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Suzy Vergez n’est plus. Elle nous a quittés, sans bruit, jeudi dernier. C’était une figure universellement connue des arts graphiques en France.

Suzy a été retrouvée sans vie dans son appartement parisien du 18e arrondissement. Elle venait de décider de prendre enfin sa retraite et avait notamment transmis la représentation en France du Gain (Graphic Arts Intelligence Network) auquel elle appartenait à Pascale Guinguené. Elle allait avoir 70 ans.

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Tous nous avons souvenir de cette petite bonne femme, plutôt corpulente – elle militait activement au sein d’associations de lutte contre les discriminations dont souffrent les « large people » - mais d’une vivacité et d’une ouverture d’esprit qui lui donnait vingt ans de moins. Elle était intarissable, y compris lorsqu’elle écrivait des articles – « trop long, Suzy, trop long », nous plaignions-nous, nous autres journalistes, lorsque nous la faisions travailler. Mais, malgré leur longueur, c’était des articles fourmillants d’informations utiles et perspicaces, riches en anecdotes, pleins d’humanité. Pourtant, Suzy n’était pas journaliste au sens strict de la loi. Elle ne l’a jamais été. Ce qui ne l’empêchait pas de faire ce travail d’informateur bien mieux que la plupart d’entre nous. C’était, par contre, une technicienne bien que je m’aperçoive aujourd’hui connaître peu de choses de sa vie. Je sais qu’elle a longtemps travaillé chez le constructeur de rotatives Marinoni – devenu Harris Graphics puis aujourd’hui Heidelberg Web Systems – avant de prendre son indépendance au début des années 80. Dès cette époque, tout en continuant de se passionner pour ceux qui noircissent du papier, elle avait remarqué le potentiel révolutionnaire des années à venir en prépresse. Elle a été l’une des toutes premières spécialistes de ce secteur à prévenir des conséquences qu’allait entraîner l’apparition du Macintosh. Reconnue en France comme ailleurs, elle était de tous les événements médiatiques et a rapidement cherché à fédérer les compétences sur un espace plus européen. Cela a d’abord donné Eurostratégies – qui a édité, en 1989, son Dictionnaire des arts et industries graphiques – puis le Gain (Graphic Arts Intelligence Network) dont elle déplorait en privé le fonctionnement insatisfaisant, par trop irrégulier. Depuis deux ans au moins, une santé chancelante l’avait amenée à réduire son activité, mais pas autant qu’elle l’aurait dû : « il faut bien que je paye mes impôts » plaisantait-elle. Suzy aura sans doute pris le temps de se retourner, ces derniers mois, sur une vie professionnelle dont elle pouvait être fière, à défaut d’être rémunératrice. Mais ce qui est certain c’est qu’elle n’aura pas eu le temps de se reposer. Vous êtes tous invités à venir lui dire adieu mercredi prochain 4 avril, à 15 heures, au Crématorium du Père Lachaise, à Paris
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