La situation à Hélio-Corbeil (suite)

Dominique Thomas, qui est directeur des Ressources humaines et de la Communication du site d'impression Hélio-Corbeil (Essonne) nous apporte les précisions suivantes.

"Le groupe Lagardère réoriente sa stratégie économique sur le pôle médias afin d'améliorer sa rentabilité. Cela suppose, entre autres actions, des cessions d'actifs et des réductions de coûts. Hélio Corbeil se trouve donc concernée par ce dispositif et doit rechercher, de façon autonome, les moyens de son économie propre, avec, si possible, l'arrivée d'un repreneur. Plusieurs groupes ont été approchés, le dernier en date est effectivement Québecor. Parrallèlement à cette situation, un accord a été signé avec les partenaires sociaux, en décembre 2000, jetant les bases d'un plan d'économie à moyen terme avec, notamment, l'investissement d'une nouvelle rotative grande laize. Des dispositions sociales figurent très clairement dans cet accord, par exemple : effectifs passant à 280, au 31 décembre 2003 contre 330 au 31 décembre 2000. Aujourd'hui, à la lumière de la nouvelle stratégie du groupe Hachette Filipacchi Médias, le projet montre toutes ses limites et le retour sur investissement prévu à 11 ans ne peut-être envisagé, ni par le vendeur, ni par le repreneur, car trop long. Hélio Corbeil doit donc dégager sa propre rentabilité, autrement, avec ses quatre actuelles rotatives, en ne comptant que sur sa performance pour obtenir des résultats positifs. Le budget ordinaire prévisionnel, pour 2001, compte tenu des charges actuelles de l'entreprise, fait état de pertes à hauteur de 29 millions de francs; il faut donc réagir vite et bien ! Hélio Corbeil dispose des moyens pour cette réaction, sous réserve, bien sûr, que ces valeurs soient partagées par tous : travailler le nombre d'heures pour lesquelles chacun est rétribué; planifier les absences (congés payés en particulier) suivant les règles de droit commun et suivant les impératifs de production; développer au mieux la polyvalence pour limiter le recours à l'intérim ou aux sous-traitants; poursuivre la démarche maîtrisée des départs anticipés pour atteindre un effectif inférieur à 300; dialoguer, si problème, plutôt que pénaliser la production par des arrêts intempestifs; négocier des mesures sociales et salariales sans surenchère (6% récemment demandés !)... Voilà l'essentiel de ce qui est connu de tous à Corbeil et de ce qui fait l'objet d'informations constantes. Si le projet de pérennité n'était regardé, jusqu'alors, que par la lorgnette du seul investissement, aujourd'hui, tous les facteurs de l'équation doivent faire l'objet d'un examen attentif pour appréhender, de façon différente, l'avenir. Dans tous les cas, et contrairement, là aussi, au message passé dans votre article, l'outil de production est bien loin d'être en fin de vie ! Sur l'accord de décembre 2000, les dispositions applicables et appliquées depuis le 1er janvier 2001 demeurent, au même titre que l'esprit qui y a présidé. Les mouvements sporadiques de grèves (de 1 à 5 heures) sont, sans aucun doute, motivés par des craintes mais ils ne font que rendre plus difficile la situation économique du site qui devra, dans tous les cas, trouver sa rentabilité. Défendre des acquis est logique ; surenchérir est irréfléchi et grave. Que votre édito n'accrédite pas une lecture unique de la situation." Dont acte.

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