Pourquoi et comment un imprimeur doit-il communiquer (vol. 1) ?

D'abord, un cas d’école : l’exposition “Le nouveau salon des Cent” que vient d’organiser autour du centenaire de la mort de Toulouse-Lautrec, Alain Escourbiac, imprimeur (en médaillon). Un vrai défi qui a valeur d’exemple.

Contacter, relancer, appeler, animer, réfléchir, douter, réussir, ... et n’en pas dormir la nuit, Alain Escourbiac sait ce que celà veut dire. Il a organisé, depuis la base parisienne d’Escourbiac Imprimeur, Le Nouveau Salon des Cent, en hommage au centenaire de la mort de Toulouse-Lautrec. Avec lui, depuis Graulhet, près d’Albi, toute la tribu Escourbiac avec, à sa tête, Michel, le père et fondateur de l’imprimerie. Cette tribu, habituée des arts - Michel Escourbiac, en plus d’être un imprimeur du beau, est un photographe émérite et réputé - est en passe de réussir un formidable pari dont nous avons déjà parlé ici. Un pari artistique d’abord puisqu’il s’agissait de réunir autour du seul nom de Henri de Toulouse-Lautrec, cent parmi les plus grands noms du graphisme mondial et les inviter à créer chacun une affiche pour célébrer le centenaire de la célébrité albigeoise. Un pari “organisationnel” ensuite : imprimer les productions de ces cent artistes, les promouvoir, les exposer... Un pari financier, enfin, en trouvant des partenaires : le budget nécessaire à une telle opération avoisine les 300 000 euros (2 MF). L’exposition des cent affiches originales a pu avoir lieu, en décembre dernier, au centre Pompidou, à Paris, créant un événement exceptionnel, plusieurs des artistes mis à contribution étant même venus spécialement de loin pour assister au vernissage.


Ce "Christ" manière Toulouse-Lautrec est d'Alain Le Quernec. C'est une des cent affiches créées pour Le nouveau salon des Cent et réunies ici dans un ouvrage-catalogue de très belle facture.
Les oeuvres réunies constituent un témoignage artistique unique de l’esprit Toulouse-Lautrec. Grâce à l’expédition de sets d’affiches - chacun renferme une reproduction imprimée chez Escourbiac sur papier Job Scheufelen, partenaire de la manifestation - l’exposition est actuellement présente à Copenhague et en Inde. Elle vient de s’achever à Mexico. Un moyen de se distinguer Relever un défi aussi important que Le nouveau salon des Cent corespond bien à Escourbiac Imprimeur. Cette entreprise créée à Graulhet en 1962 par Michel Escourbiac a fait de l’impression de beaux livres d’arts une véritable spécialité. Et l’imprimerie de Graulhet s’intéresse aussi à l’amont puisqu’elle a établi une plateforme de création à Toulouse. Mais la clientèle demeurait en majorité régionale. Afin de la diversifier, Escourbiac a également adhéré au réseau Imprimerie-OnLine, après avoir installé une antenne à Paris qui a pour charge de faire connaître l’entreprise au delà de ses frontières régionales. C’est Alain Escourbiac qui l’anime. “A bien y réfléchir” confie Alain Escourbiac, “une action de communication, quelle qu’elle soit, doit être engagée pour aboutir à un surcroît de notoriété pour l’entreprise. Pour une imprimerie régionale comme Escourbiac, venir installer une présence à Paris ne peut se comprendre que si elle se donne les moyens de sortir de son statut d’imprimerie provinciale, de ne plus être une imprimerie à statut anodin”. Organiser Le nouveau salon des cent répondait certes à un vrai goût pour l’art mais entrait donc aussi dans ce cadre d’animation et de communication indispensable à l’évolution de toute entreprise. Prochain volet : les leçons à tirer de cette expérience
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