Microsoft échappe au démantèlement

En pleine période de crise de civilisation, l’Amérique s’attache à préserver ses valeurs les plus représentatives. Les concessions accordées par Microsoft face aux pouvoirs publics américains demeurent symboliques pour ne pas dire franchement ridicules.

L’accord, qui met fin à une longue série d’épisodes judiciaires ayant pour cadre la loi antitrust, a été officiellement signé le 2 novembre. Le juge Colleen Kollar-Kotelly doit donner son avis, déterminant, dans deux mois mais il est d’ores et déjà acquis à Bill Gates et aux termes du texte co-signé avec le département de la Justice. C’est elle qui a poussé à cette résolution du conflit commercial à l’amiable et elle n’est certainement pas disposée à changer d’avis ! De même, rien n’est à attendre du côté des 18 Etats investis en tant que parties civiles dans la longue procédure contre Microsoft. Six d'entre eux viennent de rejeter l'accord conclu entre Bill Gates et l'administration Bush. Il s'agit du Massachusetts, de la Californie, du Wisconsin, de l'Iowa, du Connecticut, du Kansas, du Maryland, de la Floride, de la Virginie occidentale et du District de Colombia. Mais ce refus n'est que gesticulation médiatique et anecdotique. Quel est-il, cet accord ? Microsoft doit fournir à ses concurrents des informations qui puissent permettre à ces derniers de développer des logiciels compatibles avec Windows. mais il n’est pas précisé de quelle nature seront ces informations et selon quels critères elles doivent être fournies. S’il lui est désormais interdit d’empêcher ses concurrents de proposer des logiciels pour Windows, Microsoft pourra continuer à développer son système d’exploitation dans le sens qu’il entendra. Les contrats d’exclusivité autrefois imposés aux fabricants de micro-ordinateurs sont interdits, eux-aussi. En fait, Microsoft les a déjà abandonnés depuis plusieurs mois. De même, le prix de vente de Windows doit être unique, quel que soit le fabricant de PC. Un comité de trois personnes veillera au bon respect de l’accord. La première est nommée par le gouvernement américain, la seconde par Microsoft et la troisième est cooptée par les deux parties. Cette surveillance, inutile, n’est accompagnée d’aucun pouvoir.

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