Un OJD pour les sites Internet ?

C'était inévitable : l'Office de justification de la diffusion (OJD - Diffusion Contrôle) s'intéresse, après la presse sur support papier, à la fréquentation des sites Internet. Et l'OJD a pour ce marché les yeux de Chimène.

L'office estime à 200 voire 250 le nombre de sites qui pourraient adhérer à ce principe d'ici fin 2002. Et tout semble fin prêt pour un lancement éventuel de l'opération en octobre prochain. Une structure spécifique, le Bureau internet et multimédia, ou BIM, a été créée. Coût de l'opération : deux millions de francs. Le principe La démarche d'obtention d'une certification OJD devra respecter trois étapes distinctes :

  • L'éditeur devra tout d'abord déclarer son site web auprès du BIM et ses chiffres de fréquentation;
  • l'OJD effectuera son contrôle puis
  • il publiera, chaque mois, un procès-verbal.
La certification sera basée sur le critère de la "visite" et non sur le décompte des pages vues sur le site par le même visiteur. Cette approche répond aux normes de l'International Federation of Audits Bureaux Circulation. Autrement dit : d'ores et déjà, l'OJD ambitionne une carrière européenne à sa démarche. Pour effectuer son contrôle - ce dernier étant seulement sur échantillon et non réel - l'OJD a mis au point des outils de mesure. En décomptant des tags ou marqueurs spéciaux qui figurent en bas de chaque page vue, le BIM pourra vérifier si la déclaration du site est exacte ou non. C'est ensuite seulement que le procès-verbal sera dressé. Ce service sera bien entendu payant. Les tarifs (annuels) varieront selon l'audience du site. Soit de 8 621,00 francs (1314 euros) par an pour 25 000 visites par mois à 23 391,00 francs (3 566 euros) pour 1 million de visites par mois. Pour 15 millions de visites (sic) : 61 153,00 francs (9 323 euros) pour 15 millions de visites. Est-ce vraiment indispensable ? L'utilité d'un tel service peut être démontrée, son caractère indispensable au visiteur et même à l'annonceur, certainement pas. Pourquoi ? Outre l'intérêt économique à peine dissimulé de Diffusion Contrôle pour une (éventuelle) manne complémentaire à celle des médias sur papier, on peut contester la cohérence de la démarche. D'abord, parce que , contrairement à ce qui est toujours avancé, il est très facile de vérifier la diffusion d'un site sans faire appel à l'OJD. Les organismes indépendants existent depuis longtemps qui remplissent parfaitement ce rôle et ils sont fiables. Imprimerie-OnLine et Graphiline, par exemple, sont contrôlés par l' International Federation of Audits Bureaux Circulation dont se réclame, précisément l'OJD ! Deuxième remarque : le contrôle OJD détermine une diffusion. Cela présente un intérêt et un seul : communiquer aux clients du titre susceptibles d'y publier des annonces publicitaires de connaître le nombre de personnes qui verront cette ou ces annonces. En effet : le client paie sur la foi de la diffusion. Avec Internet, nul besoin de connaître cette diffusion avec précision puisque le client est facturé au nombre de pages réellement vues et non sur une diffusion annoncée à l'avance. En fait, Diffusion Contrôle "fait comme si" le monde de l'Internet fonctionnait de la même manière que celui de la page imprimée. Ce qui est loin d'être le cas.

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