Première intervention du nouveau président du Sicogif

Suite à son élection Jeudi dernier, François Dulac a souhaité préciser les grandes orientations de sa présidence à Graphiline.

NV : Votre présidence commence alors que la conjoncture est particulièrement difficile pour le secteur. FD : Depuis 30 ans, notre profession vit une révolution technologique permanente : de la photocomposition au numérique en passant par la multiplication des rotatives et la grande vitesse. Ces innovations techniques ont exposé les entreprises à des risques multipliés et des redistributions brutales. Mais il est probable que cette longue crise pourrait se terminer avec la fuite en avant à haut risque pratiquée par certains imprimeurs et constructeurs de matériel ces dernières années. Nous aborderions alors une période plus calme et plus sage avec une redistribution des hiérarchies inévitable. Nous aurions encore certaines destructions créatrices mais notre profession pourrait s’engager dans une certaine stabilisation. Pour voir ce processus s’engager, il nous faut seulement un élément capital : le retour à une croissance économique significative. A quand ce retour à la croissance ? Compte tenu du manque général de confiance, il est peu probable pour 2003. NV : Justement, quels sont vos chantiers prioritaires, l’orientation que vous souhaitez donner à votre présidence ? FD : Pour aider les entreprises à sortir de la période exécrable où nous sommes, le syndicalisme patronal me parait plus nécessaire que jamais. Je souhaite donc que le SICOGIF relance l’activité de ses commissions qui me paraissent constituer le poumon du syndicat. Ces commissions ont toujours constitué le point fort du SICOGIF avec une forte participation et une belle créativité. C’est de la commission technique qu’est sorti le TIFF.IT, le PDF certifié, c’est de là que va bientôt sortir la Barre de Contrôle SICOGIF qui va redonner aux imprimeurs un standard pour le calibrage des épreuves numériques. C’est des commissions « Numérique », « Fournisseurs », « Sociale », « Formation », « Environnement » que sortiront la politique, les informations et les aides que le SICOGIF peut offrir à ses adhérents. C’est à travers des travaux et des recherches pratiques qu’un syndicat peut aider les entreprises à sortir de la crise. Un autre projet auquel je tiens, c’est d’aller au devant des adhérents et des imprimeurs en général tant à Paris et région parisienne qu’en Province où le SICOGIF a de plus en plus d’adhérents. Il faut communiquer, échanger, prendre le pouls de la profession pour être plus efficace. Parallèlement, il faut défendre la profession auprès des pouvoirs publics qui n’ont pas suffisamment conscience des problèmes quotidiens que nous rencontrons. Notre compétitivité a été plombée par les 35 heures. De plus l’ouverture sans aucune réserve de nos frontières aux confrères déjà ou bientôt européens, alors qu’ils disposent de salaires et de charges nettement moins élevées que les nôtres avec une monnaie commune, pose des problèmes graves. La France veut piloter le concert européen mais elle empêche les entreprises françaises de s’adapter à ce concert. On peut se demander si on évitera les délocalisations dans l’imprimerie. Enfin, sur le plan patronal, je souhaiterais que nous puissions trouver avec la FICG des terrains d’entente et des accords comparables à ceux que nous avons trouvés avec le GMI et la Reliure-Brochure. NV : Pour surmonter la crise, est-ce à dire qu’il faut réinventer l’imprimerie ? FD : L’imprimerie s’est déjà beaucoup réinventée depuis 30 ans, peut-être même trop ou trop vite. Son problème aujourd’hui c’est de digérer cette ré-invention dans un contexte difficile et tourmenté.

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