SICOGIF : Certification de l’épreuve numérique contractuelle

Après douze mois d’étude, de recherche et de mise au point, la première phase de notre démarche s’est achevée en décembre 2003 par l’annonce des premiers sys-tèmes d’épreuves référencés et par la publication d’une procédure normalisée pour la certification de l’épreuve numérique contractuelle.

Les producteurs de la chaîne graphiques qui décideront d’utiliser cette procédure en respectant le cahier des charges seront désormais capables de garantir à leur client une reproduction conforme des couleurs lors de l’impression en offset par rapport à une épreuve contractuelle réalisée selon des normes de tolérances édictées et mesurables. Une initiative du Sicogif dédiée à toute la profession Pourquoi le SICOGIF a décidé de prendre cette initiative ?

  • La première réponse à cette question est inscrite dans nos statuts. En effet, l’article 2 qui définit les attributions de notre organisation précise notamment que le SICOGIF doit :
  • Etudier en commun toutes les questions professionnelles ;
  • Défendre et promouvoir les intérêts professionnels communs à ses membres.
A la demande de nombreux adhérents, après l’approbation de son conseil d’administration, le SICOGIF a décidé d’entreprendre cette action, pour défendre les intérêts de ses membres et de toute la profession.
  • L’élaboration de procédures normalisées permettant d’améliorer la fiabilité des échanges entre les acteurs de la chaîne graphique est une des missions que s’est fixée le Sicogif, à la demande de ses adhérents.
  • Après la sécurisation des échanges de fichiers, grâce à TIFF-IT/P1 qui a fait ses preuves et à PDF Certifié qui est en phase de déploiement, le Sicogif a décidé d’aborder la recherche de solutions professionnelles permettant une reproduction conforme des documents en quadrichromie, imprimés en offset, par rapport à une épreuve de référence préalablement présentée au client.
  • En assurant une meilleure prédiction du résultat imprimé, cette initiative a pour but de réduire les surcoûts consécutifs aux erreurs d’interprétation et à la non-qualité, en limitant les litiges que cela engendre entre les acteurs de la chaîne graphique. Il s’agit donc d’une action légitime car elle s’inscrit dans une logique de défense des intérêts de nos membres et de toute la profession.
Pourquoi le SICOGIF ne s’est-il pas associé à d’autres organisations avant d’entreprendre cette action ?
  • Comme pour les actions qui ont contribué à assurer notre notoriété ces dernières années, c’est après avoir constaté qu’aucune initiative similaire n’avait été entreprise en France ou en Europe que le SICOGIF a décidé de se lancer dans ce projet.
  • Le SICOGIF a choisi depuis plusieurs années de développer son domaine d’expertise notamment autour des questions techniques. La commission technique, qui compte une soixantaine de grands professionnels et techniciens de nos métiers, anime une veille technologique permanente unique en France. Le transfert de savoir, d’expertise et d’expérience qui résulte de ce rassemblement de spécialistes, permet d’aborder l’étude et la réflexion collective pour l’ensemble de la profession.
  • Il existe en France plusieurs organisations professionnelles qui agissent en complémentarité pour représenter la profession. Le SICOGIF a déjà démontré dans un passé récent qu’il était l’apôtre de la concertation avec toutes les organisations représentatives de la profession. Cela a été le cas, notamment, lorsque nous avons sollicité en septembre 2001 l’adhésion de la FICG au projet « trans-e-graph », lequel s’est concrétisé par la signature d’un contrat cadre avec France Télécom. L’expérience a montré que, dans un souci d’efficacité et de réactivité, il était préférable d’associer d’autres organisations à un projet après avoir déjà atteint un certain niveau d’avancement.
  • Comme le SICOGIF l’a déjà déclaré toutes les organisations professionnelles sont les bienvenues pour envisager d’inscrire cette initiative dans le cadre d’une démarche commune soutenue par l’ensemble des organisations représentant les industries graphiques françaises.
Une procédure normalisée devenue nécessaire La nécessité d’adopter une norme s’impose toujours lorsque le marché réalise que celle-ci lui fait défaut. Cette lapalissade est particulièrement appropriée à la situation confuse qui règne depuis plusieurs années au sein de la chaîne de production graphique avec le basculement du tout analogique vers le tout numérique. Confrontés à une succession d’évolution technologique sans précédent, les acteurs de la chaîne, se sont laissés distraire par le miracle de la technologie avec son lot d’intelligence artificielle, censée intégrer dans la « machine » une partie du savoir-faire et l’expertise du professionnel. Mais donneurs d’ordre et producteurs ont récemment pris conscience des limites de cette logique. Ils ont compris qu’il devenait nécessaire de mieux maîtriser l’utilisation des technologies. L’apport d’une procédure normalisée pour certifier une production conforme de l’épreuve, réalisée via un système numérique, va enfin permettre de redonner un sens à la notion d’épreuve « contractuelle ». En effet, depuis l’apparition des flux de production numériques, en l’absence d’un nouveau standard, la profession a conservé comme modèle de référence les anciens systèmes d’épreuves analogiques (Cromalin de DuPont et Matchprint de KPG) en cherchant à équilibrer les nouvelles épreuves numériques sans y parvenir réellement. En adoptant cette procédure, clients et utilisateurs peuvent aujourd’hui prétendre améliorer les niveaux de qualité, de sécurité, de fiabilité, d’efficacité et d’interchangeabilité en bénéficiant des avantages que cela procure : une reproduction des couleurs sans surprise, sans stress, sans perte de temps inutile, sans surcoût. Un marché déstabilisé en attente de solutions En l’absence de standards ou de normes reconnus par les professionnels, le marché est aujourd’hui complètement déstabilisé :
  • L’offre des systèmes d’épreuves numériques s’est considérablement élargie depuis dix ans. Différentes technologies s’affrontent en proposant des solutions dans une gamme de prix de 1 à 100, pour des usages et des fonctions différentes, avec des degrés de précision et des niveaux de qualité variables.
  • Aucun standard ne s‘est affirmé. Chaque constructeur ou distributeur tente d’imposer sa technologie avec une approche marketing visant à convaincre les utilisateurs que son système répond aux exigences des professionnels de l’imprimerie.
  • Chaque utilisateur disposant d’un calibrage « maison », un même système peut produire avec le même fichier des résultats différents selon l’entreprise qui l’utilise.
  • L’équilibrage des couleurs dans une forme imprimante intégrant des épreuves en provenance de différentes sources est devenu un casse-tête pour le conducteur de presse à imprimer, lequel doit constamment rechercher les meilleurs compromis.
Des choix basés sur une approche pragmatique Contrairement aux affirmations des apprentis sorciers, la reproduction conforme et esthétique des couleurs est une alchimie complexe qui prend en compte des aspects scientifiques mesurables (la physique, la chimie, l’optique) ainsi que des phénomènes liés à la sensibilité subjective des individus qui perçoivent les couleurs (aspects physiologique, psychique, voire spirituel). Concevoir une procédure normalisée respectant l’ensemble de ces aspects est par conséquent une tâche difficile qui nécessite de faire des arbitrages pour concilier la théorie et la pratique sur le terrain, en tenant compte de la réalité du marché, sans compromettre la rigueur qui doit accompagner toute démarche professionnelle. Nous avons donc voulu être pragmatiques en tenant compte du décalage actuel entre la théorie et la pratique. Par exemple, nous avons souhaité retenir la norme ISO/CD 12647-2.2 qui définit la valeur spectrale des gammes d’encre mais à ce jour aucun fabricant d’encre ne commercialise des encres respectant cette norme. Les choix fondamentaux qui ont guidé les membres de la Commission technique pour concevoir la pro-cédure ont été les suivants :
  • Proposer une norme disponible pour l’ensemble des professionnels décidés à redonner un sens et une valeur contractuelle à l’épreuve numérique.
  • Ne pas concevoir une procédure trop élitiste qui limiterait son utilisation à quelques initiés.
  • S’inspirer des standards internationaux existants et des normes décrites ou approuvées par des organismes indépendants des fabricants d’équipements ou des fournisseurs de consommables.
  • Concevoir une norme exploitable dans un environnement ouvert, exportable sur l’ensemble des flux numériques et des systèmes d’épreuves référencés.
  • Adopter le principe d’une certification qui implique l’engagement des utilisateurs à respecter un cahier des charges rendu public, contrôlé par une Commission de contrôle de la certification qui valide ses avis à partir de critères objectifs.
Méthodologie adoptée étapes préalables L’essentiel de la procédure repose sur l’utilisation d’une gamme de contrôle basée sur une moyenne d’engraissement et de densité par couleur constatée en pratique auprès des professionnels lors des tests d’impression. Cette gamme pouvant être restituée à l’identique par tous les systèmes d’épreuves numériques référencés, chez des utilisateurs également référencés, selon une procédure déterminée. Les phases principales de notre démarche ont été les suivantes :
  • Conception d’une gamme de contrôle SICOGIF©? exportable sur toutes les solutions d’épreuves numériques susceptibles de produire des épreuves à valeur contractuelle.
  • Réalisation d’une première forme-test et impression chez onze imprimeurs pour permettre d’établir une moyenne des taux d’engraissement et des niveaux de densité par couleur.
  • Analyse, mesure et interprétation des résultats pour déterminer les moyennes à retenir pour la confection de la forme-test « étalon ».
  • Définition des obligations, du cahier des charges et des engagements à respecter par les professionnels graphiques et les fabricants ou revendeurs de systèmes d’épreuves souhaitant utiliser la gamme de contrôle SICOGIF©?.
  • Concertation avec les fabricants d’encre et les fournisseurs d’appareils de mesure.
  • Développement d’une application spécifique pour permettre aux utilisateurs d’analyser la gamme de contrôle et d’éditer un rapport de contrôle pour valider la certification de l’épreuve.
  • Analyse, mesure et interprétation du résultat des tests réalisés par les fournisseurs sur 28 systèmes d’épreuves.
  • Création d’un Comité de Contrôle de la Certification dont la mission est de valider les systèmes d’épreuves et de contrôler le respect des engagements des utilisateurs conformément à la procédure.
  • Présentation de la procédure et des « premiers » systèmes d’épreuves agréés le 17 décembre 2003.
Conditions d’utilisation de la gamme La gamme SICOGIF sera disponible dès le 14 janvier lors d’Intergraphic sur le stand du SICOGIF (T44B) avec l’ensemble des éléments et documents nécessaires à son utilisation, soit :
  • La liste des systèmes d’épreuves numériques ayant obtenu l’agrément de la Commission de Contrôle de la Certification pour l’année 2004.
  • La gamme de contrôle SICOGIF (Type 1.2).
  • La gamme spectrale.
  • La forme test SICOGIF en format TIFF-IT/P1.
  • La forme test de référence imprimée.
  • La brochure explicative pour l’utilisation de la procédure et l’utilisation du logiciel de contrôle.
  • Les engagements à respecter par les utilisateurs.
Le coût d’acquisition de la gamme est fixé à 800 euros (500 euros pour les entreprises adhérentes au SICOGIF) et implique pour l’acquéreur l’acceptation de respecter les engagements décrits dans la procédure. Dès acquisition de la gamme et acceptation des engagements, l’acquéreur sera officiellement référencé comme utilisateur s’engageant à respecter la procédure sur le site www.sicogif.com. L’utilisateur sera autorisé à communiquer ce référencement jusqu’au renouvellement de sa certification à la fin de l’année 2004. Une action qui a mobilisé l’ensemble de la profession La commission technique du SICOGIF, présidée par Yves Roussange, a été mandatée par le Conseil d’administration en janvier 2003 pour élaborer cette procédure normalisée, avec tous les professionnels du secteur et pour l’ensemble de la profession. Rien n’a été laissé au hasard pour garantir la faisabilité technique du projet. La prise en compte des contraintes de chacun des acteurs de la chaîne et les compromis qui en découlent ont été intégrés dans la réflexion avec deux soucis majeurs : respecter les normes internationales existantes et recueillir l’avis d’autres experts français et européens. C’est cette concertation qui a permis d’élargir la réflexion avant de déterminer nos choix définitifs, notamment avec la FOGRA, le Ghent PDF Workgroup, les fabricants d’encre ou d’appareils de mesures densitométriques. Quarante réunions de Commission plénière ou Comité de travail ont été nécessaires pour atteindre notre objectif. Le total du temps passé cumulé par les initiateurs de ce projet et de tous ceux qui ont participé à sa concrétisation représente près de 3000 heures de travail : réunions ; recherche et mise au point de la gamme de contrôle ; mise au point des formes tests ; suivi de l’impression des formes tests ; analyse et contrôle des résultats ; échanges avec les fournisseurs ; élaboration du cahier des charges et des engagements à respecter par les utilisateurs… Si l’expertise de Yves ROUSSANGE a été déterminante dans la conduite de ce projet, l’aboutissement de nos travaux est le résultat d’une réflexion collective à laquelle ont contribué l’ensemble des membres du SICOGIF, des entreprises non adhérentes, des experts et conseils indépendants, des centres de formation technique, des fournisseurs, d’autres associations professionnelles indépendantes. Il convient de remercier notamment les entreprises qui ont participé aux travaux de la commission technique ou aux comités de travail restreints : 2 GCA – AGIR GRAPHIC – ATELIER 2000 – COMPOSITION ET ARTS GRAPHIQUES – DISC – DLW – DULAC IMPRIMERIE – DUO GRAPHIC – EDILOG – ETOILE IMPRIM – FOT IMPRIMERIE – GLMC – GOBELINS, L’ÉCOLE DE L’IMAGE – GRETAG MACBETH – GROUPE SEGO – GROUPE LASKI – GROUPE SIB – GROUPE 3000 – HAFIBA – IMPRIMERIE LECONTE – IMPRIMERIE NATIONALE – IMPRIMERIE LANDAIS – INTERDECO – MANDARINE – MUNDOCOM – OCEAN D’IMAGES – OFFSET PUBLICITÉ – POINT 44 – PPA/MAHÉ – ROTO FRANCE IMPRESSION – SIP – SIRA – SEVENCOLORS – SCREEN ANGEL – UNIVERSAL COULEURS – X-RITE – YMCK PRODUCTIONS –

Plus d'articles sur les chaînes :

Réagir à cet article :
Ajouter un commentaire...