Premier trimestre d'activité calme pour Agfa

Pour le constructeur belge, le premier trimestre 2004 a démarré lentement avant d'accélérer en Mars. Le groupe confirme en outre les bons résultats de son plan de baisse des coûts.

Lors du premier trimestre de 2004, les ventes d’Agfa ont atteint 868 millions d’euros, une diminution de 15,5 pour cent par rapport à la même période en 2003. Si l’on ne prend pas en compte les effets de la cession de Non-Destructive Testing et la force de l’euro, le chiffre d’affaires du groupe a diminué de 6,8 pour cent. Alors que la situation du début de l’année était particulièrement terne, au mois de mars, le chiffre d’affaire a augmenté dans tous les business groups. Malgré un fléchissement des ventes, des effets de change négatifs et une augmentation des prix des matières premières, la marge bénéficiaire brute du groupe a atteint 42,4 pour cent, une forte augmentation par rapport au trimestre passé. Cette amélioration s’explique par la volonté persistante d’Agfa d’améliorer l’efficacité de ses installations de production. Le bénéfice brut s’est ainsi élevé à 368 millions d’euros, par rapport à 451 millions d’euros à la même période en 2003. Les initiatives de réduction des coûts continuent de payer. Les coûts des ventes et les frais généraux administratifs ont diminué de 11,4 pour cent. Les frais de recherche et de développement sont en baisse de 12,1 pour cent, ce qui est principalement dû à une forte diminution des frais de Consumer Imaging : la gamme de laboratoires de finition photo ayant été complétée par le lancement du minilaboratoire numérique d-lab.1 et du laboratoire de finition photo professionnel d-ws. Les charges de restructuration et les dépenses non récurrentes se sont maintenues à 8 millions d’euros. Les autres charges d’exploitation sont passées de 27 millions d’euros à 21 millions d’euros. Le résultat d’exploitation du groupe s’élève à 46 millions d’euros, par rapport à 85 millions d’euros à la fin du premier trimestre de 2003. La rentabilité sur chiffre d’affaires est tombée à 5,3 pour cent, contre 8,3 pour cent au premier trimestre de 2003. Les résultats hors exploitation, qui incluent les charges financières, ont connu une augmentation de -21 millions d’euros à -15 millions d’euros en raison de la diminution de la dette financière nette et des fluctuations positives des taux de change. Le résultat avant impôts a atteint 31 millions d’euros (année précédente : 64 millions d’euros). En raison du bénéfice net de 20 millions engendré par le groupe, les impôts se sont élevés à 11 millions d’euros. Le bénéfice par titre a atteint 16 centimes d’euro, contre 28 centimes d’euro au premier trimestre de 2003. Bilan Fin mars 2004, l’actif se chiffrait à 3.551 millions d’euros, contre 3.839 millions d’euros à la fin de 2003. Cette diminution de 288 millions d’euros est due au fait que le produit de la cession de NDT, qui a eu lieu peu avant la fin de l’année, a été utilisé pour diminuer la dette financière. En raison de l’augmentation saisonnière des stocks, ces derniers se sont élevés à 863 millions d’euros, c’est-à-dire plus qu’à la fin de 2003. Cependant, par rapport à la même période en 2003, les stocks ont diminué de 139 millions en raison des impacts des taux de change et de la volonté de réduire ces stocks. Les créances se sont élevées à 814 millions d’euros. Agfa a mis sur pied plusieurs projets visant à diminuer sensiblement encore les fonds de roulement d’ici fin 2005. Les fonds propres ont atteint 1.391 millions d’euros, contre 1.371 millions d’euros à la fin de l’année 2003. Cash-flow L e cash-flow brut d’exploitation pour le premier trimestre de 2004 s’élève à 54 millions d’euros (année dernière : 98 millions d’euros) tandis que le cash-flow net d’exploitation a atteint 11 millions d’euros. Cette large différence entre le cash-flow net et le cash-flow brut d’exploitation s’explique par le paiement, au cours du premier trimestre, de taxes sur plus-value de la cession de NDT. Business Groups Fin mars 2004, le Graphic Systems contribuait à hauteur de 44,5 pour cent au chiffre d’affaires du groupe (année précédente : 40,6 pour cent) et HealthCare, à hauteur de 33,6 pour cent (année précédente : 33 pour cent). La part de Consumer Imaging a chuté de 18,7 pour cent à 17,9 pour cent du chiffre d’affaires. Specialty Products, qui regroupe les activités de l’ancien Industrial Imaging ainsi que les ventes des films NDT, a contribué à hauteur de 4 pour cent du chiffre d’affaires. Les ventes de Graphic Systems se sont chiffrées à 386 millions d’euros, une diminution de 7,4 pour cent par rapport à la même période en 2003. Hors effets de change, la diminution se limite à 2,4 pour cent et s’explique, entre autres, par le fait que les clients aient reporté leurs investissements en vue du salon Drupa, qui se tient au mois de mai. Après un lent démarrage en janvier et février, le chiffre d’affaires de Graphic Systems a largement augmenté au mois de mars, une tendance qui s’est confirmée en avril. Le résultat d’exploitation a, de son côté, diminué de 33,9 à 20,9 millions d’euros. La rentabilité sur chiffre d’affaires s’est élevée à 5,4 pour cent, contre 8,1 pour cent pour le premier trimestre 2003. Peu avant l’ouverture du salon Drupa, le plus grand salon du secteur de l’imprimerie, qui n’a lieu que tous les quatre ans, Agfa a lancé plusieurs nouveaux produits. La gamme CtP a été étendue avec l’apparition de nouveaux systèmes d’exposition de plaques pour les impressions de journaux ainsi que pour les imprimeurs de labeur et d’emballages. Agfa a également lancé sa première plaque d’impression thermique sans chimies, :Azura, et une seconde version du logiciel de gestion du flux de production :ApogeeX, adaptée tant aux imprimeurs de labeur et aux producteurs d’emballages de petite ou de grande envergure. Dans sa volonté de se forger une position dominante dans le secteur de l’impression numérique industrielle, Agfa a annoncé sa collaboration avec le fabricant de machines de sérigraphie Thieme, dans le but de développer une presse numérique à jet d’encre pour sérigraphies. Agfa compte également approfondir sa collaboration avec Xaar pour développer une nouvelle génération de têtes d’impression à jet d’encre. De plus, la première presse numérique industrielle à jet d’encre de la société récemment acquise, dotrix, a été installée au Royaume-Uni. Les faiblesse des ventes de HealthCare durant les deux premiers mois de l’année s’explique par les effets conjugués d’une diminution des dépenses hospitalières et d’un certain nombre de facteurs incidents. Néanmoins, les résultats de mars et d’avril sont réjouissants et Agfa est convaincue que HealthCare continuera de croître, tout en maintenant une position forte. Au premier trimestre, le chiffre d’affaires a atteint 292 millions d’euros, une diminution de 13,9 pour cent (ou de 7 pour cent hors effets de change) par rapport à la même période en 2003. Le résultat d’exploitation s’est élevé à 36,4 millions d’euros, contre 66,7 millions d’euros en 2003. La rentabilité sur chiffre d’affaires a atteint quant à elle 12,5 pour cent, contre 19,7 pour cent l’année précédente. Au début de l’année, Agfa annonçait la signature d’un nouveau contrat de trois ans avec le département d’achats groupés américain Premier, qui prévoit qu’Agfa fournira des solutions de radiographie assistée par ordinateur aux quelque 1 500 hôpitaux membres de Premier. Récemment, Premier a également choisi de faire confiance à Agfa pour ses systèmes PACS. Toujours aux États-Unis, Agfa a étendu son contrat exclusif qui prévoit la fourniture de films à développement humide avec la centrale d’achat hospitalière HPG, qui représente plus de 1.000 hôpitaux. Agfa continuera de bénéficier du statut de fournisseur privilégié de solutions de films à sec, de réprographes et de radiographie assistée par ordinateur. Signalons par ailleurs l’Atlantic Health Sciences (regroupant 12 hôpitaux), qui est le premier établissement d’Amérique du Nord à mettre en œuvre un système d’information radiologique d’Agfa. En Europe, bon nombre d’hôpitaux ont également opté pour Agfa pour l’installation de systèmes PACS. L’un des contrats les plus importants a été signé avec le Leeds General Infirmary, l’un des huit hôpitaux du groupe hospitalier Leeds Teaching Hospitals. Cette installation est la première étape de ce qui deviendra l’un des plus importants programmes PACS de Grande-Bretagne. Un programme d’une valeur de plusieurs millions d’euros. En matière de solutions départementales, les alliances récemment scellées avec Hectec dans le domaine de l’orthopédie et avec Heartlab pour la cardiologie ont donné naissance à d’importants nouveaux contrats, tels que le contrat signé avec l’hôpital belge ASZ (Alost), qui va intégrer la solution d’Agfa dédiée à la cardiologie à son PACS existant. Après le premier trimestre de 2004, le chiffre d’affaires de Consumer Imaging s’élevait à 155 millions d’euros, une diminution de 19,3 pour cent (15,6 pour cent à taux de change stables) par rapport à la même période en 2003. Le programme de diminution des coûts mis en place l’année dernière fonctionne très bien et a permis de compenser les effets d’un chiffre d’affaires en baisse. Le résultat d’exploitation s’est donc maintenu à moins 19,0 millions d’euros (année précédente : -21,4 millions d’euros). Les marchés de Consumer Imaging sont caractérisés par l’abandon de plus en plus marqué de la photographie analogique au profit de la photographie numérique, ce qui s’est traduit par une forte chute des ventes de films au cours des six derniers mois. L’avenir du papier photo s’annonce néanmoins plus positif puisque le nombre de photographies numériques imprimées sur papier photo est en forte croissance. Le passage au numérique se poursuit, ce qui a pour effet de développer le marché des équipements de laboratoire. Le nouveau minilaboratoire numérique d-lab.1 ainsi que le laboratoire de finition photo professionnel d-ws d’Agfa ont tous deux été lancés au cours du premier trimestre et ont rencontré un franc succès. Puisque la capacité de production à été peu à peu étendue au cours de ce premier trimestre, les répercutions positives sur le chiffre d’affaires ne seront visibles qu’à partir du second trimestre. Des mesures ont également été prises afin d’accroître encore la production dans le but de combler l’important arriéré de production. L’étude de faisabilité entreprise par Agfa au cours des derniers mois à propos de sa possible séparation de Consumer Imaging a récemment abouti. Afin de pouvoir réagir aux changements d’environnement avec un maximum de flexibilité, Agfa va proposer à l’Aufsichtsrat (le conseil de surveillance) de sa filiale allemande de séparer ce business group et de le gérer comme une entité séparée. En cas d’acceptation, les procédures habituelles d’information et de consultation avec les partenaires sociaux seront activées. Specialty Products recouvre principalement les pellicules cinématographiques, les microfilms et les films pour tests non destructifs, qu’Agfa fournit à la General Electric Company par un contrat exclusif à long terme. Le chiffre d’affaires de Specialty Products s’est élevé à 35 millions d’euros, avec un résultat d’exploitation de 8,2 millions d’euros. Perspectives Même s’il est trop tôt pour parler d’une amélioration solide et conséquente dans le secteur, des indicateurs clairs laissent présager de meilleures perspectives pour les mois à venir. Graphic Systems a enregistré deux mois consécutifs durant de fortes ventes en mars et avril et devrait bénéficier d’un effet « post-Drupa ». HealthCare continue sur la bonne voie. Les marchés de Consumer Imaging souffrent toujours de grandes incertitudes, mais les effets saisonniers ainsi qu’une augmentation des ventes d’équipement de laboratoire amélioreront la situation dans les mois à venir. Entre-temps, Agfa poursuit la mise en œuvre du Plan Orion, qui sera d’application jusqu’à la fin de l’année 2005. Ce plan a pour objectif de stimuler la croissance et d’améliorer encore la qualité des produits et systèmes. En analysant attentivement et en adaptant ses processus d’entreprise, Agfa souhaite parvenir à diminuer encore ses coûts à hauteur de 200 millions d’euros. Le groupe s’efforcera aussi de réduire ses coûts de vente et administratifs à hauteur de 22 pour cent de son chiffre d’affaires et réduira ainsi de façon significative les fonds de roulement.

Plus d'articles sur les chaînes :

Réagir à cet article :
Ajouter un commentaire...