faut garder à l'esprit que le seuil de rentabilité du CtP, outil productif par excellence, se situe aujourd'hui à 80 plaques/jour (je ne parle ici que des unités 4 poses et au delà). Si vous n'avez en aucune façon besoin d'autant de plaques, ne pensez plus une seconde à un tel investissement. Vous ne ferez certes pas partie du " Club-français-des-imprimeurs-qui-en-ont-un " mais, au moins, vous ne déséquilibrerez pas inutilement votre compte d'exploitation ! Autre solution : vous n'avez pas besoin de 80 plaques/jour mais vous décidez – c'est votre droit - d'investir tout de même dans un CtP. C'est alors l'effet " boule de neige " : vous serez obligé de revoir toute l'organisation de votre entreprise, les plaques en surplus devant être utilisées pour imprimer des travaux qui, eux-mêmes devront être vendus par davantage de commerciaux sans doute mieux formés, etc, etc. La dépense, vous vous en doutez, excédera de très loin l'achat de la machine…

Des raisons historiques favorables au thermique

Mais, avec la problématique d'aujourd'hui, nous n'en sommes plus là car vous avez décidé de " passer " au CtP. Bien. Votre décision de rester à l'argentique ou d'adopter le thermique doit se faire au travers d'un certain nombre de passages obligés, neuf au total – sans compter la question première déjà citée : ai-je besoin d'un CtP ? - qui valideront votre choix définitif. Ces passages obligés, quels sont-ils ? Il s'agit, sans respect de la hiérarchie, du coût d'acquisition, des conditions de travail en lumière du jour ou en lumière contrôlée, de la disponibilité des plaques, du mode d'insolation, de la productivité, de la qualité exigée, du traitement de la plaque, de la longueur des tirages et des applications spéciales. Reste à savoir qui pourra piloter votre CtP – les ressources humaines - et de quelle façon vous le financerez, considérations sur lesquelles je ne me prononcerai pas n'étant pas le chef d'entreprise. En avant-propos, il est bon de rappeler sous quels auspices la jeune technologie thermique est apparue. A l'époque, c'est-à-dire au milieu de la dernière décennie, les constructeurs d'équipements tels que Creo et Scitex l'ont immédiatement adoptée et développée pour une raison essentielle : le manque de stabilité et de performances de la technologie argentique sur CtP. Les premières plaques argentiques pour CtP n'étaient vraiment pas convaincantes. Mais ce n'est pas tout. Outre cette réponse aux défaillances de l'argentique, le thermique apportait un grand confort d'utilisation en lumière du jour allié à une simplicité d'utilisation. La première réplique de qualité en argentique n'a pas tardé avec l'apparition de systèmes comme le Galileo d'Agfa. Aujourd'hui, les diodes violettes ouvrent d'abord tout un champ d'applications pour la fabrication de plaques argentiques dotées de couches de nouvelles générations puis, dit-on, de plaques polymères, toujours dans le violet, dont on pressent qu'elles grandiront rapidement en importance. A voir.

La semaine prochaine : dix questions incontournables à se poser pour faire un bon choix.

Plus d'articles sur les chaînes :

Réagir à cet article :
Ajouter un commentaire...