Le futur du livre est à Chenôve-en-Bourgogne les 12, 13 et 14 avril

A l’heure où les prédictions les plus funestes se bousculent pour augurer un avenir obscur pour le livre, le salut pourrait venir d’une ville de Bourgogne qui n’est pourtant ni la patrie de Gutenberg, ni un lieu central de la littérature.

C’est un véritable Salon du Livre qu’entendent créer les organisateurs de l’événement Le Futur du Livre, organisé par la mairie de Chenôve, l’Apelle et les éditions Cléa, avec le parrainage d’Edgar Morin. Le défi est de taille, mais il pourrait faire bouger les lignes, ce qui paradoxalement est facile à l’heure actuelle en France, où les destins des livres papier et numériques suivent des chemins séparés malgré le taux de TVA commun (☺).

En effet, au Salon du Livre de Paris les territoires des deux supports étaient bien séparés, et il existe aujourd’hui des prix littéraires spécialisés pour le numérique : ainsi, pour la manifestation de Chenôve un concours de nouvelles numériques est organisé. Or les tenants du livre papier considèrent aujourd’hui que le livre numérique ne peut que faire de l’ombre à son aïeul papier, surtout en ces temps de détresse économique de l’imprimé…

Et pourtant ! réfléchir sur l’interdépendance et la complémentarité entre les deux supports, dont les lignes pourraient peut-être évoluer autrement que dans la douleur, est le préalable obligé à toute réhabilitation du livre papier, dont l’image, quoi qu’on en pense, est de plus en plus écornée. Coquilles de plus en plus nombreuses du fait de la raréfaction de l’activité de correction des manuscrits, image galvaudée à force de publier d’abord des célébrités avant un contenu écrit, et surtout désintérêt croissant des jeunes générations pour l’écrit, paradoxalement alimenté par son omniprésence ; l’avenir ne semble pas optimal pour le livre, même numérique !

Or le livre, faut-il le rappeler, est une des clefs de l’ouverture sur le monde. C’est l’imprimerie qui a autorisé la démocratisation du savoir, muselé jusque là par une maigre élite. C’est le livre qui a été pendant longtemps la première manifestation d’autonomie des enfants, leur permettant de s’évader du monde qui leur était imposé par les adultes. Aujourd’hui ces rôles sont en grande partie tenus par d’autres médias que sont la télévision et surtout, de plus en plus, Internet. Or les enseignants, à l’heure où leurs élèves n’ont jamais eu autant de possibilités de s’informer, déplorent de plus en plus leur passivité. Et le livre devient mouvant, interactif, mis à jour régulièrement….mais aussi galvaudé, publié sans précautions, interprété à tort et à travers…

Aujourd’hui Internet est omniprésent et il est vain de vouloir revenir en arrière, ne serait-ce que parce que le temps s’est considérablement accéléré, en donnant la possibilité de diffuser des informations en permanence. 

Le livre devrait pouvoir en sortir enrichi. Espérons que la réflexion qui sera menée au mois d’avril à Chenôve, avec Edgar Morin, Lorenzo Soccavo, Loïc de la Cochetière et d’autres sera une étape vers cette évolution. 

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