Print.process : comment le salon a failli être annulé…

Du 19 au 21 septembre, Print.process @ expo prend la relève du défunt Repro et s’associe, en un même lieu – Paris Expo, Porte de Versailles – à Visual Communication.

Directrice de ces salons, qui interviennent en pleine crise du visitorat, Sylvie Gaudy explique les difficultés rencontrées mais aussi l’espoir mis par Reed Exhibitions dans cette association stratégique.


Sylvie Gaudy, directrice de Print.process/Visual Communication - Recentrer sur les valeurs sûres de l'imprimerie et de la reprographie
Graphiline - Pourquoi avoir décidé ces bouleversements et abandonné le concept Repro qui existait depuis une dizaine d’années ? Syvie Gaudy – La demande est venue des principaux exposants. En 1998, les constructeurs adhérents du Snimabi (ndlr : qui regroupe les fournisseurs de matériels et solutions bureautiques tels que Canon, Ricoh, Xerox…) ont en effet exprimé le désir de faire évoluer le concept de la reprographie. Le terme repro, notamment, ne leur semblait plus convenir. Ils nous ont donc incités à travailler sur une offre plus large incluant l’amont, gestion du document, réseaux, etc. Or, Repro avait été conçu, huit ans auparavant, par et pour les reprographes. C’est leur syndicat, le SNR, qui en est à l’origine. Nous avons donc décidé d’initier un changement – qui nous semblait logique, en effet - mais sans hâte excessive. L’année suivante, en 1999, Repro s’est donc normalement déroulé. Nous lui avions seulement adjoint un sous-titre : Salon professionnel du document. Le Snimabi a voulu alors aller encore plus loin et attirer les directeurs informatiques des entreprises. Nous nous sommes donc donné cette demande comme axe de travail pour Repro 2000 – le sous-titre était alors mis en avant – puis pour 2001 où le changement devait devenir plus évident encore. En accord avec le Snimabi, le salon devait traiter l’acquisition, la construction du document, le transfert par réseau et l’Internet, l’impression des presses offset numériques, des imprimantes de bureau ou des copieurs, mais aussi les consommables et, en bout de chaîne, le stockage et l’archivage de données. Un nouveau nom avait été trouvé : Print.Process@Expo, élaboré après une enquête auprès de 1 200 directeurs informatiques. Quels avaient été les principaux résultats de cette enquête ? Ils mettaient en avant, c'était très net, que la reprographie et l’impression les laissaient de marbre. Par contre, les réseaux et l’Internet coïncidaient parfaitement avec leurs préoccupations du moment. Le discours des constructeurs ne rejoignait donc pas celui des visiteurs potentiels et cela a été notre première surprise. Car il y devait y en avoir une deuxième : malgré un concept validé par le marché, un plan de communication renforcé en direction des services informatiques, il ne s’est trouvé aucun adhérent du Snimabi pour décider de participer, en exposant, au salon ! Jusqu’à Heidelberg qui, après la déception de TPG, a, de son côté également, décidé de renoncer à sa participation. À la fin du mois de mai, nous étions, nous-mêmes, sur le point d’annuler la manifestation. Vous n'avez cependant pas pris cette décision... Des partenaires nous avaient fait confiance : nous devions aller jusqu’au bout. C’est ce que nous avons fait. D’une part, nous avons recentré Print.process sur le visitorat traditionnel et fidèle - imprimeurs et reprographes. D’autre part, nous l’avons jumelé à Visual Communication. Le salon Visual Communication – l’ancien Comex - a quatre ans d’existence. Il connaît un fort taux de progression en termes de surfaces vendues (+ 17 % en 2000) comme en termes de fréquentation (+ 33 %). Il a l’habitude de se tenir exactement à la même époque que Repro. C’est un événement qui possède ses particularités. Il traite de la signalétique, de l’enseigne, mais aussi de l’impression numérique grand et très grand format. Une de ses originalités est d’être international une année sur deux. Cette année, Print.process et Visual Communication seront donc dans le même hall. L’accueil sera unique et chacun pourra aller de l’un à l’autre à sa convenance. Que faites-vous pour combattre, à votre niveau, la désaffection qui atteint aujourd’hui l’activité des salons et des expositions ? Il est devenu évident que l’organisation d’expositions est arrivé à la croisée des chemins. On n’expose plus en 2001 comme on le faisait il y a 20 ans. Les expositions doivent trouver une autre raison de vivre et nous y travaillons de notre côté. Dès cette année, l’exposant comme le visiteur noteront la différence. Nous avons tout mis en œuvre pour leur faciliter la vie, à l’un comme à l’autre. Il y aura 21 exposants à Printprocess et 110 à Visual Communication. Et nous attendons au moins 8 000 visiteurs sur 3 jours. Le pari à relever est véritablement là. Comment Print.process pourra-t-il se différencier des autres salons Les exposants tout d’abord. Nous leur avons offert des formations afin de les préparer à organiser leur présence, à savoir accueillir sur leur stand les visiteurs et les journalistes, à gérer la relation avec leurs clients après le salon, etc. De même, ils disposeront, gracieusement, d’un club VIP qui accueillera les personnes de leur choix et les accompagnera en leur nom. Ce n'est pas tout. Un espace sera également réservé à leurs transactions commerciales avec open bar. Il y aura, enfin, un forum de démonstration, situé au cœur du salon, qu’ils pourront retenir pour le lancement de produits ou leurs annonces importantes. D’ores et déjà, Antalis et MAN Roland ont prévu de l’utiliser. Et puis, bien entendu, nous avons relayé et continuons à relayer leurs informations produits sur nos publications et notre site Internet. Les visiteurs, eux, disposeront essentiellement de huit parcours-experts et du meilleur accueil possible. Et puis, au delà de cette manifestation, nous allons mettre en route, comme je l'ai déjà dit, une véritable réflexion pour l’avenir. Propos recueillis par
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