Clem Garvey : "L'offre de NRG s'adresse aussi aux arts graphiques"

Clem Garvey, président directeur général de NRG France

En 2000, Gestetner et Nashuatec ont cessé d'être des sociétés pour devenir des marques au sein de NRG France. La nouvelle entité continue à répondre, en priorité, à la demande des entreprises. Avec, néanmoins, des solutions de plus en plus arts graphiques et orientées services.

NRG France est un des très grands acteurs du secteur de la reproduction du document. La nouvelle entité, qui fusionne les offres de Gestetner et de Nashuatec, a clos l'exercice 2000 avec un chiffre d'affaires de 1,1 milliard de francs, en hausse de 6% par rapport à 1999.

Pour le jeune pdg de NRG, Clem Garvey, il est clair que l'effort entrepris se poursuivra cette année. Cet Irlandais amoureux de la France connaît bien son marché. Il compte sur une augmentation minimum de son chiffre d'affaires de 5% par an jusqu'en 2003.

Graphiline - Comment comptez-vous y parvenir ?

Clem Garvey - Tout d'abord en achevant de laisser loin derrière nous l'image de ''vendeur de copieurs'' qui est celle de toute une profession. Ensuite, nous continuerons à privilégier les offres de solutions et les services. Entendez bien : nous ne renions pas la technologie. Nous lui devons toute la confiance de nos clients et notre métier est reconnu comme faisant appel à une technologie remarquablement fiable. Il n'en reste pas moins vrai que la technique peut être seulement perçue comme une course à la mise à jour et à l'évolution permanente. Sans plus. Nous préférons, quant à nous, nous consacrer à l'analyse des besoins de l'utilisateur afin de pouvoir lui proposer ensuite une solution cohérente.

Comment êtes-vous passés du statut de "vendeur de copieurs" à celui de "fournisseur de solutions" ?

C'est devenu vraiment évident voici quatre ans avec l'arrivée des copieurs numériques connectables et capables de produire une vingtaine de pages par minute. Ces machines se vendent de mieux en mieux - l'année 2000 a été la première année où les placements en numérique ont surpassé les placements en analogique - et nous ont fait réaliser combien il devenait alors indispensable de proposer avec ces matériels d'un nouveau genre de nouveaux outils à valeur ajoutée. Nous avons donc été les premiers à inclure d'office à nos copieurs haut de gamme, deux ans plus tard, des logiciels de gestion électronique de documents. Nous avons fait de même avec notre gamme d'imprimantes laser lancées l'année dernière. Tout cela pour affirmer, une nouvelle fois, que désormais, nous sommes perçus plus volontiers comme des intégrateurs de solutions d'impression. Et ce n'est que justice : nous avons beaucoup investi en moyens et nous avons aussi beaucoup recruté pour aller dans ce sens. Finalement, les anciens acteurs du marché de la bureautique, parce qu'ils ont su investir par le passé, semblent idéalement placés pour profiter du basculement de l'impression vers la copie. Les machines commercialisées aujourd'hui démontrent bien que le mariage entre convergence entre imprimerie et bureautique a lieu. Nous sommes sur ce marché et en 2003 nous comptons bien y devenir les leaders.

Vous semblez rester fidèle au monde de l'entreprise...

En fait, grâce à nos deux marques - Gestetner et Nashuatec - qui ont leur propre notoriété, nous couvrons une grande plage de besoins. Traditionnellement, Nashuatec est très reconnue chez les très grands comptes. Elle s'adresse aussi, via nos distributeurs aux PME et aux PMI. Gestetner, dans le même temps, couvre toutes les clientèles mais en vente directe et avec une forte présence dans les collectivités locales, les associations, les universités, les hôpitaux. Cette double couverture n'est nullement gênante. Nashuatec est un acteur plus jeune et dans le copieur alors que Gestetner, qui a hérité de la culture du stencil, est une marque plus historique. Les deux marques se retrouvent parfois en - saine - concurrence mais ce recouvrement est relativement limité.

Le marché des arts graphiques manque cependant à vos activités. Devrez-vous faire appel à une autre marque si vous décidiez de vous en rapprocher ?

Nous utiliserions Gestetner. Par leur vitesse de production, les produits Gestetner sont aptes à intéresser les professionnels des arts graphiques. Cela dit, il est vrai que nous ne sommes pas encore particulièrement présents dans le monde des arts graphiques et de la reprographie. Il y a une raison à cela. Longtemps, nous n'avons pu offrir à ce secteur ni la couleur ni le volume. Ce n'est plus vrai aujourd'hui. La gamme Gestetner s'est étoffée. Elle s'appuie aussi sur des partenariats comme celui que nous avons avec Fiery autour des contrôleurs couleurs. De plus, d'ici la fin de l'année, la marque disposera de ses premiers copieurs hauts volumes couleurs, résolument positionnés pour les arts graphiques, avec des productions de 28 pages par minute. Peu d'acteurs de ce marché peuvent prétendre avoir maintenu, depuis quatre ou cinq ans, un tel niveau d'investissement pour développer une gamme de l'importance de la nôtre.

Comment voyez-vous l'avenir à plus ou moins long terme ?

En peu de mots : toujours plus d'investissements, Internet et un nouveau métier, celui d'intégrateur de solutions.

Plus d'articles sur les chaînes :

Réagir à cet article :
Ajouter un commentaire...