Alliance FICG-CSNRBD : le discours de Jacques Chirat

GraphiLine restranscrit in extenso, le discours prononcé par le président de la FICG, lors de la signature officielle de l'alliance signée entre sa fédération et la CSNRBD.

Dès mon élection à la présidence de la Fédération, l'une des premières missions que j'ai assignées à mon mandat était d'écouter. Ecouter pour partager. Ecouter pour réagir. Ecouter pour construire. Ecouter pour partager, parce qu'il nous faut prendre la mesure de la vulnérabilité de notre secteur industriel tous segments confondus et replacer au cœur d'une logique de filière la réorganisation de ses modes de production et de répartition de la valeur. Ecouter pour réagir, car notre force et nos atouts compétitifs reposent avant tout sur notre tissu de PME familiales solidement implantées dans les territoires qui créent chaque jour, contre vents et marées, les conditions de leur adaptation permanente à la nouvelle donne industrielle qui redessine le secteur. Ecouter pour construire, parce que la méconnaissance de la place et de la réalité de notre industrie est forte dans la collectivité nationale et les pouvoirs publics, avec les conséquences que ce déficit d'image ne manque pas d'avoir sur des pans entiers de notre branche et tout particulièrement dans celui de la finition. Si la valorisation des imprimés par la finition est une donne aujourd'hui incontournable, encore faut-il que l'ensemble de la filière accepte d'en payer le juste prix et que les donneurs d'ordre rompent avec leur stratégie du court terme qui aboutit à une dilution de la valeur de nos prestations communes. Si la compétitivité de l'industrie graphique française est potentiellement forte, encore faut-il qu'elle puisse se battre à armes égales avec ses principaux concurrents européens et que l'harmonisation des systèmes fiscaux, sociaux et juridiques soit la priorité des priorités de nos instances politiques si l'on veut éviter le renforcement des discriminations concurrentielles destructrices du tissu des entreprises et de l'emploi. S'il est urgent de redonner à la notion de filière graphique ses lettres de noblesse, encore faut-il que les fournisseurs de matériel comprennent que les déséquilibres surcapacitaires et les financements abusifs nuisent à l'ensemble du tissu graphique et menacent considérablement l'espérance de vie des entreprises saines. S'il est nécessaire de s'adapter à la production en flux tendus, encore faut-il que chacun à sa place, client et fournisseur, comprenne que la production de richesses et leur répartition ne fonctionnent que dans le cadre de modèles économiques viables. C'est pourquoi : Prendre acte que la filière graphique est une et indivisible, c'est anticiper les mutations industrielles qui affectent ses modes opératoires et recomposent ses compétences. Prendre acte que la filière graphique est une et indivisible, c'est construire les outils qui permettront d'enrayer la sous-valorisation des prestations dont souffre le secteur quel que soit le segment ou la taille des entreprises. Prendre acte que la filière graphique est une et indivisible, c'est comprendre que les segments de la chaîne graphique sont indissociablement liés dans la refondation de leur valeur respective mais aussi dans l'équation perdant/perdant que la pression concurrentielle d'un marché désorganisé nous impose. Prendre acte que la filière graphique est une et indivisible, c'est intégrer dans nos comportements commerciaux que la valeur d'un produit dépend aussi de la place que l'on réserve à ceux qui en apportent la valeur ajoutée finale. Prendre acte que la filière graphique est une et indivisible, c'est construire un modèle industriel qui rompt avec les pratiques anciennes et marie toutes les spécificités dans un processus global, de l'amont à l'aval. Prendre acte que la filière graphique est une et indivisible, c'est prendre conscience qu'un segment où la part de main-d'œuvre peut représenter jusqu'à 70 % de sa valeur ajoutée est un segment vulnérable qu'il convient de consolider en l'adossant à une stratégie visant à conforter toutes les composantes de la chaîne. Prendre acte que la filière graphique est une et indivisible, c'est dépasser, pour le modèle impression/finition, le rapport fournisseur/client pour construire un modèle de co-traitance. Pour donner vie à ces principes, il manquait un outil qui redessine le paysage graphique autour de pôles de compétences ancrés dans les bassins industriels. C'est désormais chose faite avec la pose aujourd'hui de la première pierre de notre édifice commun. Longue vie à notre engagement.

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