Imprifrance et Impriclub dénoncent les fraudes à FSC et PEFC

Pour le président d’Imprifrance, Christian DEVAMBEZ, les labels FSC et PEFC n’apportent plus une différenciation suffisante pour être rentables.

L’intérêt d’une certification, d’un label ou d’une marque, au-delà de l’apport en termes de démarche (qualité, environnement, sécurité, hygiène ou social) est de se démarquer par rapport aux entreprises qui ne l’ont pas ! 

…et ceci, pour deux raisons : 

  • la première, et l'entreprise n’a pas à en rougir, est que cela apporte un plus au niveau compétitivité, ne serait-ce que parce que certains marchés exigent une conformité à tel ou tel référentiel ; 
  • la seconde est que la marque, le label ou la certification est là pour prouver que l’entreprise non seulement a entrepris les démarches nécessaires, mais aussi l’a fait de façon appropriée et qu’elle a obtenu des résultats, notamment en termes d’organisation, de nature à prouver qu’elle se conforme aux exigences du référentiel en cause. 

Prendre des marchés et donner confiance sont donc des motivations essentielles. Or, en ce qui concerne les labels FSC et PEFC, les imprimeurs ont de plus en plus l’impression que les efforts faits pour les obtenir ne leur apportent plus ni l’un ni l’autre. Explications avec Christian Devambiez.

Vous avez exprimé récemment des réserves à l’égard des labels FSC et PEFC, qui ont pourtant une grande importance dans votre secteur d’activité. Pourquoi ?

Christian Devambez, président d’ImprifranceEn tant que dirigeant de société, je me suis toujours impliqué dans ce type de démarche, ainsi Kapp Graphic est labellisée FSC et PEFC et a la marque Imprim’Vert. 

Mais depuis quelque temps, cela ne nous avantage plus car certaines entreprises affichent leur utilisation de papier FSC ou PEFC par exemple, sans payer ni faire la moindre démarche pour cela. Cela nous enlève notre différenciation, et, plus grave, jette le doute sur le sérieux de ces labels. 

Et cela accentue le ras-le-bol des imprimeurs ! nous sommes dans une conjoncture difficile pour la profession, l’obtention de ces labels représente des coûts, beaucoup de temps et de contraintes. Et on s’aperçoit que d’autres les utilisent sans payer, sans les contraintes et sans aucune sanction ! nous nous sentons un peu les dindons de la farce…

Qu’en disent les imprimeurs adhérents d’Imprifrance ?

CD - Pour beaucoup de nos sociétaires, ces labels représentent un effort financier, de traçabilité et de process. Cet effort est réel et il n’est pas question de minimiser sa valeur, ni l’apport évident à l’environnement que cela représente. Mais pour certains de mes collègues, le fait que l’on puisse se prévaloir de ces labels sans faire ces efforts n’est tout simplement pas supportable, et il y a des imprimeurs, aujourd’hui, qui refusent de continuer à adhérer à ces démarches pour cette raison. 

C’est seulement parce que certaines entreprises profitent gratuitement du système ?

CD - Pour cela et aussi parce que c’est très lourd. Cela suppose un audit tous les ans, cela pourrait être allégé en espaçant les audits par exemple. La démarche est contraignante, coûteuse et impose d’avoir dans l’entreprise une traçabilité, ce qui signifie une personne qui est dédiée à la démarche, ce qui n’est pas évident à l’heure actuelle, alors qu’on cherche à diminuer les coûts…

Je ne veux pas dire que cela ne sert à rien. Mais cet effort n’est pas acceptable s’il n’est pas récompensé. 

C’est pourquoi vous avez protesté.

CDEn tant que président d’Imprifrance, j’ai écrit à ces deux organismes pour protester contre cet état de fait. Et Nicolas Dematté a fait la même chose en tant que président d’Impriclub. 

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