Avec le dépôt de bilan -attendu - de Ferry Danel, le secteur du continu en France semble mal parti...

En fait, il est sur son déclin depuis une bonne décennie déjà. Chaque année, il perd un peu plus de ses troupes, de ses acteurs... créant de réelles opportunités, finalement, pour ceux qui restent.

Le continu, un secteur à déconseiller ? Pas nécessairement. Une entreprise peut encore s’y épanouir car des parts de marché sont à prendre.

Ma grand-mère disait : moins il y a de convives, plus les parts sont grosses ! Et son cake était fameux même si la tendance était à des pâtisseries beaucoup plus sophistiquées.

En stratégie d’entreprise appliquée à l’imprimerie, ma grand-mère aurait certainement fait un malheur car c’était le bon sens même ! Certes, le marché du continu - la production de liasses, carnets et autres paravents sur des petites rotatives bobine-bobine, avec un sens du service et du délai très avancé - régresse en raison de la disparition progressive des technologies acheteuses de ces produits. Et des clients. Néanmoins, comme la photo numérique mettra beaucoup de temps à se substituer au film argentique ou le CtP à la flasheuse, il y aura toujours une demande dans ce secteur. Et, par conséquent, nécessité que se maintienne un nombre minimal de prestataires.

Ce dernier carré, cette dernière garde n’est sans doute même pas condamnée à disparaître à longue échéance. La voiture est-elle parvenue à détrôner totalement la bicyclette ? D’où le doux paradoxe : plus le secteur va mal, mieux se portent les acteurs qui y demeurent compte tenu qu’ils récupèrent les parts de marchés de leurs concurrents disparus. Encore faut-il que ces survivants continuent à investir, innover et, en un mot, travailler à améliorer continuellement leurs marges. Ce que faisait ma grand-mère, finalement, que son cake fût pour dix ou seulement deux.

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