Accusé de corruption, HP plaide coupable

Trois filiales de Hewlett-Packard, la filiales russe, polonaise et mexicaine, ont soudoyé pendant des années, des agents de l’État afin d'obtenir des contrats.

Accusé d’avoir corrompu des fonctionnaires, le groupe Hewlett-Packard a accepté de verser 108 millions de dollars pour mettre un terme aux investigations des autorités américaines.

D’après un communiqué de la SEC (Securities and Exchange Commission) le gendarme américain de la bourse, trois filiales de HP, celles de Russie, de Pologne et celle du Mexique ont soudoyé des fonctionnaires et agents à hauteur de 3,6 millions de dollars afin d’obtenir ou de conserver des contrats publics.

La SEC accuse la filiale russe de HP, d’avoir versé plus de 2 millions de dollars par l'entremise d'agents et de diverses sociétés fictives à un fonctionnaire du gouvernement afin de garder un contrat de fournitures de matériel informatique et de logiciels, contrat de plusieurs millions de dollars. Les faits se sont passés de 2000 à 2007.

En Pologne, la filiale a donné cadeaux et pots-de-vin d’une valeur de 600 000 de dollars à un fonctionnaire polonais dans le but d’obtenir des contrats de produits et services de technologie de l'information avec la police nationale de l'Etat, entre 2006 et 2010.

Et afin de remporter une vente de logiciel d’une valeur de 6 millions de dollars à la compagnie pétrolière publique (Pemex), la filiale mexicaine de HP a payé plus d’un million de dollars de commissions à un consultant en lien étroit avec l’Etat.

Dans le cadre de l'accord passé avec les autorités américaines, les filiales concernées ont accepté de plaider coupable, a indiqué le département américain de la Justice (DoJ).

"Hewlett-Packard n’avait pas de contrôle suffisant en interne pour arrêter un mode de paiements illégaux permettant l’obtention de contrats au Mexique et en Europe de l'Est. Les comptes de la société inscrivaient ces paiements comme des commissions et frais légitimes", a déploré Kara Brockmeyer, responsable à la SEC. "Les entreprises ont l'obligation fondamentale d'assurer que des contrôles internes appropriés sont mis en œuvre dans toutes leurs opérations commerciales, et  doivent garder un regard critique sur les personnes qui exercent des activités sur leur nom."

Le procureur américain Haag fait félicité : "La décision d'aujourd'hui avec HP renforce le fait qu'il n'y a pas deux poids deux mesures : les entreprises américaines doivent respecter les mêmes normes d'éthique et de conformité, qu'ils vendent des produits à des gouvernements étrangers ou au gouvernement des États-Unis."

Le groupe américain a dégagé l’an dernier un bénéfice net de 5,1 milliards de dollars, pour un chiffre d'affaires de 112,3 milliards.

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