Le billet d'humeur de Jacques Chirat (FICG) : Catalyseurs d’intelligence

Jacques Chirat est président de la FICG, la Fédération (française - ndlr) de l'Imprimerie et de la Communication Graphique.

La pression constante des marchés de plus en plus volatiles, la recherche de l’optimisation des outils de production dans un environnement surcapacitaire, les distorsions concurrentielles liées à l’environnement européen, contribuent aujourd’hui largement à alimenter nos réflexions. Pour autant, lorsque l’on entend les discours des uns et des autres, nationaux ou européens, les professionnels que nous sommes se rendent compte, si besoin était, du décalage qui existe entre ces discours et les tendances lourdes et émergentes que recèle une filière comme la nôtre. Les performances fort inégales des nations, des territoires comme des entreprises, témoignent pourtant aujourd’hui du fait qu’à environnement économique identique, à potentiel productif comparable, d’autres facteurs influencent notre performance collective. Un exemple illustre notre propos. L’un de nos principaux compétiteurs dans l’espace européen qui est le nôtre, est l’Italie. Si l’on se réfère aux statistiques douanières, il apparaît que les exportations de produits graphiques provenant de ce pays à destination de la France s’élèvent à 1,3 milliard d’euros alors que les importations s’élèvent à 590 millions d’euros. La France est le premier pays d’importation de produits graphiques pour l’Italie, alors qu’elle a vu son rang et sa part relative se dégrader dans l’autre sens à un moment où nombre de dispositions fiscales étaient prises pour accompagner la filière éditoriale et graphique italienne. A gérer l’exception et les distorsions, l’Europe prend une responsabilité collective qui frappe directement notre industrie en général et la filière graphique en particulier, laquelle ne peut compenser par la valorisation de ses prestations de services ce qu’elle perd du fait des distorsions fiscales et sociales qui frappent l’outil de production et la valeur travail. C’est à force de sous-estimer ce déséquilibre permanent entre les pays, que l’on neutralise progressivement la capacité de nos industriels à être de véritables catalyseurs d’énergie et d’intelligence, seule riposte pour ne pas souscrire à l’économie de la panique et affronter la concurrence à armes égales. Jacques CHIRAT Président de la FICG

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