Encres : Sicpa nourrit de fortes ambitions dans l’emballage

Le groupe suisse, qui figure parmi les grands fabricants mondiaux d’encres et de vernis, a réalisé un chiffre d’affaires qui devrait être voisin de 666 milliards d’euros en 2001. Il est très présent en Europe et en France où il poursuit une politique d’investissements dynamique pour se développer notamment dans le secteur de l’emballage.

Le projet qui est destiné à supporter l’organisation de ces ambitions a été baptisé Europlatform. Il définit les rôles de chaque unité de fabrication dans le cadre de la nouvelle logique industrielle et commerciale. L’objectif est d’accompagner au mieux les bouleversements d’un marché où la restructuration bat son plein.


Marc de Saint Pol - Pour un défi technique permanent.
Il s’agit aussi de se rapprocher davantage encore du secteur de l’emballage, “un métier qui convient bien à Sicpa où le défi technique est permanent” relève le directeur général de Sicpa Europe du Sud, Marc de Saint Pol. “En 2003” ajoute-t-il, “Sicpa Encres commerciales sera l’un des deux fabricants d’encres mondiaux pour l’emballage présent dans tous les pays”. 30 % du marché français de l’emballage Le marché mondial des encres représente un chiffre d’affaires de 12,5 milliards d’euros. Il est dominé par 15 grands acteurs qui se partagent 76 % de ce marché mondial. Sicpa est au quatrième rang avec 5,3 % de parts de marché, derrière Sun, Toyo Sakata et Flint Ink. Très spécialisé dans les encres fiduciaires et de sécurité, où il est leader mondial, Sicpa axe ses activités en France exclusivement sur les encres (et vernis) dites commerciales, pour l’édition et, surtout, l’emballage. Sur ce dernier secteur, Sicpa France réalise 60 % de ses ventes dont quasiment un tiers pour les marchés à l’exportation. Résistance à la crise L’environnement dans lequel les fournisseurs d’encres ont évolué en 2001 s’est montré très défavorable. “En fait”, appuie Marc de Saint Pol, “ce sont les pires conditions qui nous aient été données de vivre depuis des années !”. Le marché français des encres hélio et flexo s’est stabilisé grâce à un bon comportement de l’activité hélio dans l’édition, mais c’est à un véritable effondrement que l’on a assisté en offset en raison de la chute de la publicité et de la hausse, très importante, du prix du papier. Le premier trimestre 2002 semble emprunter les mêmes brisées. On constate un affaiblissement général du flux de commandes. Dans cette ambiance morose, Sicpa France a cependant bien résisté. Le chiffre d’affaires a progressé de 1,2 % sur le marché national et de 11 % à l’export. Grâce à une stratégie reposant à la fois sur une politique de prix ferme, l’abandon de segments de marché de maigre rapport (l’édition heatset) et la reprise de domaines plus profitables comme l’emballage. Selon les normes comptables IAS, Sicpa France a ainsi réalisé en 2001 un profit opérationnel de 5,3 millions d’euros, en augmentation de 17 % sur l’exercice précédent. Des premières technologiques mondiales Alors que Sicpa Europe du Sud construisait une usine en Espagne, inaugurait deux nouvelles installations en Italie pour la production d’encres à l’eau et d’encres à solvant et préparait son Color Center de Barcelone qui va lui permettre dès cet été de satisfaire le marché espagnol, en deux ans, Sicpa France seule investissait 7,6 millions d’euros sur son site d’Annemasse, en Haute-Savoie. Ce site abrite notamment le centre d’essais européen du groupe pour les encres liquides. Il regroupe également plusieurs lignes de production. Outre un plan de modernisation des méthodes de travail (projet Titan), Sicpa France a mis en route un plan de modernisation de la production baptisé projet Victor. Ce projet a, de plus, permis au site d’Annemase d’innover en mettant en route deux lignes de broyage automatiques en encres liquides. Une troisième sera opérationnelle le mois prochain. Ces installations projettent Sicpa sur le devant de la scène en terme d’innovation puisqu’elles empruntent à l’industrie agroalimentaire et chimique une technologie qui repose sur des lignes râclées, des disperseurs et l’utilisation généralisée de l’inox. Des technologies qui permettent un accroissement de la productivité de 30 à 40 % et qui sont uniques dans le métier des encres. Elles représentent un investissement de 4,5 millions d’euros mais ce sont entre 6 et 7 millions par an qui ont déjà été consacrés à la modernisation constante du site ces dernières années. Effort auquel il faut ajouter le million d’euros que Sicpa consacrera, chaque année jusqu’en 2006, aux équipements et procédures de sécurité des hommes.
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