Les systèmes à lecture automatique pour le contrôle en impression offset (vol. 4) : un cas d'application concret

L'imprimerie Blanchard est située au Plessis-Robinson, dans les Hauts-de-Seine. Un ATS équipe deux presses Mitsubishi 4 et 5 couleurs.

Pour Alain Touminet, le pdg, et Olivier Herzock, le responsable Couleur, l'expérience est globalement concluante mais elle oblige à des respects de procédure qui peuvent parfois paraître trop rigoureux.

Alain Touminet (à droite) et Olivier Herzock : "Nous sommes convaincus". " La logique du système est convaincante " souligne Olivier Herzock. " Il ne prend aucune décision à notre place. C'est au conducteur d'aviser en prenant pour référence les informations fournies par la mesure. Le système laisse donc sa place au savoir-faire et c'est ce que nous voulions ". " C'est d'ailleurs ce qui peut perturber au prime abord " renchérit Alain Touminet. " L'ATS repousse les limites de la conduite sur machine parce qu'il oblige à un niveau constant et immanquable de qualité. Il impose au conducteur de respecter de nouvelles procédures qui peuvent paraître lourdes dans les premiers temps et qui génèrent, contrairement à notre attente, de réelles pertes de temps. Ces nouvelles procédures sont destinées, bien entendu, à améliorer les temps de calage mais ce ne sera vérifiable que dans quelques mois seulement ".

Lecture par spectrocolorimètre d'une feuille : le savoir-faire du conducteur fait le reste.

Entre ces deux prélèvements de feuilles, 15 000 tours et à peine 1 point d'écart ! Amélioration de la qualité moyenne "Finalement" poursuit Alain Touminet, "dans l'immédiat, le gain – car nous en trouvons tout de même un, - se trouve dans le fait que l'on sait désormais générer une exigence supérieure qu'auparavant et, par conséquent, un haut niveau de non retour et de non réclamation ". C'est là l'essentiel du constat que peut faire l'Imprimerie Blanchard après les trois premiers mois d'utilisation du système d'X-Rite : il place d'office le professionnel devant une situation de tolérance plus étroite qu'auparavant. Néanmoins, la difficulté ne provient pas de l'interface ni de l'affichage des informations utiles au conducteur. " L'utilisation est simplifiée, en effet " confie Olivier Herzock. " Le système affiche sur l'écran les encriers utilisés pour le travail en cours, et eux seulement. Il en résulte un affichage optimisé et une vision plus sereine pour le conducteur offset ". Attention : formation ! Il n'empêche : le conducteur doit tout de même suivre une formation car il va se trouver, dès lors, dans l'obligation de préciser, de formaliser des notions jusqu'alors vécues de manière plus empirique, plus instinctive. Avec l'ATS, il se trouve soudain contraint de théoriser un peu sa fonction et le travail qu'il accompli. " De ce fait, la formation que doit suivre le conducteur offset est double " précise Alain Touminet. " La première est clairement identifiée et elle est dispensée par le fournisseur. C'est l'acquisition des commandes du système. La seconde s'avère plus complexe car elle consiste à faire de l'imprimeur quelqu'un qui saura parfaitement évoluer dans l'espace colorimétrique de sa machine. Et cette formation, capitale, elle, est entièrement à la charge de l'entreprise ! ". Il est vrai que les informations fournies par le système et constatées chez l'Imprimerie Blanchard, constituent un véritable tableau de bord :

  • densité sur les à-plat ;
  • densité sur les tramés ;
  • balance des gris ;
  • contraste relatif ;
  • delta d'erreur colorimétrique ;
  • noircissement ou contrôle des teintes pures ;
  • engraissement ou augmentation de la valeur du point (AVT).

Affichage des données du système : seuls les encriers utilisés apparaissent. Certains sites français disposent, d'ores et déjà, de paramètres d'impression supplémentaires comme la teinte, et des informations sur le comportement du blanchet, sur la qualité du mouillage et sur celle du papier. Ces sites, rares encore, en bénéficient car ils sont dédiés à la production de magazines que caractérisent des procédures plus répétitives et, par là même, mieux identifiées. Les imprimeries de labeur traditionnel pourront bénéficier de ces fonctions dans un proche avenir assure-t-on chez le fournisseur.

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