Alain Touminet, Blanchard Printing : "obtenir un rendu photographique avec nos presses offset"

« Dans quelques années, les trames offset classiques auront disparu ». L’analyse du président de Blanchard Printing, Alain Touminet, est sans détour.

« A une époque où la technologie des imprimantes jet d’encre réalise des merveilles sur le bureau de Monsieur-Tout-le-Monde, l’avenir de l’offset se pose en termes on ne peut plus simples aux imprimeurs : il faut imprimer avec un rendu photographique ou ne plus imprimer du tout ! En adoptant la trame à modulation de fréquence Staccato de Creo et un certain nombre d’évolutions technologies complémentaires, nous nous sommes donc simplement engagés à réussir le grand pari qui se sera imposé à notre métier dans les prochaines années ». Le défi relevé par Alain Touminet et ses 28 collaborateurs est aussi celui d’une imprimerie qui, depuis toujours, en région parisienne mais aussi au-delà, est réputée pour son souci permanent de la perfection et de la qualité du service. Des atouts précieux auprès des grandes entreprises communicantes, des grands nom du luxe et des éditeurs de beaux livres d’art, d’architecture et de photos, clients exigeants et réguliers de Blanchard Printing. Renault, Banque Populaire, L’Oréal, Musées Nationaux, Editions du Seuil, la Maison européenne de la photographie, Hermès et Yves-Saint-Laurent comptent parmi ses références. « Nos objectifs ? Valoriser la communication de nos clients en obtenant un rendu photographique sur nos presses ! » Pour Alain Touminet, l’important est bien de conserver une vision claire et sans concession de son métier ; de devancer les grandes tendances qui se font jour en matière de communication, non sans perdre de vue la mesure et la raison. C’est une question de logique et d’évidences. « Tous, nous sommes sensibles, chacun à notre niveau, aux belles images » constate-t-il. « Nous autres imprimeurs sommes, par conséquent, condamnés à produire les plus belles images qui soient pour assurer la pérennité de notre métier. De même » estime encore le président de Blanchard Printing, « notre rôle d’imprimeur est bien d’apporter une valeur ajoutée au produit du client. C’est la raison pour laquelle Blanchard Printing a toujours recherché les meilleures technologies disponibles sur le marché pour y parvenir. En d’autres termes, il s’agit de reproduire au mieux les originaux et les œuvres qui nous sont confiés, dans un double souci de fidélité et de valorisation ». Incontestablement, cette démarche ne peut passer outre l’utilisation des trames stochastiques – encore appelées aléatoires ou à modulation de fréquence (FM). L’expérience de Blanchard Printing dans ce domaine date de près de dix ans. Dès 1994, en effet, de bons résultats ont commencé à être obtenus sur le site autour d’une solution qui intégrait un RIP Hyphen. L’arrivée de la gravure directe des plaques a, cependant, remis en question cet acquis. Les premières unités d’écriture sur plaques se révélaient, en effet, incapables d’insoler correctement les trames FM, imposant un retour aux linéatures classiques (200/350 lpi). Ce n’est qu’en 2003, à l’occasion du renouvellement du matériel de première génération, qu’une nouvelle tentative a pu être réalisée. Cette tentative s’inscrivait dans la recherche, plus globale, d’une solution qui visait à augmenter le spectre de l’offset et, ce faisant, à pouvoir réaliser des impressions d’images au rendu photographique. Dans le cadre de cette recherche, le parc machines offset a, tout d’abord, été entièrement renouvelé voici un an avec l’entrée en service de deux KBA 105 4 couleurs automatique et 5 couleurs mixte papier/carton avec groupe vernis UV. Puis, trois mois après l’installation d’un CtP Creo Lotem 800 Quantum équipé de la technologie SQUAREspot, la trame FM Staccato 20 micron de Creo a pu être mise en œuvre. « Le spectre colorimétrique est élargi et fait penser à l’hexachromie » Mais comment utiliser la trame Staccato pour qu’elle s’intègre à la stratégie marketing globale de l’entreprise. Pour Alain Touminet, l’alternative était simple. « Il nous était possible, par exemple, d’aligner le CtP sur la trame et de produire de manière normalisée. Cet axe de travail présente l’avantage de nous éviter des corrections sur machine mais elle n’offre, finalement, que très peu d’intérêt car elle résulte d’une sous-utilisation d’une technologie qui mérite d’être mieux mise à profit. Elle la réduit à produire tel que nous le faisons depuis des années. Seul le gain de définition dû à la trame Staccato représente un plus minimaliste dans cette façon de travailler ». Il y a une deuxième voie et elle apparaît bien plus attractive. Elle consiste à utiliser au mieux l’extension de gamut (ou spectre colorimétrique) que la trame Staccato possède en potentiel. C’est cette façon de faire que recommande Alain Touminet. « C’était un peu une remise en cause pour nous mais quels résultats ! » s’exclame-t-il. « Sur les presses, tout d’abord,, il nous a fallu redéfinir de nouveaux standards pour que l’impression quadri ait quasiment le rendu de l’hexachromie. Ensuite, en amont de l’impression, traiter les fichiers d’images était devenu impératif. Nous avons donc mis en œuvre la technologie ICC pour convertir les matrices RVB et conserver ainsi le gamut le plus large possible. Nous avons, enfin, recalé un système d’épreuvage hors norme afin que les clients puissent valider leur commande ». Comment ? Le fichier tramé en Staccato Tiff-1bit issu du flux de production Prinergy est récupéré et dirigé vers une imprimante numérique grand format qui reproduit l’image avec un gamut élargi. Le système fonctionne parfaitement. La sécurité est totale tant au niveau de la structure de l’image que dans sa colorimétrie. L’association subtile entre la maîtrise de la couleur et la finesse de la trame Staccato de Creo aboutit à un rendu d’impression digne d’un tirage photographique. « La stabilité de l’impression est deux fois plus élevée » Cet axe de travail se traduit par une stabilité de l’impression deux fois plus élevée mais elle est, en effet, plus délicate à obtenir compte tenu du grand nombre d’ informations de travail dont il faut tenir compte sur presse. Résultat : un léger surcoût que les clients du luxe, comme, d’une manière générale, tous ceux qui sont habitués aux nombreuses corrections sur machine, comprennent et acceptent de supporter. Néanmoins, au terme des six premiers mois d’utilisation en exploitation industrielle, Blanchard Printing produit déja 30 % des travaux qui lui sont confiés en trame Staccato. « Il est clair que nous avons communiqué auprès de nos donneurs d’ordres sur la technologie Staccato » confie Alain Touminet, « Mais, à mon sens, Creo devrait encore davantage les informer et leur expliquer tout les bénéfices qu’elle apporte. C’est l’unique remarque que je peux leur adresser car la qualité du service après-vente de l’équipe française, la qualité de son écoute, sa réactivité et son efficacité, la formation aussi, me paraissent excellentes ». Stabilité deux fois supérieure, couleurs dignes de l’hexachromie, rendu photographique, mais aussi séchage et mouillages inchangés, absence totale de moiré et de structure de rosettes…, pour Alain Touminet, la trame FM Staccato de Creo est pourvue « d’un très grand potentiel. Creo, c’est évident, a été le fournisseur qui a le plus travaillé pour mettre au point une trame capable de représenter la qualité photographique ». Que rajouter ? … La trame Staccato 10 micron ?

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