Charles Menoret, président du GMI : "j'ai bon espoir d'une réorientation de la politique fiscale" en France

Le président du GMI, Groupement des Métiers de l'Imprimerie, qui fédère près de 800 entreprises en France, a souhaité faire le point sur l'activité de son groupement en ce début d'année.

MONSIEUR LE PRESIDENT, QUELLE SERA VOTRE POLITIQUE ECONOMIQUE ET FISCALE DANS LES MOIS AVENIR ? L'une de nos premières suggestions en matière fiscale porte sur la taxe professionnelle. Cette taxe pénalise les entreprises et surtout celles des métiers graphiques car les investissements sont plus élevés que la moyenne des autres secteurs pour une rentabilité moindre. Les effets ont été néfastes pour la Profession. Le pouvoir politique nous dit qu 'il nous a entendus et nous pouvons nous réjouir de l'annonce du Président de la République concernant l'exonération pendant 18 mois de la taxe professionnelle sur les nouveaux investissements immédiats sur les entreprises et les emplois. Nous nous sommes entretenus avec le Secrétaire d'Etat aux PME M. Dutreil et j'ai bon espoir d'une réorientation de la politique fiscale et précisément de la création d'un dispositif fiscal pour remplacer cette taxe professionnelle qui ne pénaliserait pas les entreprises. Plus globalement, il faut que le système fiscal et des charges pour les entreprises soient mis à plat pour favoriser la compétitivité des entreprises. Dans chaque région, département nous désignons des délégués qui seront présents auprès des préfets, des conseils régionaux et généraux pour soutenir, défendre les PMI d'imprimerie. La taille moyenne des entreprises adhérentes du GMI fait que nous collons parfaitement à la réalité et que nous sommes une représentation légitime et utile. DANS LE DOMAINE SOCIAL, QUEL EST VOTRE POSITION ? Comme vous le savez la réduction du temps de travail a eu une série d'effets néfastes que nous supportons encore. La branche a signé un accord face à l'attitude extrêmement rigide et dogmatique du gouvernement de l'époque. Les entreprises de moins de 20 salariés, pour la plupart ne sont pas passées aux 35 heures car ni leur activité ni leurs moyens ne leur permettaient...et d'ailleurs ces lois n'ont fait que compliquer une situation déjà difficile dans l'imprimerie qui est composée à 80 % d'entreprises de cette taille. Heureusement que la loi Fillon a donné un quota d'heures supplémentaires...Nous le voulions et l'avions réclamé directement et par l'intermédiaire de notre Confédération. Le choc des 35 heures, les entreprises ont dû l'encaisser et lors de la réunion paritaire de décembre 2003, nous avons convenu de revaloriser les salaires. Cette revalorisation se fera dans un cadre de concertation patronale. Notre souci étant l'union patronale. La commission sociale du GMI considère que nous devrions ajuster certains groupes par rapport à l'existant en y intégrant les emplois de technicien. Des qualifications nouvelles sont de fait apparues, il faut les prendre en compte et les valider. Ceci aura aussi un autre effet favorable, qui sera d'attirer les jeunes vers notre Profession. LA FORMATION EST D'ACTUALITE, COMMENT VOUS Y INSCRIVEZ-VOUS ? Le GMI participe au groupe de travail de la CPNE pour traduire l'accord interprofessionnel du 20 septembre 2003 dans la branche. Nous nous réjouissons comme l'ensemble de nos partenaires de cet accord interprofessionnel et notre branche va se doter d'un accord triennal, ce qui renforcera aussi les dispositifs existants de la branche comme l'Observatoire, l'aide aux CFA etc... Nous avons besoin d'un Observatoire qui nous permette d'orienter outre nos investissements, la gestion de la main d'oeuvre ; le GMI était au commencement de cette instance. Chaque salarié acquiert un droit individuel à la formation et nous allons voir les contrats de Professionnalisation remplacer les contrats par l'alternance. Le GMI s'adapte et l'Association de Formation du GMI a mis en place des formations qualifiantes. L'AFGMI s'inscrit dans la formation continue des PME et artisans en organisant des formations et le GMI incite fortement les entreprises à avoir recours à la formation. Il faut aussi ajouter que les entrepreneurs qui céderont leur entreprise le feront dans de meilleures conditions avec un personnel bien formé...C'est pourquoi l'AFGMI organise des stages d'informations pour la reprise des entreprises. Nous invitons donc les entreprises à consulter l'AFGMI pour les formations dites classiques, mais aussi pour l'Environnement, la Vente etc… VOUS AVEZ ETE ELU EN AVRIL 2003, PUIS REELU EN OCTOBRE 2003, EN 11 MOIS DE PRESIDENCE , QUEL EST VOTRE BILAN ET QUELLES SONT LES PERSPECTIVES ? Comme tout nouveau président, il faut une période de mise en place. Mon expérience de huit année passées au sein du Bureau comme Secrétaire National m'avait permis d'observer et de prévoir les réformes nécessaires qu'il a fallu mettre sur pied immédiatement ; ce qui veut dire qu'il n'y a pas eu d'état de grâce. Le 9 avril 2003 , j'étais élu à la Présidence après un intérim de 10 jours assumé par le Premier Vice- Président M. GERARD et statutairement je suis repassé devant les électeurs le 11 octobre 2003 pour être réélu. La première réforme a été "constitutionnelle" elle a permis de remettre à jour des statuts anciens pour lesquels il y avait urgence à les adapter au contexte actuel des entreprises. Nous avons voulu ouvrir notre organisation ... cela s'est concrétisé dès notre assemblée générale de Lyon par une entrée au sein du Bureau de nouveaux venus et l'accession de certains à de nouvelles responsabilités. Citons : MM COURCOUX, de Vitré, M. OLLIER, de la Bourgogne...M. PLOT ,d'Angers qui accède à la vice-présidence...et au Conseil d'Administration MM GATUSSO de Marseille, JOANNET de Pantin, SCHIFFER de Paris... Cette ouverture s'accompagnent de la désignation de délégués régionaux et départementaux. Nous pouvons aussi dire que dans la plupart des départements le GMI sera représenté dans les Préfectures comme dans les commissions de propagande...Ces délégués sont en prises directes avec le terrain : ils font remonter les informations et nous intervenons ensemble au côté de nos confrères partout où c'est nécessaire. Le GMI a travers cette évolution affirme davantage sa représentativité nationale et sa spécificité de défendre les PME et l'Artisanat. Notre assemblée générale de Lyon qui réunissait plus d'une centaine de participants a permis de mettre à plat les problèmes de la PME d'imprimerie. Cette journée a connu un vif succès. Oui, nous avons abordé la nécessité des investissements, mais en soulignant l'importance du choix qui s'inscrit dans la stratégie de l'entreprise, de la nécessité de mettre en place par l'Etat d'un autre dispositif fiscal que la taxe professionnelle et que lorsque l'entreprise ne peut investir , elle doit travailler en partenariat. C'est une des raisons pour laquelle je travaille activement à la mise en place d'un projet de caution qui verra le jour je l'espère prochainement . Le montant cautionné serait pour ce premier niveau à 200 000 euros. Le but est de soutenir les entreprises dans leurs investissements sans pour autant engager plus qu'il ne le faut le chef d'entreprise et sa famille. Je rappelle que nous sommes un syndicat de PME, d'entreprises patrimoniales que nous faisons leur politique. Voici l'essentiel. Socialement ces derniers mois se sont déroulés heureusement dans une période socialement calme. Aujourd'hui nous avons la reprise des commissions car l'actualité est chargée. Le GMI s'est doté d'une Commission Technique qui apportera un service de conseils grâce à l'expérience acquise des professionnels ; un forum d'échange vient aussi de voir le jour pour nos adhérents. Une véritable synergie se développe entre nos entreprises adhérentes par le GMI qui est en permanence à la disposition des chefs d'entreprise, comme les informations téléphoniques en temps réel tant dans le droit social, du commerce , de l'Environnement que dans la Technique etc…. Le GMI offre une qualité de service de proximité que nous continuerons sans cesse d'améliorer pour la Profession.
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