Conflits dans les imprimeries : SCIA-LD

A La Chapelle d’Armentières (59), une centaine des 203 salariés de SCIA-LD se relaient depuis plus d’un mois, jour et nuit, pour occuper le site et tenter de mettre un terme heureux à une liquidation bien curieusement menée.

L’espoir renaît avec la récente entrée en lice des responsables politiques locaux et de l’administration préfectorale. Jusqu’ici, ils étaient demeurés discrets, laissant se dérouler démocratiquement la procédure. Une procédure de reprise, puis de redressement judiciaire, enfin de mise en liquidation d’une entreprise fort réputée dans la région. Mais, finalement, une procédure dont le déroulement a soulevé de très nombreuses interrogations. Société centrale d'imprimerie armentiéroise (SCIA) a été rachetée, rappelons-le, le 30 octobre 2000 par un concurrent, Léonce-Michel Deprez, imprimeur à Ruitz (Pas-de-Calais) et président de la CCI de Béthune. Le 2 novembre 2001, l’entreprise était placée en redressement judiciaire puis liquidée, avec effet immédiat, le 28 décembre. Les salariés contestent la validité de la procédure et rappellent que les seuls documents que Léonce-Michel Deprez a pu fournir en soutien de sa déclaration de cessation de paiements faisaient état d’une trésorerie excédentaire de 8,5 millions de francs à fin avril 2001 ! Les salariés ont fait appel de la décision pour que l’affaire soit jugée sur le fond. L’audience s’est tenue la semaine dernière et a donné lieu à des échanges plutôt surréalistes. Il faut dire que, entretemps, les faits avaient fortement contribué à semer le trouble dans les esprits les plus objectifs : 

  • un administrateur judiciaire qui s’empresse d’arriver dans l’entreprise, le 28 décembre, le jour même de la déclaration en redressement judiciaire “à effet immédiat” pour stopper, séance tenante, les machines alors en pleine production;
  • une compagnie d’assurance qui tente, subitement, dès le 26 novembre, de dénoncer le contrat qui la lie à la SCIA, condamnant de facto toute activité dans l’entreprise (elle y parvient finalement : la SCIA n’est plus assurée depuis le 31 janvier);
  • des négociations qui remettent en cause, contre toute attente, les investissements promis et les acquis sociaux - dont les 35 heures appliquées dans l’entreprise depuis 1998 -;
  • l’ouverture de chantiers particulièrement “sensibles” car touchant les moyens de communication de l’entreprise (démolition des parkings, des quais d’embarquement et des voies ferrées);
  • des magistrats qui ne cahent à personne, en pleine audience, leur peu d’intérêt à écouter les arguments des uns et des autres, etc.
Le 21 février sera le dernier acte de ce que d’aucuns considèrent comme une année de Dupes, avec la publication du délibéré d’Appel. SCIA-LD sera alors sauvée - l’offre d’Hammid Haddack, imprimeur à Bourges, est maintenue. Elle devrait même être revue à la hausse - ou définitivement condamnée. En attendant, les salariés, qui sont toujours rémunérés, organisent des événements autour du devenir de leur entreprise où un grand dîner a réuni, samedi dernier, quelque 350 personnes. Hammid Haddak, pdg d’Ifc et repreneur éventuel, était parmi eux. Ils préparent également leur participation à la grande manifestation sur l’emploi qui doit avoir lieu à Lille vendredi prochain et, plus tard encore, à l’Enduro du Touquet.

Plus d'articles sur les chaînes :

Réagir à cet article :
Ajouter un commentaire...