Le retour de la rotative 16 pages

Le concept profite de la disparition progressive du marché des 8 et 32 pages et affiche une vigueur nouvelle. L’exemple d’Aubin Imprimeur, qui vient d’investir dans une M 600 Heidelberg de dernière génération.

L’entreprise familiale, centenaire, est l’une des plus réputées dans les segments qu’elle sert au niveau national. Elle est née et elle s’est développée sur le marché du livre, un produit qui représente encore environ 50 % de son activité. Néanmoins, surtout depuis une quinzaine d’années, Aubin Imprimeur a élargi notablement son offre de services de façon à devenir un prestataire complet depuis la structuration des données au travers de sa filiale Euronumérique, l’impression feuille et rotative, jusqu’au façonnage, avec des partenaires comme Sirc et NRI. Les deux sites de production voisins de Poitiers et de Ligugé se sont ainsi diversifiés dans les catalogues industriels, la cartographie, la VPC, le packaging ou encore le périodique haut de gamme. Ce dernier marché représente déjà environ 20 % de son chiffre d’affaires et démontre des possibilités réelles de croissance.


Le périodique haut de gamme moyen tirage et moyenne pagination : produit-type du 16 pages.
C’est plus particulièrement pour lui que cette imprimerie vient de remplacer deux rotatives 16 et 32 pages vieillissantes par une M 600 16 pages toute neuve avec laquelle elle sera en mesure d’ajouter à la rentabilité de son activité et d’élargir d’avantage encore son offre de qualité. Il est prévu de passer commande d’une seconde machine du même type à court terme. La M 600 est une des rotatives fétiches d’Heidelberg qui l’a souvent fait bénéficier de robotisations exclusives comme le chargement automatique des plaques. L’exemplaire qui achève d’être mis en service à Poitiers est entièrement robotisé. Il produit 55 000 exemplaires/heure de façon courante, avec une très grande diversité de pliages. Pour des clients qui ont choisi la segmentation et la personnalisation Se développer sur le marché de la rotative, de nos jours, est un exercice aussi délicat que courageux. Outre le mauvais état des affaires en 8 et 32 pages, une surcapacité s’est installée en 48 pages et un effondrement des prix est à redouter. En outre, s’équiper en machines de dernière génération représente un effort financier intense, ce qui exige de l’équipement que l’on décide de mettre en service qu’il devienne productif et rentable dès la première année. D’où la course folle aux tours de cylindres à laquelle on assiste depuis au moins trois ans.


Rémi Potiquet, directeur commercial - L'outil doit être adapté à la demande.
En fait, Aubin Imprimeur a pris le contre-pied de cette démarche productiviste et quantitative. "Le marché est prêt à abandonner cette approche" confie Rémi Potiquet, directeur commercial d’Aubin Imprimeur. "Il choisit déjà la régionalisation, la segmentation, la personnalisation. L’outil de production que nous avons choisi correspond à ce type de demandes". Effectivement, la M 600 est adaptée à l’impression de qualité de produits à paginations réduites - 96-120 pages - en 40 ou 50 000 exemplaires. "En fait, nous destinons cette rotative à deux grandes familles de produits" commente Rémi Potiquet. "Le livre, d’une part, et, d’autre part, les périodiques, les catalogues industriels et la grande distribution. Tous ces produits vont vers davantage de personnalisation et de segmentation. Les périodiques accusent une baisse du chiffre du tirage et de leur pagination. Les catalogues se segmentisent et la grande distribution, tout en jouant de plus en plus la carte de la qualité d’impression, privilégie les campagnes magasin par magasin. Il s’agit bien d’un mouvement général". Représentant un effort financier de 4,5 millions d’euros (30 MF) - Aubin Imprimeur réalise un chiffre d’affaires de 38 millions d’euros (250 MF) avec un effectif de 380 personnes -, la M 600 est opérationnelle depuis quelques jours à peine. Elle est alimentée en plaques par deux CtP Barco. Un troisième, le premier Mondrian - thermique - jamais livré en France achève d’être installé. Un laboratoire d’imprimabilité, unique en France et chargé, entre autres, de contrôler les papiers et de fabriquer les encres pour toute l’entreprise, jouera également un grand rôle dans la qualité qui sera produite sur la M 600. Une nouvelle chaîne de brochage 24 postes Muller-Martini sera mise en service en mars prochain et un investissement est également prévu dans la mise en place d’un système ERP. Entre autres avantages, ce système permettra de créer des liens informatisés privilégiés avec les donneurs d’ordres qui pourront accéder au planning et assurer un suivi en temps réel de leur commande. Aubin Imprimeur est membre du réseau Imprimerie-OnLine.
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