Editorial : Chirac veut relancer une vraie politique industrielle, les faits le démentent dans l'imprimerie

Alors que le président de la République Française annonce aujourd'hui toute une série de mesures pour dynamiser l'innovation industrielle, le projet d'éco-taxe sur les imprimés non sollicités voté à l'Assemblée Nationale démontre lui l'absence de toute politique industrielle cohérente.

Car ce projet, voulu et porté par des politiques, en l'occurrence la tout puissante Association des Maires de France (AMF) et complété par la campagne Stop Pub qui stigmatise l'imprimé en le ravalant au rang de simple déchêt, risque tout simplement d'inciter les donneurs d'ordres à délocaliser leurs productions. Avec pour corrolaire des licenciements et des disparitions d'entreprises industrielles : les imprimeries. S'il semble louable de la part du Président de la République de vouloir promouvoir des nouvelles technologies comme la voiture propre, la pile à combustible, l'énergie solaire, les usines non polluantes en CO2, les réseaux à très haut débit sécurisés et les traitements contre les maladies infectieuses ou neurodégénératives, il serait peut être bon aussi, de ne pas aider au déclin de secteurs industriels actuels pour des raisons pernicieuses. Car en fin de compte, pourquoi taxer un imprimé non sollicité et pas un imprimé sollicité ? Un imprimé sollicité coûte t-il moins cher à collecter qu'un imprimé non sollicité ? Ces question simples laissent dubitatif quant aux motivations de nos élus. En effet, tout abonné à un journal quotidien ou à un magazine se rend compte du volume de papier qu'il jette chaque semaine à la poubelle, sachant que la pagination publicitaire, non sollicitée, en représente souvent près de la moitié. Dans ce cadre, pourquoi nos élus se sont-ils seulement focalisés sur l'imprimé non adressé puis finalement non sollicité, si leur problématique et de financer le coût de la collecte du papier usagé par les collectivités ? Auraient-ils peur de la pression des grands groupes de presse qui apprécieraient moyennement de voir leurs journaux et magazines taxés ? En bref, le combat de l'AMF est-il le bon et le texte voté par nos députés a-t-il seulement un peu de sens du point de vue de la protection de l'environnement et de la sauvegarde de l'industrie ? La problématique du traitement des déchêts, qui est bien réelle, ne doit-elle pas cibler les matières premières - le papier pour ce qui nous concerne ainsi que les encres - plutôt que certains de ses transformateurs ? Une éco-taxe sur les matières premières aurait en effet plus de sens, serait plus justement répartie et ne reviendrait pas à stigmatiser une profession plutôt qu'une autre. Sauf à croire que certaines d'entre elles, du fait de leur mauvaise image de marque n'ont pas d'avenir et doivent être sacifiées sur l'autel de l'indifférence politique. Ce qui ne semble pas correspondre aux objectifs d'une politique industrielle...

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