Conjoncture : la croissance confirmée par l'INSEE

C'est la teneur de la dernière analyse de conjoncture de l'institut français d'études statistiques.

La reprise de la croissance en Europe depuis la mi-2003 a été confirmée par les chiffres du premier trimestre : +0,6% en zone euro et +0,8% en France. La consommation des ménages et les exportations sont les deux moteurs de cette croissance, mais selon un dosage variable suivant les pays. En Allemagne, les ventes à l'étranger ont expliqué la totalité de la croissance, alors qu'en France, le rôle majeur a été tenu par la demande intérieure. À l'augmentation de la consommation s'est ajouté en effet un redémarrage de l'investissement. En zone euro, le climat des affaires s'améliore lentement. Les incertitudes suscitées d'abord par la baisse du dollar, puis par la flambée des prix des matières premières et du pétrole, tempèrent l'optimisme de fond généré par la forte croissance mondiale. La consommation progresse modérément. La confiance des ménages reste affectée par le niveau du chômage, la reprise n'ayant pas encore eu d'effet notable sur l'emploi. Dans ce contexte, une croissance voisine de 0,5% est attendue, en France comme en zone euro, au deuxième trimestre. À la fin du printemps, l'environnement international de la zone euro reste très porteur. Aux États-Unis, l'accélération des créations d'emplois accrédite l'idée que l'augmentation des revenus salariaux va prendre le relais des baisses d'impôts pour soutenir la consommation. Ainsi la croissance américaine resterait vigoureuse jusqu'à la fin de l'année, même si une légère décélération devrait résulter du resserrement des conditions monétaires. Avec la stabilisation de la monnaie unique, la zone euro s'installerait sur une croissance un peu inférieure à 2%, en rythme annualisé. Elle bénéficierait du développement des exportations et d'un raffermissement de la demande intérieure, l'investissement progressant avec les perspectives de demande. Mais la consommation resterait bridée car la reprise n'a pas atteint le stade où elle a des effets notables sur la masse salariale. L'économie française enregistrerait au second semestre une croissance un peu supérieure à celle observée en moyenne dans la zone euro. Son avantage relatif en terme de demande intérieure enregistré en début d'année se prolongerait en s'atténuant. L'investissement continuerait de progresser, mais la consommation serait freinée au troisième trimestre, avant de se redresser au quatrième, par les effets retardés de revenus moins favorables au premier semestre et de l'érosion du pouvoir d'achat liée à la flambée des prix du pétrole. L'inflation resterait à 2,4% en juin, après 2,6% en mai, avant de revenir en dessous de 2% en fin d'année. L'augmentation des quotas de production permettrait une détente des cours du pétrole, qui resteraient cependant élevés en raison de la vigueur de la demande mondiale, notamment asiatique. Le PIB progresserait à partir de l'été à un rythme un peu supérieur à 2%. En moyenne annuelle, la croissance de 2004 serait ainsi de 2,3 %. Neuf mois après l'activité, l'emploi salarié marchand, qui ne s'était pas complètement ajusté dans la phase descendante du cycle, recommencerait à croître à partir du deuxième trimestre. Malgré la baisse du premier trimestre, il progresserait ainsi de 40 000 en 2004. Le taux de chômage serait poussé à la hausse en milieu d'année par des réinscriptions à l'ANPE. Il s'inscrirait sur une tendance de baisse modérée au quatrième trimestre et serait de 9,8% en décembre. À court terme, l'aléa le plus susceptible d'affecter la croissance en zone euro réside dans les cours du pétrole, devenus très sensibles à la situation au Moyen-Orient. Leurs variations, en se répercutant rapidement sur la demande intérieure, peuvent retarder -ou accélérer- le retour esquissé vers une croissance équilibrée. Copyright INSEE 2004

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