Ouverture d’un dialogue entre annonceurs et imprimeurs en France

En réunissant près de 250 participants dans le cadre du Forum qu’il organisait en partenariat avec l’UDA (Union des Annonceurs), le SICOGIF a démontré sa capacité à rassembler tous les acteurs de la chaîne graphique pour engager un véritable dialogue avec les principaux donneurs d’ordre de la communication imprimée.

Comme l’a indiqué le président François DULAC dans son discours d’introduction : « Je souhaiterais vous remercier d’avoir répondu si nombreux à notre invitation. Ensuite, je voudrais remercier l’Union des Annonceurs, notre partenaire et interlocuteur depuis plusieurs années sans laquelle ce forum n’aurait pas rencontré le même succès. Enfin, je voudrais saluer nos confrères de la Fédération de l’Imprimerie et de la Communication Graphique ainsi que les représentants du SIPG (Syndicat National des fournisseurs d’équipements pour les Industries Papetières et Graphiques) et de la filière papetière dont la présence ici signifie notre volonté d’associer l’ensemble des acteurs de la chaîne graphique au dialogue que nous souhaitons ouvrir aujourd’hui ». Sur le thème : « le coût des imprimés : enjeux et opportunités », le forum avait pour ambition d’être le point de départ d’un véritable dialogue visant à réguler les pratiques commerciales et les relations entre les acteurs de la chaîne graphique. C’est la première fois, qu’imprimeurs et annonceurs acceptaient d’ouvrir le débat afin de rechercher les pistes de réflexion et trouver les solutions pour s’engager vers le rétablissement des équilibres en conciliant les intérêts de chacun. Avec 125 annonceurs présents, représentant les plus grandes entreprises françaises dans les fonctions de directions générale, financière, achat, marketing et communication, le Forum a tenu toutes ses promesses. Gérard NOEL, Vice-président de l’UDA justifiait l’intérêt des annonceurs en déclarant notamment : « notre présence ici est le reflet d’une relation que nous avons depuis longtemps avec le SICOGIF et dont je pense qu’elle est tout à fait efficace pour nos adhérents et votre profession ». Précédant l’ouverture des débats, deux intervenants ont permis d’évaluer la situation du marché : - Philippe QUEINEC, secrétaire général du SICOGIF, qui a présenté un exposé sur les tendances lourdes de l’évolution de l’imprimerie française et européenne, en mettant l’accent sur les limites de la réduction des coûts et sur les gains de productivité réalisés par les imprimeurs qui ont été totalement transférés aux clients, suite à la pression du marché ; - Pierre FERRER, Directeur des techniques publi-promotionnelles de l’UDA, qui a rappelé le montant des investissements des annonceurs dans les grands médias et le hors média en évaluant la part consacrée à la communication imprimée. François-Xavier PIETRI, Directeur général des rédactions de la Tribune, a ensuite animé les échanges entre les douze intervenants des deux tables rondes et avec l’auditoire. Deux grands thèmes de discussion ont inspiré les débats : - Les bonnes pratiques pour déterminer le juste prix. L’objectif de la première table ronde était de débattre des pratiques de négociation et d’achat qui permettent de fixer le juste prix de fabrication d’un document imprimé en permettant aux imprimeurs d’obtenir une rémunération légitime tout en conciliant les intérêts des annonceurs, lesquels aspirent à payer un prix acceptable en cohérence avec les autres coûts de l’entreprise. Bien entendu, les représentants des imprimeurs, représentés notamment par Daniel JOURDAIN (Groupe Serge LASKI) et Paul HURLIN (PPA/MAHÉ), ont mis en évidence certaines pratiques de négociation jugées inacceptables telles que les « enchères inversées » ou la « mise à nu » excessive du décorticage des coûts avec son lot d’aberrations. De leur côté, les annonceurs représentés par Madame Ariane REVEILLON (BNP Paribas) et Monsieur Michel PETIT (MAAF Assurances) ont rappelé la nécessité pour les directions des achats de rechercher le « juste prix » et de mieux comprendre la construction du prix en demandant à l’imprimeur de justifier le coût qu’il propose. Toutefois, les annonceurs ont également insisté sur leur volonté de construire avec les imprimeurs une relation de confiance et de partenariat à moyen et long terme avec des entreprises efficaces, pérennes et rentables. - L’évolution des relations entre les acteurs de la chaîne graphique. La deuxième table ronde a permis de mettre en évidence que ces relations sont devenues, aujourd’hui plus que jamais, interdépendantes. C’est ainsi que les fournisseurs d’équipements, représentés par Daniel HIPP, ont mis l’accent sur les difficultés rencontrées par les grands fabricants dans un contexte de ralentissement des investissements des imprimeurs. Hervé PONCIN (Directeur général d’ANTALIS pour la France, la Belgique et les Pays-Bas), représentant la filière de distribution papetière, a souligné la difficulté de valoriser une rémunération compatible avec le niveau d’exigences requis par les utilisateurs. Les échanges entre les représentants des annonceurs, des plates-formes d’édition publicitaires et des imprimeurs ont permis de vérifier la détermination de chacun d’engager une concertation pour réguler les relations entre les acteurs. Pour conclure, le président DULAC a déclaré : « je peux vous indiquer que nos échanges se poursuivront au-delà de cette journée sous forme d’un groupe de travail permanent qui travaillera, à raison d’une réunion mensuelle , à l’élaboration d’une « charte des bonnes pratiques entre les acteurs de la chaîne graphique ». Il nous semble en effet souhaitable de redéfinir les règles du jeu entre les partenaires afin de s’engager ensemble vers le rétablissement des équilibres tout en respectant les intérêts de chacun. Cette charte, nous souhaiterions la présenter au cours du premier trimestre de l’année 2004. Dans le même esprit, ce groupe de travail poursuivra ses travaux sur le thème du partenariat à moyen et long terme envisageable entre donneurs d’ordres et imprimeurs. Pour redonner confiance et stabilité à chacune des parties, il sera intéressant de définir un cadre général de collaboration avec son corpus de règles et de principes apportant d’un côté transparence et juste prix, de l’autre stabilité et confiance. Chacun pourra ensuite puiser dans ces textes de références suivant son profil et ses besoins. Nous souhaitons présenter ce projet lors de notre prochain forum qui se tiendra en octobre 2004 ». Ce forum a été révélateur de la volonté de chacune des parties d’aborder une vraie concertation pour retrouver les équilibres nécessaires comme en témoigne la déclaration de Gérard NOEL (Vice-président de l’UDA) : « …la bonne conclusion d’une réunion comme celle-ci et des travaux qui vont être entrepris, c’est effectivement de concevoir une charte de bonnes relations et de bonne conduite entre les annonceurs et les imprimeurs. En ce qui nous concerne, nous sommes prêts ! »

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