Interview : Pour Greenpeace, la marque PEFC n'est pas une certification sérieuse

L'ONG Greenpeace estime que les contraintes pour obtenir la certification PEFC sont bien trop faibles.

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PEFC, FSC, même combat ? Pour Greenpeace, les deux certifications ne se valent pas. À la question de savoir si la marque PEFC propose aujourd’hui des standards écologiques suffisamment robustes, sérieux et conséquents pour garantir au consommateur que le bois certifié PEFC apporte une valeur ajoutée d’un point de vue écologique, l’ONG répond par la négative.

"À Greenpeace, nous ne considérons pas que PEFC soit une certification sérieuse. Nous aurions même plutôt tendance à dire qu’il s’agit d’une couverture, d’un greenwashing pour que l’industrie forestière historique et implantée puisse continuer ses activités avec une pseudo patine écologique. Mais dans les faits, ce n’est pas une certification rigoureuse, en comparaison par exemple à FSC", explique Clément Sénéchal, chargé de campagne chez Greenpeace France.

L’ONG met en cause les nombreuses failles que présente la marque PEFC et qui ont été notamment mises en lumière par une enquête du magazine Cash Investigation diffusée en janvier.

L’équipe de Cash Investigation avait présenté à l’organisme plusieurs dossiers "bidon" dans le but d’obtenir des certifications : ceux-ci comprenaient des sites qui n’avaient rien à voir avec des forêts, comme un centre commercial ou une porcherie.

Sur les neufs dossiers bidons présentés, sept avaient été certifiés PEFC. "Les contraintes à respecter pour obtenir ce label sont bien trop faibles. Il n’y a pas de visite préalable à la certification et très peu d’audit", souligne Greenpeace.

Autre argument en défaveur de la certification : sa gouvernance est dominée et largement financée par l’industrie. "Au contraire, la gouvernance de FSC est partagée entre l’industrie et la société civile, c’est une certification qui a trois collèges : économique, social et environnemental. Le pouvoir est donc plus équilibré, il y a des débats de fond dans lesquels les ONG ont la place pour s’exprimer", poursuit Clément Sénéchal.

Greenpeace estime que le label FSC présente davantage de garanties, même s’il n’est pas exempt de reproches et pose de réels problèmes dans certains pays, notamment en Afrique. "Dans les pays où la corruption est forte, il est difficile, y compris pour FSC, de faire correctement son travail".

Mais de manière générale, la certification FSC est jugée plus dynamique et plus exigeante par l’ONG. "Le FSC demande à chaque directeur d’exploitation forestière le fameux critère FPIC (Free prior and informed consent). Il s’agit du consentement libre et éclairé des populations autochtones qui sont à proximité des zones de récoltes. C’est un exemple de ce qui est requis par FSC sur lequel le PEFC est beaucoup plus faible".

"Autre exemple, le FSC va demander qu’à l’issue de la récolte, les concessions gardent la même valeur en terme de richesses biologiques et de biodiversité, ce qui n’est pas réellement demandé par PEFC."

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