Le GMI entame un tour de France des régions

A l’occasion de la rencontre régionale des Métiers de l’Imprimerie des Pays de la Loire qui se tiendra le 7 octobre 2004 à Nantes et qui prélude des réunions en PACA, Rhône-Alpes et Lorraine, le président du GMI (Groupement des Métiers de l'Imprimerie), Charles Menoret a tenu à faire un point sur le secteur des Arts Graphiques et l'action de son groupement.

Que représente la branche de l’imprimerie aujourd’hui en France ? La branche de l’imprimerie et les activités annexes constitue en France un poids économique important puisqu’elle emploie environ une centaine de milliers de salariés qui se répartissent sur environ 10 000 entreprises, étant rappelé que certaines exercent sous un autre code NAF. Il conviendrait donc d’ associer à l’imprimerie de labeur aussi d’autres activités plus spécifiques utilisant l’imprimerie comme la sérigraphie, la publicité graphique (4500 entreprises), l’édition, le cartonnage, la presse écrite, etc.Le chiffre d’affaire annuel de la seule branche labeur est de l’ordre de 6,7 milliards d’euros. Sur 10 entreprises,9 ont moins de 20 salariés : ce sont des PME-PMI ou des entreprises artisanales. L’imprimerie est donc présente partout et le tonnage transformé en France par l’imprimerie de labeur correspond à 60% de la consommation apparente de papier laquelle est évaluée à 4 millions de tonnes. C’est un marché mondialisé ; les cours du papier ont chuté jusqu’en 1993, depuis la hausse est continue. Evidemment, comme dans tous les secteurs industriels, notre branche a vu sa productivité grimper de façon impressionnante ce qui a eu pour effet une diminution des effectifs salariés par rapport au tonnage transformé. Mais la France reste quand même en arrière de l’Allemagne et du Royaume-Uni en ce qui concerne la quantité de papier consommé par habitant. Alors que nos deux voisins, sont en avance dans les domaines de l’environnement, ils n’ont pas eu peur d’imposer le papier comme solution écologique ; car le papier est un produit vivant et biodégradable. Il ne faut donc pas écouter le faux procès du « 0 » papier ! Outre que c’est une erreur, la filière papier englobe aussi l’agriculture pour la forêt et l’industrie pour sa fabrication, sa transformation et sa diffusion. La chaîne graphique doit donc être plus que jamais valorisée car non seulement c’est une nécessité économique et écologique comme dans l’emballage, mais aussi pour la Culture. L’Histoire s’est faite par l’écrit et l’imprimerie reste encore le moyen mécanique pour la transmettre, pour véhiculer les idées, la pensée. L’imprimerie a compris dès les années 70 qu’ il fallait intégrer l’informatique dans les procédés de fabrication. La communication est donc devenue un vaste ensemble où les frontières ne peuvent se matérialiser facilement. Nous profitons donc des nouvelles technologies pour dynamiser davantage notre secteur industriel, ce qui a pour conséquence supplémentaire de modifier la nature des emplois. La profession en partenariat avec l’Education Nationale, forme les jeunes aux métiers graphiques (CAP, BEP, BAC PRO, BTS, Licence, diplôme d’ingénieur de l’Ecole Française de Papeterie et des Industries Graphiques), lesquels intègrent de fortes connaissances techniques. A cet égard, d’ici dix ans, nombre d’emplois peuvent disparaître... le renouvellement des départs en retraite nous préoccupe beaucoup-ce souci va jusqu’à la transmission d’entreprises. Faute de repreneurs, combien d’entreprises pourraient cesser leur activité si la relève n’arrive pas... J’appelle donc toutes celles et ceux qui veulent transmettre leur entreprise à s’engager dix ans avant la passation. Les cédants et les candidats à la reprise peuvent nous contacter ; nous les aiderons. Pour cela, nous organisons aussi des sessions à la reprise des entreprises avec des spécialistes et des chefs d’entreprise qui ont passés le relais. Que représente l’imprimerie dans les Pays de Loire et notamment en Loire-Atlantique ? L’imprimerie de labeur dans la région ce sont 500 entreprises et pour le seul département de la Loire-Atlantique, 200, plus une centaine d’agence de publicité gpaphique. Je n’oublierai pas le lourd passé industriel d’imprimerie des cartonnages et entreprises de presse écrite implantées dans la région. Elles participent au dynamisme économique de la région, aux équilibres sociaux par les emplois salariés ainsi qu’à la transmission de la culture. Le papier y puise un riche passé. L’histoire des papeteries comme celles implantées le long de la Sèvre Nantaise nous le rappelle. Moi-même, je suis un petit-fils de papetier, né près de Clisson à Cugand exactement. L’association PRO ARTE GRAFICA avec son musée de l’Imprimerie à Nantes et l’association POUR LES ARTS GRAPHIQUES en Vallée de Clisson et de la Sèvre Nantaise s’inscrivent dans la démarche de cette mémoire. Le GMI est partenaire dans ces actions culturelles ; personnellement, comme membre fondateur de l’association clissonnaise présidée par notre ami M. Jacques SOUCHU,de Clisson ; à cet égard je rends hommage à la mémoire de M. Sylvain Chiffoleaux qui nous a quitté il y a un an. Outre ses activités patronales d’imprimeur, il a valorisé avec passion les lettres de noblesse de l’Imprimerie surtout quand il fut adjoint au Maire de Nantes en charge des Affaires Culturelles. Le secteur de l’imprimerie évolue de paire avec les autres activités industrielles et agricoles de la région. Ici, certaines imprimeries sont dites « spécialistes » comme les fabricants d’étiquettes et d’autres « généralistes » car elles offrent un service global aux entreprises. Le support d’imprimé demeure toujours le moyen populaire de la communication accessible pour toutes les générations et toutes les couches sociales. L’imprimé est un moyen facile de lecture globale, comme pour la publicité et durable car on peut y revenir sans cesse. C’est pourquoi, l’édition progresse fortement. Autant dire que toute la connaissance de l’imprimerie y est enseignée ici à Nantes à l’Ecole du Livre. Je remercie Monsieur le Vice-Président du GMI et délégué régional des Pays de Loire pour son action dans ce CFA. Nantes est la capitale régionale depuis mille cinq cent ans. Sa métropole économique a gagné son influence par sa vocation maritime laquelle a été le moteur de son développement, même si d’importantes modifications se sont opérées au cours de ces deux derniers siècles . Une des premières fabriques de pâte à papier a été construite à Chantenay au 19ème siècle. L’Imprimerie a donc besoin de cette dynamique régionale et veut y être associé comme par le passé. Autant dire, que le GMI est très soucieux du développement du transport maritime et terrestre de la région des Pays de Loire. Le coût du transport constitue une part importante du coût du produit transformé. Nous avons besoin de développer ici à Nantes l’approvisionnement de nos matières premières et les expéditions de nos produits finis. En clair, il faut du fret dans les deux sens… Membre du Conseil d’Administration des Chargeurs, je demande à la Région Administrative de noter ce point important pour notre développement et le maintien des emplois. Le G.M.I, qui est-il ? Le G.M.I veut dire Groupement des Métiers de l’Imprimerie parce qu’il regroupe non seulement l’imprimerie mais aussi, tous les autres métiers graphiques : la photogravure dite pré- presse maintenant, les façonniers, relieurs- brocheurs, les graveurs, imprimeurs graveurs, etc. C’est l’organisation professionnelle représentative des PME et de l’Artisanat composée de plus de 850 entreprises adhérentes. C’est une organisation patronale nationale représentée dans les régions et les départements par des délégués. Il faut savoir que 90% des entreprises de notre secteur sont des PME et des entreprises artisanales. Nous avons donc des entreprises de moins de 5 salariés et d’autres de plus de 200 salariés mais aucun grand groupe, car nos statuts nous l’interdisent pour une question de cohérence politique. Notre syndicat professionnel national est composé à 70% d’entreprises situées hors de l’Ile de France. Autant dire qu’il fonctionne au rythme de la France réelle. Le G.M.I a été fondé en 1924 à Paris ; je suis à mon deuxième mandat de Président après avoir été huit ans secrétaire national. L’équipe dirigeante calque géographiquement avec le territoire national métropolitain et des DOM-TOM. Ce sont des chefs d’entreprises en activité jeunes et dynamiques. Souvent, l’engagement patronal s’allie avec le dynamisme de l’entreprise et c’est pour cette raison que j’appelle les jeunes patrons à s’engager pour la défense de la profession dans le syndicalisme patronal. L’équipe politique est composée d’un Bureau Exécutif de 10 élus auquel s’ajoutent 23 élus du Conseil d’Administration et autant de délégués que de régions. Il faut compléter par une solide équipe de permanents essentiellement des juristes de haut niveau bac+5 chargés de conseiller les entreprises ; cette équipe est animée par un nantais, Pierre Jacquet de Charette de la Contrie, Délégué Général. Nos permanents répondent quasiment instantanément aux entreprises. C’est notre caractéristique. Les services administratifs situés 21/23 rue Saint Maur à Paris (11ème) sont équipés de moyens modernes dans des locaux modernes. Financièrement, nous sommes indépendants, propriétaires. Nos besoins de fonctionnement sont uniquement couverts par les adhésions de nos adhérents pour lesquels nous agissons. Comme nous sommes négociateur et signataire des accords conventionnels, nous connaissons parfaitement les textes qui fixent les cadres juridiques de fonctionnement des entreprises. C’est pourquoi, chaque jour nous constatons que les conseillers généralistes externes renvoient leurs clients vers nous parce que nous avons la connaissance des spécificités de notre profession. Bien entendu, le G.M.I exerce son rôle de représentativité auprès des Pouvoirs Publics nationaux, régionaux, départementaux et locaux. Il rencontre régulièrement les membres du Gouvernement et les administrations. Nous ne sommes pas isolés puisque nous adhérons à la C.G.P.M.E nationale – à ce titre, je siège au comité directeur. Nos adhérents se sentent bien dans le G.M.I et la règle de confraternité s’impose. Nous progressons en effectif particulièrement dans les régions car notre politique est vraiment celle des PME et de l’Artisanat, cohérente elle est menée uniquement par des chefs d’entreprise en activité. Votre politique ? Au risque de se répéter, notre politique est celle des PME et du secteur Artisanal, parce que nos adhérents mêmes sont ces entreprises et que seules celles-ci créent des emplois en France. En réalité, nous sommes les forces vives de la Nation et nous ne voulons pas que notre politique soit influencée par d’autres intérêts. Nous ne pouvons faire la politique des grands groupes, ni celle du « grand écart »…. C’est pourquoi, dès mon premier mandat à la Présidence du GMI, j’avais demandé à Monsieur Jacques Persinette-Gautrez, secrétaire national, Président du secteur Artisanal, d’inscrire dans l’objet même de notre organisation, cette orientation politique. Nous voulons une forte politique sociale basée sur la négociation paritaire. Quelles sont celles et ceux qui connaissent le mieux une activité économique que les partenaires sociaux, patrons et salariés. C’est donc aux partenaires sociaux que doivent incomber la charge de réglementer par des accords conventionnels de branche la vie sociale d’une profession. Les PME, PMI et les artisans n’ont pas les moyens financiers de renforcer leur structure par un DRH comme les grands groupes... et c’est le chef d’entreprise qui doit veiller à l’équilibre social de son entreprise. C’est pour cela que ces catégories d’entreprises ont besoin du G.M.I et nous leur apportons au travers des accords de branche, des modes d’emplois ainsi que l’aide à l’application par nos services qui s’y dépensent avec passion. Je précise que les accords d’entreprises ne peuvent se substituer globalement aux accords de branche, ni être contraires aux dispositions conventionnelles qui régulent quand même aussi la loyauté de la concurrence. A titre d’exemple, il faut que les PME puissent capter les marchés au moment où ils se présentent. La loi du commerce c’est quand même d’être capable de s’adapter à son client, par des textes qui le permettent…c’est pourquoi, le G.M.I réclame notamment un accord paritaire sur le travail de nuit, tenant compte de la spécificité des PME, qui soit en harmonie avec les autres accords des autres branches c'est-à-dire en adéquation avec la réalité économique. Il faut tenir compte de cette réalité, dans le cas contraire, les marchés se feront ailleurs… Notre politique est donc intégrée dans l’interprofessionnalité ce qui doit constituer un atout majeur pour son avenir et les emplois salariés. Le G.M.I est aussi extrêmement actif dans la formation, il participe à la transposition de l’accord cadre national des branches. Le G.M.I siège au sein des organes de l’ O.P.C.A et rappelle sans cesse aux entreprises la nécessité d’utiliser les fonds pour la formation. Nous sommes soucieux du choix des formations. Les choix des entreprises sont-ils les bons ? Pour anticiper les décisions nous participons activement à l’observatoire de la profession, en la personne de M. Antoine Bourin, de Poitiers, Trésorier du G.M.I et l’un des pères fondateurs de cet organisme. Dans le domaine de la prévoyance maladie et des caisses de retraites, nous siégeons dans les Bureaux et Conseils d’Administration comme à la Carpilig en la personne de Monsieur Jacques Persinette- Gautrez qui est aussi Vice-Président de l’AVA. Nous sommes préoccupés par les dépenses de santé. A titre d’exemple, à la Carpilig, nous nous sommes opposés au prélèvement sur nos réserves et sur l’augmentation des cotisations patronales pour pallier à l’accroissement des dépenses d’arrêt maladie. Notre caisse de retraite de l’imprimerie s’associe tout d’abord par des moyens informatiques avec PRO-BTP…C’est nouveau, mais c’est dire la synergie de l’imprimerie avec les autres branches. Nous voulons préserver l’avenir et les retraites de nos cotisants. Il ne faut pas oublier la politique environnementale. J’ai personnellement participé à la transposition du texte européen sur les installations des imprimeries dans le droit français. Mon objectif était que le texte règlementaire français ne soit pas plus drastique que la Directive Européenne (Rubrique n°2450) qui allait devoir s’imposer. La négociation a durée plusieurs années, trois ministres successifs sous plusieurs gouvernements et au bout du compte, le résultat escompté a été obtenu. Notre politique s’exerce aussi dans les chambres de commerce et d’industrie et les chambres de métiers. Nous participons aux élections consulaires et certains de nos adhérents siègent aussi dans les tribunaux de commerce. Nous sommes très soucieux de la cohésion patronale , de l’équité en tenant compte des spécificités. Enfin, certains de nos adhérents détiennent des mandats municipaux et législatifs. Ils n’oublient jamais la profession. Vous paraissez sensible à la tenue à Nantes de cette rencontre professionnelle le 07 octobre 2004. Oui parce que je demeure un enfant du pays et que même si le G.M.I joue en équipe nationale, nous jouons aussi pareillement en régional et en local. En réalité, il faut être partout et pouvoir réagir efficacement instantanément. J’ajoute que l’équipe dirigeante du G.M.I, comme ses permanents, est composée de personnes très accessibles à tous moments par tous.
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