Un conducteur offset de Cholet, meilleur ouvrier de France 2003

Employé de l'imprimerie Siaudeau, Antoine Jehanno vient d'obtenir ce titre prestigieux en réalisant 2 affiches.

Agé de 30 ans, il travaille dans cette imprimerie de labeur de 5 salariés située en plein coeur de Cholet et qui réalise un chiffre d'affaires de 700.000 euros depuis quelques années. Les deux affiches qui lui ont valu cette distinction ont été imprimées en 7 couleurs dont un or. Elles sont actuellement exposées au Futuroscope, à Poitiers. La remise des prix aura lieu le 21 juin prochain à Paris, à la Sorbonne. Elle sera suivie d'une réception à l'Élysée. A l’origine de l’histoire des Meilleurs Ouvriers de France, se trouve un homme remarquable, Lucien Klotz (1876-1946), critique d’art et journaliste, qui fut le véritable promoteur de " l’idée M.O.F. ". Défenseur de la création sous toutes ses formes, celle-ci devant assurer à son auteur un droit certain sur ses découvertes ou sur ses œuvres, cet homme enthousiaste et généreux mena au début du siècle, dans toute la presse et à travers une série de conférences, plusieurs campagnes qui aboutirent avec l’appui des organisations compétentes, au vote de plusieurs lois toujours en vigueur, parmi lesquelles la loi sur les Droits d’auteurs aux artistes, la loi sur la propriété scientifique, la loi sur la protection des modèles de couture, etc. Sensible à la crise de l’apprentissage qui s’annonçait grave pour l’artisanat, l’industrie et les métiers d’art, Lucien Klotz élabora, dès 1913, l’idée d’une grande Exposition nationale du travail " à laquelle pourraient prendre part - sous réserve d’admission par un jury dûment désigné - tous les travailleurs désireux d’affronter le jugement des compétences et celui du grand public ". Fort de la sensibilisation qu’il avait créée par ses campagnes de presse, Lucien Klotz organisa une conférence au " Matin " à laquelle participèrent plusieurs industriels et présidents de chambres syndicales. Cette conférence aboutit à la formation d’un Comité, dont Paul Templier, Président de la Chambre syndicale de la Bijouterie-Joaillerie-Orfèvrerie, fut nommé Président, Lucien Klotz en devenant le secrétaire général. Il fut décidé de demander l’appui du gouvernement afin de faire aboutir l’idée d’une exposition périodique et de promouvoir une action de grande envergure en faveur du travail manuel et de l’apprentissage. En 1919, Alexis Charmeil, Directeur au ministère du travail, lui apporta le soutien du gouvernement. En 1920, Lucien Klotz utilisa le journal " Le Moniteur de l’Exportation " pour propager ses idées dans les milieux patronaux et ouvriers et pour convaincre chacun de la nécessité de créer une grande Exposition du travail où serait désigné chaque année " Le Meilleur Ouvrier de France ". En 1921, Pierre Rameil, parlementaire, rapporteur du budget des Beaux-Arts, déposait sur le bureau de la Chambre, une proposition de résolution tendant à la création d’un Salon du Travail. Il démontra que, dans le cadre même de la loi du 25 juillet 1919 (loi Astier), on pourrait trouver immédiatement les éléments nécessaires à la réalisation de la " Fondation d’une Exposition du Travail ". En 1922, interviewé par l’auteur de la campagne, Lucien Dior, Ministre du Commerce, donna son accord, devançant ainsi les décisions de la Chambre, et l’on put voir dans le " Matin ", en première page, sur deux colonnes, dans le numéro du 26 novembre 1922, le portrait du ministre et sa déclaration :

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