Portrait chiffré des imprimeurs de livres en France

L'impression de livres représente 5,7% du chiffre d'affaires de l'imprimerie avec 189 entreprises.

L'étude Imprimer en France : l'avenir de la filière livre, dévoilée en décembre 2015 et financée par l'Union des industries de l'impression et de la communication (l'Uniic) et la Direction générale des entreprises (DGE), dresse un état des lieux de l'un des acteurs du secteur, les imprimeurs.

L'impression de livres cumule un chiffre d'affaires estimé entre 300 et 350 millions d'euros soit 5,7 % du chiffre d'affaires de l'imprimerie. Les livres représentent 6,6 % des tonnages de papier imprimés en France, un pourcentage en chute de 31 % depuis 2000, selon le rapport.

La fabrication des livres mobilise 2 500 salariés et est réalisée par 189 entreprises, dont 179 imprimeurs, et 10 entreprises de prépresse et finition. Le rapport note cependant que, malgré leur positionnement affiché sur le marché du livre, 8 % de ces imprimeurs n'ont déposé aucun titre à la Bibliothèque nationale de France (BNF) en 2013.

Lors de la vente d'un livre, l'imprimeur perçoit 16 % du prix de vente du livre (pour comparaison, l'éditeur en perçoit 14 %). Mais cette part inclut en moyenne 40% du prix du papier variant fortement selon le type d'ouvrage.

L'endettement des fabricants de livres est faible, mais cela montre aussi que les industriels investissent moins.

L'industrie du livre est aujourd'hui fragilisée. Selon le rapport, ses performances financières globales sont faibles : un ratio de 3,8 % d'EBE/CA (excédent brut d'exploitation/chiffre d'affaires), un résultat d'exploitation à moins de 1 %, et un résultat net négatif à - 0,70 % du chiffre d'affaires.

L'activité à l'export est quasiment nulle. Le rapport précise que si les éditeurs français se sont séparés de leurs outils industriels d'impression et de façonnage, les éditeurs italiens et allemands ont, eux, conservé des liens étroits avec leurs donneurs d'ordre (dépendance, appartenance, contrat de préférence…) et cette interdépendance est un obstacle à l'entrée des imprimeurs français sur ces marchés.

La filière impression est aussi très dépendante de la santé de la filière tout entière, sensible aux succès éditoriaux, à l'état de la concurrence entre éditeurs, ou encore à la qualité de la distribution.

"Si modeste soit elle en apparence, l'impression de livres reste néanmoins stratégique pour certains industriels et emblématique des savoir-faire de la branche de l'imprimerie de labeur en France, ou l'attachement au livre imprimé est encore très fort," note l'étude de l'Uniic et la DGE.

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