Quelques jours de répit avant la liquidation judiciaire de l'imprimerie de Montligeon

En redressement judiciaire depuis le 25 novembre dernier, l'imprimerie de Montligeon sera selon toute vraisemblance, mise en liquidation judiciaire le 3 juillet.

Malgré le soutien de nombreux représentants de l'Etat dont Jean-Claude Lenoir, sénateur et président de la Communauté de communes du bassin de Mortagne-sur-Perche, l’imprimerie de Montligeon devrait être liquidée par le tribunal de commerce d’Alençon. La décision a été mise en délibéré. Elle sera rendue jeudi 3 juillet.

Située dans l'Orne, à Saint-Hilaire-le-Châtel, l'imprimerie de Montligeon emploie 117 salariés. Cette société historique fondée en 1888 l’Abbé Buguet à La Chapelle-Montligeon a, jusqu'à sa reprise en 2011, été gérée par l’Œuvre, une institution dépendante de l’Église et du diocèse de Sées.

En grande difficulté économique en raison du caractère hasardeux de sa gestion, l'imprimerie est reprise en 2011 par les Établissements de Cartonnage Gaultier.

Le chiffre d’affaires chute de près de 60 % entre 2010 et 2013, le déficit courant n’est pas enrayé et la situation de trésorerie continue à se dégrader.

Malgré un programme de réduction des charges et de restructuration, l’entreprise est placée en redressement le 25 novembre dernier. Elle est acculée par les dettes tant vis-à-vis du privé que du public.

Dans un communiqué commun, le préfet Jean Christophe Moraud, le président du Conseil régional Laurent Beauvais et le sénateur Jean-Claude Lenoir, dénoncent : "Alors que la gravité de la situation eût justifié la mise en place d'un management de crise, l’équipe de direction dépendant des cartonnages Gaultier, présente seulement à temps partiel sur le site, a trop tardé à rationaliser l'outil de production et a masqué l'ampleur de la dégradation financière à tous ses partenaires."

Dans ces conditions, l’État mandate en avril un cabinet pour trouver des repreneurs. L'administrateur judiciaire multiplie également les démarches en ce sens. Mais ces prospections ne portent pas leurs fruits.

Certains salariés ont même envisagé de reprendre l'entreprise en SCOP, un projet de reprise partielle soutenu par l'URSCOP, l'Etat et la Région Basse-Normandie. La moitié des emplois aurait pu être sauvée.

"Toutefois, les obstacles créés par la direction actuelle du site et la dégradation de la situation de trésorerie, qui imposait des délais de reprise très rapides, ont empêché l'aboutissement de ce projet" s'insurgent encore le préfet, le président du Conseil régional et le sénateur.

Une cellule d'appui à la sécurisation professionnelle sera mise en place début juillet avec Pôle emploi et la Région, pour permettre aux anciens salariés d'être reclassés. 

Avec la fermeture de l'imprimerie, c'est tout un département qui va en subir les conséquences économiques, un département déjà toutché par de nombreuses autres fermetures d'entreprises (Carrier, Filtrauto, Mory Ducros).

L'État et les collectivités ont déjà annoncé qu'ils allaient s’attacher à assurer l’avenir économique du bassin en favorisant l’installation de nouvelles entreprises.

Plus d'articles sur les chaînes :

Orne
Réagir à cet article :
Ajouter un commentaire...

Actualités de l'entreprise