Kodak recentré sur les arts graphiques est en ordre de marche

Interview exclusive de Claude Desbrugères, président de Kodak France et Bénélux.

Alors que Kodak vient de sortir du chapitre 11, la société désormais recentrée sur le B to B et les industries graphiques affiche de nouvelles ambitions. Claude Desbrugères, son président pour la France et le Bénélux nous présente le nouveau Kodak.

Kodak est désormais sorti du Chapter Eleven. qu'est ce que cela signifie concrètement pour la société ?

Claude Desbrugères - Effectivement, Kodak est depuis lors redevenue une entreprise totalement autonome. Pour rappel, cette période a duré 20 mois et n'a concerné que les Etats-Unis et certaines filiales associées. La sortie du Chapter 11 signifie que Kodak redevient une société saine, à taille humaine, qui va de nouveau pouvoir appliquer pleinement sa stratégie, dans le domaine des industries graphiques.

Le nouveau Kodak n'est plus du tout celui que l'on connaissait. Pouvez-vous nous le présenter ?

CD - Kodak est pleinement recentrée dans le domaine des industries graphiques, dans le monde de l'impression dédiée au business. La société s'est délestée de bon nombre d'activités, notamment les produits grand public à caractère photographique, et les scanners professionnels. 

Quel est le nouveau périmètre de Kodak ?

CD - Sur son nouveau périmètre, Kodak réalise un chiffre d'affaires de 2.7 milliards de dollars et emploie 8500 personnes de par le monde. La société fait partie du Top 5 des fournisseurs arts graphiques dans le monde.


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Ce périmètre se décline sur plusieurs marchés complémentaires...

CD - Notre coeur de métier est à la base le marché des plaques offset pour l'imprimerie et l'emballage, et des CTP offset et flexo destinés à les graver. Du flux de production également, car il est indispensable de pouvoir proposer la colonne vertébrale de l'organisation industrielle des professionnels. En parallèle, nous sommes très présents sur le marché des presses numériques en électrophotographie, avec la gamme Nexpress, et nous développons très fortement dans le jet d'encre avec la technologie Stream. A ce sujet, il faut noter que cette technologie est unique au monde, de par ses performances. Nous sommes ainsi les seuls à pouvoir intégrer des têtes jet d'encre capables de suivre une presse offset à sa vitesse nominale de production, soit 900 mètres par minute ! Le marché de l'hybride digital est clairement un marché sur lequel nos ambitions sont très fortes, qui permettent aux imprimeurs de se différencier et de concevoir des produits imprimés à très forte valeur ajoutée. 

Comment se répartit le chiffre d'affaires du nouveau Kodak ?

CD - Le marché des plaques et des CTP représente 60% de l'activité du nouveau Kodak. Les nouveaux marchés, électrophotographie et jet d'encre, représentent déjà 40% de notre activité, au travers de technologies très diversifiées, complémentaires. A ce titre, nous venons de concrétiser la vente de 33 têtes d'impression jet d'encre, installées sur les rotatives du groupe allemand Axel Springer, qui imprime le Bild. Ces têtes permettant d'imprimer un numéro de loterie variable, différent sur chaque exemplaire papier du journal, qui en a dopé les ventes ! 

Quels sont les axes de développement prioritaires de Kodak aujourd'hui ?

CD - Le secteur de l'emballage est clairement au centre de nos ambitions. Nous disposons d'une gamme de solutions très complète, qu'il s'agisse de consommables ou d'équipements, tant en flexo qu'en offset. En flexographie, le marché est vaste pour nous, et la gravure directe des clichés est un enjeu majeur, car il permet d'obtenir un niveau de qualité très élevé. Au dela de cela, le marché du smart packaging, à savoir rendre le packaging intelligent, au travers de QR codes nous permet d'envisager d'intégrer nos solutions jet d'encre sur des technologies actuelles, par le biais de partenariat idoines.

Justement, bon nombre de vos développements passent et passeront désormais par des partenariats noués spécifiquement pour adresser certains marchés.

CD - Il faut savoir capitaliser sur ses forces et s'associer avec des spécialistes métiers. Vous avez pu voir sur la Drupa, le fruit de notre partenariat avec Timson, dans le secteur de la presse. Il va sans dire que cette démarche doit s'amplifier dans les mois à venir. 

Un autre domaine sur lequel vous vous développez, c'est le fonctional printing, ou l'impression industrielle. Pouvez-vous nous en dire plus ?

CD - Nous venons de signer différents partenariats dans ce domaine, dont l'un avec UNIPIXEL qui a trait à l'impression d'écrans tactiles. Nos technologies sont capables de reproduire 2 des 17 couches d'un écran tactile, pour un coût sans commune mesure avec les technologies actuelles. Ce business devrait représenter un CA de 20 millions de dollars dès la première année.

En fait, Kodak fait aujourd'hui sa révolution, comme le suédois Ericsson l'a fait il y a quelques années...

CD - Notre recentrage d'activité nous permet d'être une société saine, forte sur des marchés B to B, sur lesquels nous sommes leaders ou sur lesquels nous disposons de technologies fortes. L'emballage et l'industrie recèlent en outre des potentiels de croissance très importants. 

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