Pourquoi et comment un imprimeur doit-il communiquer (vol. 2) ?

Il faut éviter les opérations démesurées, prendre appui sur ce que l’on aime faire et sait faire, et être sincère dans sa démarche. C’est l’avis d’un expert en la matière : Alain Escourbiac (en médaillon).

Il est clair que, après le coup d’éclat du Nouveau salon des Cent, Escourbiac Imprimeur n’est d’ores et déjà, plus un imprimeur anodin. Alain Weil, qui fait autorité, n’a-t-il pas déclaré, à plusieur reprises, qu’il n’avait jamais assisté, autour d’un artiste tel que Toulouse-Lautrec, à un projet aussi ambitieux, aussi démesuré. “Trop démesuré même” précise Alain Escourbiac. “Il est clair que nous ne sommes plus un imprimeur “lambda” aujourd’hui, après une telle organisation. Mais quel parcours du combattant ! Pendant plusieurs mois, l’entreprise a semblé tourner exclusivement autour de ce projet. Comme on peut le comprendre l’impression de chacune des cent affiches nécessitait un calage particulier., exigeant. Nous n’en dormions pas la nuit et nous sommes souvent passés par des moments d’abattement et de découragement tant la tâche était rendue rude par tout le poids de l’organisation”. S’appuyer sur Internet Pourtant, Escourbiac Imprimeur n’en était pas à son coup d’essai. Excellent photographe, Michel, le père, avait relevé un certain nombre de paris au cours des années précédentes en réalisant, prises de vues comprises, de magnifiques ouvrages sur les trésors d’architecture et artistiques de ce Sud-Ouest baigné par l’histoire. A retenir, notamment, celui, superbe, sur la voûte et la statuaire de la cathédrale Sainte-Cécile d’Albi. Ou cet autre sur le choeur renaissance de Saint-Bertrand-de-Comminges. Et encore, ces aventures restaient-elles à portée plutôt régionale.


Prix Sappi 2000 pour ce Paris 1837 signé d'aquarelles de Félix Duban.


Détail des voûtes de la cathédrale d'Albi et du choeur de Saint-Bertrand-de-Comminges (photos : Michel Escourbiac).




“Il faut bien réaliser que ces projets sont des projets à fonds perdu” alerte Alain Escourbiac. “Editer un livre comme celui sur la cathédrale d’Albi nécessite d’avoir les talents pour le réaliser, c’est certain. Mais il représente aussi un budget de 80 000 euros au moins et qui peut atteindre 120 ou 130 000 euros. Hors rémunération du photographe. La première leçon à retenir est qu’il est donc indispensable, lorsque l’on met sur pied une telle opération, de rechercher un partenariat, une participation publique ou privée. En s’appuyant sur Internet. Sans Internet, notre projet Toulouse-Lautrec n’aurait jamais pu voir le jour. Ne pas affecter la bonne marche de l’entreprise Il y a une seconde leçon : il faut veiller à ce que le projet de communication, qui va passionner sans aucun doute en interne, ne vienne pas trop perturber et affecter la bonne marche de l’entreprise. C’est un vrai danger”. Mais est-il possible de mesurer, finalement, l’impact de cette mise de fonds sur les affaires ? Autrement dit, quel est le retour sur investissement ? “Impossible à mesurer” répond sans hésitation Alain Escourbiac. “Il faut se persuader que c’est bon pour l’image et la notoriété de l’entreprise, c’est tout. Il est clair les clients existants sont confortés dans leur choix et en tirent quelque fierté. Quant à quantifier ce que telles opérations vous en apportent, c’est une gageure...”. Alain Escourbiac demeure cependant convaincu qu’elles restent indispensables à toute bonne politique de communication. “C’est une manière d’exploiter son domaine d’excellence et sa passion” estime-t-il. “ Car une entreprise doit être animée par une passion pour être bien perçue. Encore faut-il ne pas mentir à sa cible en communiquant, ni promettre l’impossible. Les conséquences risqueraient d’être fâcheuses”.
Plus d'articles sur les chaînes :

Réagir à cet article :
Ajouter un commentaire...