Presstalis, la quadrature du cercle

Les blocages à répétition fragilisent la presse et les professionnels qui en vivent, sans apporter de solution.

S’adapter est une condition de survie pour les entreprises qui travaillent pour la presse. Or la baisse de l’activité a forcément pour corollaire une baisse des effectifs, ce que le Syndicat du livre ne veut pas entendre.

Il y a d’un côté des acquis auxquels les salariés – et on les comprend – s’accrochent, de l’autre une baisse inéluctable des ventes de la presse papier, ce qui suppose des réajustements d’effectifs.

Il était prévu de recaser certains salariés de Presstalis dans d’autres structures, par exemple à la SNCF, mais le différentiel entre leurs avantages actuels et ce qu’on leur proposerait est tel qu’ils ne peuvent pas l’admettre. Salaires nettement plus élevés, indemnités et congés plus longs, pour un temps de travail nettement moins important que chez leurs collègues d’autres sociétés de logistique... et un volume de travail qui a forcément baissé puisque l’activité a chuté de 25 % en dix ans, et de 5 % juste pour le mois de décembre en 2012, et que les effectifs n’ont pas été réajustés en conséquence : il est impossible de retrouver l'équivalent ailleurs.

Faire intervenir l’Etat ne résoudra pas la situation à long terme, cela ne permettra pas à l’entreprise de retrouver un équilibre et ne fera pas mieux avaler la pilule aux salariés, qui sont les premiers visés par les restructurations en raison des coûts qu’ils représentent. 

A la croisée des chemins entre un phénomène de société qui est la baisse de fréquentation des supports écrits, mais non leur disparition – il n’est donc pas question, pour l’instant en tous cas, de les remplacer purement et simplement – et les difficultés d’une entreprise, ayant des répercussions prévisibles sur ses salariés, avec des réactions elles aussi prévisibles mais qui risquent d’emporter le bébé avec l’eau du bain, il faudrait réinventer un modèle économique, un positionnement dans la société, un modèle tout court. 

Or réinventer un savoir-être  pour la presse, n’est-ce pas lui assurer un minimum de fréquentation, qui passe par les kiosques et les abonnements,  que justement les grèves à répétition fragilisent encore un peu plus ? 

En face de ces éléments, il y a bien sûr les acquis sociaux, et le droit de grève, qu’il n’est pas question de bafouer. D’où une situation fort peu enviable pour tout le monde. 

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