Rencontre des syndicats des Arts Graphiques du nord de l'Afrique et du Sud de l'Europe en Tunisie

Cette conférence exceptioinnelle a eu lieu de 27 Février dernier à Hammamet.

Cette Conférence avait pour but d'élaborer des stratégies communes pour la négociation collective. Cette Conférence avait été précédée de réunions identiques qui s'étaient tenues en 2001 au Caire et en 2002 à Tunis et au cours desquelles les participants avaient analysé les différentes situations que l'on retrouve dans ces deux régions entre lesquelles les liens culturels, économiques et syndicaux sont chaque jour un peu plus forts. Cette fois-ci, des dirigeants syndicaux de France, d'Espagne, du Portugal, du Liban, de Palestine, d'Egypte, de Tunisie, du Maroc et d'Algérie s'étaient donnés rendez-vous dans la ville de Hammamet afin d'analyser la situation de chaque pays ainsi que les nouvelles stratégies que les syndicats doivent poursuivre aux niveaux national, régional et international pour garder leur capacité de négociation à un moment où celle-ci est attaquée et sapée par les entreprises. Le séminaire a été ouvert par Abdessalem Jerad, Secrétaire général de l'Union générale des travailleurs tunisiens. Le camarade Jerad a affirmé la volonté de la centrale de renforcer ses relations internationales en continuant d'entretenir de bonnes relations avec le monde arabe et l'Europe. « La négociation collective », a-t-il déclaré, « est primordiale dans la vie d'un syndicat et pour sa force. Pour la maintenir, il nous faut défendre les principes de la liberté, de la démocratie et de la transparence interne. » Il a ensuite poursuivi en affirmant que les syndicats de Tunisie s'opposaient fermement à tout type de discrimination ou de ségrégation. René van Tilborg, qui présidait la Conférence, a pour sa part affirmé, à l'ouverture de la réunion, que le rôle principal du mouvement syndical est de permettre le dialogue et l'unité entre tous les syndicats, quels que soient les pays dont ils proviennent Nicola Constantino, Secrétaire de l'UNI–Europa Secteur graphique, a présenté la proposition de coordination de la négociation collective élaborée par le secteur ces quatre dernières années. Ce travail a permis la création d'une base de données riche en informations et qui est fréquemment consultée par nos affiliés lorsqu'ils sont en cours de négociation des conventions collectives nationales. La proposition a été accueillie avec enthousiasme par les participants au séminaire et elle a été considérée comme un modèle à prendre en considération pour les projets de coordination qui doivent avoir lieu dans cette sous-région d'Afrique Michel Muller, le Vice-président de l'UNI Secteur graphique et coordinateur des syndicats du Sud de l'Europe, a pris la parole à propos des nouveaux points de vue dans la négociation collective. Il a poursuivi en déclarant que « la négociation collective est le résultat de nombreuses années de luttes et de conflits. C'est la base sur laquelle les travailleurs ont exigé que soit reconnue leur dignité. Mais une convention collective n'est pas un trophée que l'on range dans une armoire, c'est un document qui doit être revu et doit mûrir avec le temps ». Michel a entre autres insisté sur le fait que la mondialisation peut mettre en danger la négociation collective dans le sens où la délocalisation de la production d'un pays à l'autre se fait toujours dans le but de trouver une main-d'œuvre moins chère et est un processus complètement dépourvu de règles. « Cet état de faits nous oblige», a-t-il déclaré, « à créer des espaces qui nous permettent d'élaborer des stratégies revendicatives communes comme celles que le secteur est en train de mettre au point vis-à-vis de certaines multinationales comme Quebecor. » « Nous, les dirigeants syndicaux, devons être capables d'instituer des accords mondiaux qui nous permettront d'imposer des normes minimales dans toutes les sociétés, dans toutes les parties du globe. » Enfin, il a abordé le fait qu'en 2010, l'Union européenne allait mettre sur pied un accord de libre échange avec les pays du Nord de l'Afrique. « L'Europe doit s'ouvrir sur la Méditerranée », a-t-il fait remarquer, « et ses dirigeants syndicaux doivent relever le défi de développer le volet social dans cette région. »

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