Les perspectives du marché de la rotative - Vol. 1 : le contexte

A la demande du Ministère Français de l'Economie des Finances et de l'Industrie (Minefi), le cabinet Ernst & Young, en concertation avec les instances professionnelles, a diligenté une étude sur le marché de la rotative en France et en Europe à l'horizon 2005. Ce rapport a été présenté fin 2002. GraphiLine vous en présente les grandes lignes chaque semaine.

La réalisation de cette étude - une première en France - répond à un contexte difficile. Un environnement en mutation structurelle dans une conjoncture inquiétante Composé de 8000 entreprises, le secteur des Arts Graphiques emploie 96000 salariés en France, pour un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros (soit le chiffre d'affaires de groupes industriels comme Danone ou Mars). De ces 8000 entreprises, 1200 sont considérées comme industrielles, c'est à dire employant plus de 20 salariés. Elles emploient à elles seules 70000 personnes. En 2001, et pour la première fois, les volumes de media imprimés ont baissé (-2%). En parallèle, de nouvelles technologies d'impression (numérique) et de nouveaux intermédiaires sont apparus qui ont conduit à certaines évolutions dans l'approche et les besoins des clients du secteur. Des évolutions pas toujours appréhendées par les imprimeurs. Quant au secteur de la rotative proprement dit, il représente une cinquantaine d'entreprises en France soit 10000 emplois. Son poids est particulièrement fort puisqu'il pèse à lui seul près de 54% du chiffre d'affaires du secteur pour 40% du tonnage. Principalement dédié à la presse (magazine), à la VPC, à la grande distribution et à l'industrie, le secteur de la rotative traverse une grave crise, après avoir été particulièrement dynamique. Crise principalement due à la chute du marché publicitaire. Confrontés à de lourds investissements sur un marché de plus en plus concurrentiel et en surcapacité de production, les rotativistes sont soumis à une pression sur les prix particulièrement forte. Une situation qui conduit à des restructurations difficiles. Une position fragile du fait d'un faible apport de valeur ajoutée Sur un marché à l'encéphalogramme plat, face à l'augmentation du coût des équipements et des matières premières, les taux de marge des industriels du secteur sont inquiétants. Leur marge de manoeuvre est d'autant plus limitée que pour leurs clients, la valeur ajoutée apportée par les rotativiste ne reprsésente que 20% du coût du produit final. Vécus comme substituables et remplaçables, les rotativistes ont de plus en plus de mal à valoriser leurs "avantages comparatifs". Des entreprises isolées Face à des clients de plus en plus internationaux et face à leurs concurrents européens ou nord-américains, les rotativiste français apparaissent isolés. Peu de rapprochements d'envergure ont été réalisés en dehors de l'offensive menée par le québécois Quebecor World qui, en quelques années, est parvenu, par rachats successifs, à devenir l'un des pivots du secteur en France.

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