Interview - la loi LME est une catastrophe pour le secteur de l'imprimerie

GraphiLine a rencontré Pierre Picard, président du SIN, le Syndicat de l'Impression Numérique.

Pierre Picard, président du Syndicat de l'Impression Numérique, le SIN, rencontrait hier la DG6 du Ministère de l'Industrie pour expliquer tout le mal qu'il pense de la loi LME pour les PME-PMI du secteur de l'imprimerie.

Pierre Picard, la loi LME devait protéger les PME contre les délais de paiement abusifs de certains donneurs d'ordres. Qu'en est-il ?

Pierre Picard - La loi LME partait d'un bon principe, en raccourcissant les délais de paiement, afin d'améliorer la trésorerie des PME-PMI et des TPE. Que ce soit dans le labeur ou dans le numérique, on constate que cette loi ne fonctionne pas et qu'elle a au contraire contribué à vider un peu plus les trésoreries des entreprises !

Comment diable est-ce possible ?

PP - Nos fournisseurs sont des grosses entreprises, qu'il s'agisse de papetiers ou de constructeurs de machines. Aujourd'hui, nous les réglons à 45 jours fin de mois. Pour nos clients, c'est une autre paire de manches ! Avec la crise, les délais sont toujours aussi long qu'auparavant et quand on le fait remarquer à nos clients, ils nous expliquent gentiment que nos concurrents proposant des délais plus longs, c'est à nous de choisir si nous voulons continuer de travailler avec eux...

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Ces pratiques de sociétés pirates sont-elles généralisées ?

PP - Oui, cela concerne aussi bien des multinationales du luxe ou du BTP, que des éditeurs. Les PME-PMI font de même ! On en est à des paiements à 90 jours net, 90 jours fin de mois et certaines sociétés vont même jusqu'à 120 jours... 

Quelles conséquences pour les industriels de l'imprimerie ?

PP - Nos trésoreries sont dégradées, au profit d'entreprises rentables à qui l'on sert de banquiers ! Le ministère de l'Industrie est au courant, qui a également été alerté par l'Unic. Nous étions de notre côté aux vœux de Arnaud Montebourg avant-hier. Il souhaite améliorer la trésorerie des PME : la loi LME, c'est tout le contraire. Il faut vraiment que l'Etat fasse son travail de régulateur et de contrôleur. 

Quelles solutions propose l'Etat ?

PP - Pour l'instant, il ont encore compliqué la loi en nous demandant de facturer 40 euros de retard de paiement à nos clients. Qui peut croire qu'un grand compte paiera jamais une telle facture qui ne pourra jamais intégrer un numéro de commande interne SAP par exemple. Ce procédé est inutile. L'Etat doit contrôler et sanctionner. Faire son travail quoi !!

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