Alliance FICG-CSNRBD : le discours de Guy Beaufort

GraphiLine restranscrit in extenso, le discours prononcé par le président de la Chambre Syndicale de la Reliure, Brochure, Dorure, lors de la signature officielle de l'alliance signée entre son syndicat et la FICG.

Mesdames, Messieurs, Tout d’abord j’aimerais vous remercier d’avoir répondu à cette invitation commune. Même si je pense que toutes les personnes ici présentes connaissent l’organisation que je préside, permettez-moi d’en dresser un bref portrait. La Chambre Syndicale de la Reliure Brochure Dorure regroupe sous un même dénominateur métier « reliure-brochure-dorure », une grande diversité d’activités, de savoir-faire et d’entreprises.  Les relieurs et doreurs main, talentueux artisans qui perpétuent l’art de la reliure classique, et savent aussi être des créateurs originaux.  Les relieurs « semi-mécanisés » capables de traiter des ouvrages en petites et moyennes séries pour les bibliothèques et les administrations.  Les relieurs industriels qui réalisent chaque année plusieurs millions d’ouvrages d’édition : bandes dessinées, livres d’art, encyclopédies, dictionnaires, guides etc…  Les brocheurs industriels, qui assurent dans des délais toujours plus courts le brochage de revues et de catalogues à forts tirages, la pose de produits plus, la personnalisation et le routage dans certains cas. Autant d’activités mettant en œuvre une multitude de savoir-faire qui font la richesse de cette profession. Au cours de ses 110 ans d’existence, la Chambre Syndicale s’est efforcée d’accompagner au mieux les entreprises d’un secteur, qui comme tout autre, a dû s’adapter aux mutations de l’environnement. Le contexte dans lequel nous évoluons aujourd’hui est difficile : concentration des marchés, mondialisation des échanges, regroupement des activités, avec pour conséquence alarmante la dévalorisation progressive des prestations. Si les évolutions technologiques ont permis aux imprimeurs de réaliser des gains de productivité, il n’en est pas de même pour la FINITION. Malgré les efforts d’investissement consentis pour moderniser son outil de production, notre secteur reste une industrie où la main-d’œuvre représente le poste de charge le plus important (jusqu’à 60 % du chiffre d’affaires selon les entreprises). Fragilisées par le tassement des prix et l’érosion des marges, bon nombre d’entreprises ont subi le contrecoup de la mise en place des 35 heures sans avoir de marge de manœuvre pour en absorber le coût financier. Plusieurs de nos confrères ont disparu ces trois dernières années. Pour enrayer cette hémorragie qui pourrait aboutir à la disparition de tout un pan des industries graphiques, l’ensemble des acteurs doivent s’engager dans une démarche concertée afin d’agir sur le marché pour une réelle valorisation des prestations de finition. Enfin, par la mise en œuvre d’actions collectives industrielles dans une approche territoriale, basée sur la rationalisation des moyens existants, nous devons empêcher une logique de suréquipement dont les conséquences néfastes sur les prix sont prévisibles. Les défis à relever sont nombreux. Dans ce paysage recomposé des industries graphiques, les entreprises doivent s’engager dans une réflexion globale sur leur fonctionnement pour être plus créatives, plus réactives et plus compétitives. Les clefs de la réussite et de la pérennité des entreprises se situent entre autres :  dans l’anticipation de la demande des donneurs d’ordre  dans la proposition de solutions techniques et technologiques innovantes  dans la réelle valorisation de leurs prestations L’avenir de la profession repose également sur une action concertée pour :  mieux nous faire connaître  valoriser nos savoir-faire  défendre les intérêts des entreprises du secteur  développer et mettre en place des outils de formation adaptés Dans son rôle d’accompagnateur, la CSNRBD se doit d’être à l’écoute de ses mandants, et d’évoluer elle aussi pour rester en adéquation avec la réalité des entreprises qu’elle représente. A cette fin, la CSNRBD et la FICG ont fait le choix, depuis plusieurs années déjà, de travailler dans un esprit de « collaboration intelligente », notamment dans les domaines de la formation, du social ou encore de l’emploi, avec en guide permanent aux actions menées en commun, l’idée que l’union des forces et des moyens devait servir les intérêts de tous et de chacun. L’accord de stratégie d’alliance que nous signons aujourd’hui est un prolongement logique à ce partenariat. La création du comité de liaison formalisant ce rapprochement ne remet pas en cause l’autonomie statutaire et juridique des deux organisations fondatrices, qui conservent leur entière légitimité sur leur domaine respectif. Ainsi, la CSNRBD conserve : - toute autonomie de décision quant aux spécificités conventionnelles applicables aux entreprises relevant du code NAF 222 E notamment en matière de négociations sur les salaires et les classifications - toute légitimité en matière de représentation, promotion et défense des entreprises de reliure brochure dorure, qu’elles soient artisanales ou industrielles Afin de gagner en efficacité, les deux organisations fondatrices ont décidé de regrouper leurs forces sur un même lieu de travail. Ainsi, la CSNRBD intègrera de nouveaux bureaux dans les locaux de la FICG à partir du 6 mai 2004. De même que la profession s’organise et se concentre pour répondre à la demande du marché, la FICG et la CSNRBD s’associent sur la base de leurs complémentarités afin d’apporter un service plus performant aux entreprises de la branche. Ce rapprochement ne constitue en aucun cas une fusion des deux organisations. En adhérant à ce projet, la CSNRBD s’engage en tant que partenaire d’une nouvelle « double alliance » au service de l’ensemble des entreprises d’un même grand secteur : la filière graphique. Paris, le 26 avril 2004.

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